Harold Gillies, le médecin qui a révolutionné la chirurgie plastique

Augmentation mammaire, rhinoplasties, liposuccions… Des opérations qui n’auraient sans doute jamais vu le jour sans le travail du docteur Harold Gillies. Véritable pionnier, son approche humaniste a permis de poser les bases de la chirurgie plastique actuelle. 

Harold Gillies, un médecin visionnaire 

Tout commence en 1915 pendant la Première Guerre mondiale. Déployé sur les champs de bataille en France, dans l’unité de la Royal Army Medical Corps, Harold Gillies a pour mission de soigner les soldats survivants et observe que beaucoup se retrouvent avec le visage défiguré par les balles. 

Il réalise alors l’importance de redonner via la chirurgie plastique une apparence décente à une personne qui ne se reconnaît plus dans le miroir ou qui ne peut tout simplement plus réaliser les tâches essentielles de la vie. 

De retour au Royaume-Uni, il milite auprès du bureau de la Guerre pour la création d’hôpitaux spécialisés dans le traitement des soldats mutilés. Il sera écouté puisque dès 1917, le Queen Mary’s Hospital, l’un des tout premiers hôpitaux au monde entièrement dédié à la reconstruction faciale ouvre ses portes dans le sud-est de Londres. 

Avec près d’un millier de lits, Harold Gillies imagine ce lieu comme un espace de soins, de recherche mais surtout comme un environnement sûr où les « Loneliest Tommies » (« les gueules cassées », ndlr) pourront se reconstruire aussi bien physiquement que mentalement.

Associer chirurgie réparatrice et esthétique

Au début du XXe siècle, les opérations de chirurgie plastique étaient encore peu communes. Et quand bien même, l’aspect esthétique ne faisait absolument pas partie de la conversation. Seul le côté « pratique » (comprendre boire, voir, manger…) était pris en compte.  

Car en plus du manque de technologie et de recul scientifique, les chirurgiens de l’époque opéraient dans conditions sanitaires loin des standards actuels, dans des environnements non stériles, sans anesthésie générale (seuls un torchon imbibé de chloroforme ou un masque qui diffusait de l’éther permettaient d’endormir les patients) ou possibilité d’avoir des antibiotiques (ils ne seront inventés qu’en 1938). Le risque alors de voir son patient mourir sur la table d’opération ou des suites d’une infection après l’intervention était trop élevé pour tenter des opérations esthétiques et réparatrices. 

Malgré ces conditions rudimentaires, l’approche novatrice du docteur Gillies a permis de sauver de nombreuses vies et perdure encore aujourd’hui.  

Le premier chirurgien à avoir réalisé une phalloplastie

Parmi les techniques médicales que le docteur Gillies a pu développer au cours de sa carrière : la rhinoplastie reconstructrice qui permet de remodeler complètement l’arête du nez d’un.e patient.e grâce à des prélèvements osseux au niveau des côtes et des prélèvements de cartilage au niveau de l’épaule. Mais aussi la technique de la greffe de peau par lambeaux. Une procédure révolutionnaire pour permettre au corps d’un.e patient.e de « s’auto-soigner ». 

Le docteur Gillies est également connu pour être celui qui a réalisé la toute première opération de chirurgie de réattribution sexuelle à la fin des années 40. Le patient, né avec des attributs sexuelles féminins, a pu bénéficier d’une phalloplastie réussie. Il reproduira cet exploit médical en 1951 sur un homme souhaitant changer de sexe et établira une méthode qui deviendra la norme pendant près de 40 ans. 

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