Faut-il avoir peur du shampoing sec ?

Très pratique pour donner un peu de fraîcheur à des cheveux gras ou pour apporter du volume à ses racines, le shampoing sec s’est taillé une place de choix dans nos routines capillaires. Un produit inoffensif en apparence, mais qui en réalité est à manier avec prudence. Explications. 

Toxique le shampoing sec ? 

Octobre 2022. La multinationale Unilever – qui distribue notamment la marque de cosmétiques Dove – annonce le rappel volontaire de certains de ses lots de shampoings secs aux États-Unis et au Canada. En cause ? La présence d’un taux potentiellement élevé de benzène, une substance classée comme cancérogène par l’Union européenne. 

Au total, ce sont 19 références parmi les marques Dove, Nexxus, Suave, TIGI et TRESemmé qui sont concernées par cette mesure préventive : « Les produits rappelés ont été distribués dans tout le pays aux États-Unis. Les détaillants ont été avisés de retirer les produits rappelés des rayons. Les consommateurs doivent cesser d’utiliser les shampoings secs en aérosol mentionnés », a fait savoir l’entreprise via un communiqué publié sur le site de la FDA (Food and Drug Administration), l’agence américaine du médicament. 

Cette annonce intervient un an après un autre rappel volontaire concernant des shampoings secs, émis par une autre multinationale américaine : Procter & Gamble. En décembre 2021, le géant spécialisé dans les produits d’hygiène et de beauté faisait savoir qu’après la détection de benzène dans des shampoings et après-shampoings secs des marques Pantene, Aussie, Herbal Essences et Waterless, elle retirait de la vente certains de ses produits potentiellement contaminés. 

Des taux de benzène 170 fois supérieurs à la limite de concentration autorisée

Plus préoccupant, ce 1er novembre 2022, le laboratoire indépendant américain Valisure a publié les résultats d’une vaste étude sur la présence de benzène dans des shampoings secs. Après avoir testé les produits de 34 marques (comme les shampoings secs de Batiste, Klorane, Kérastase ou de Bumble and Bumble), il a été découvert que dans 70 % d’entre eux se trouvaient des traces de benzène.

Infimes pour la plupart (ou alors juste au-dessus des seuils tolérés par la FDA), certains des produits testés possédaient au contraire des taux de benzène très élevées, jusqu’à 170 fois la limite de concentration autorisée par la FDA. Une découverte qui a poussé Valisure à lancer une pétition auprès de la FDA pour demander le rappel des produits incriminés et la mise en place de nouvelles régulations. « La détection de niveaux élevés de benzène dans les shampoings secs doit être prise au sérieux car ces produits sont généralement utilisés à l’intérieur, où le benzène peut persister et être inhalé pendant de longues périodes », a déclaré David Light, PDG de Valisure. 

Le benzène, un dangereux composant 

Très dangereux, le benzène est issu du pétrole et se présente sous la forme d’un liquide. Substance toxique, toute intoxication (par inhalation ou par contact) peut avoir de graves conséquences sur notre santé. En cas d’exposition prolongée, le benzène peut notamment provoquer un cancer du sang. Son utilisation est bien évidemment très encadrée. 

Mais comment expliquer la présence de benzène dans nos shampoings secs ? Dans son communiqué, Unilever indique qu’après avoir réalisé une enquête interne, elle avait pu déterminer que le propulseur d’aérosol était en cause. Même chose du côté de Procter & Gamble : « Bien que le benzène ne soit pas un ingrédient de nos produits, nos recherches ont montré que des niveaux inattendus de benzène provenaient du propulseur qui pulvérise le produit. »

« Les propulseurs sont des matières premières qui entrent dans la bombe aérosol et la mettent sous pression, créant ainsi le spray, a expliqué David Light au magazine Allure. Ces agents propulseurs sont des produits chimiques comme le butane et le propane – qui, s’ils sont purs, sont sans risque ». Or, note l’expert, ces deux gaz « sont des distillats de pétrole, ce qui signifie qu’ils proviennent de l’industrie pétrolière et gazière, connue pour sa contamination par le benzène ».

Aussi, les shampoings secs ne sont pas les seuls produits à être concernés. En effet, il a été découvert que certaines crèmes solaires ou anti-transpirants formulés en sprays possédaient eux aussi des traces de benzène…  Pas très rassurant, même si à ce jour, aucun produit n’a été mis en cause en France.

Mais pour avoir l’esprit plus serein, il est recommandé de limiter le plus possible son utilisation de sprays, de façon à minimiser son exposition à d’éventuelles traces de benzène. Autre astuce : penser à bien ventiler les pièces où l’on utilise ce type de produits. 

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