Amira Casar : “Sur une île déserte j’emporte un prof de philo, un amant et un chef japonais”

On la retrouve dans le film Cigare au miel et le thriller Violence of Action. Rencontre avec une actrice intense.

Madame Figaro. – Le principal trait de votre caractère ?
Amira Casar.
– Ma détermination, la puissance de mon engagement et ma capacité à plonger dans les gouffres. Je me considère comme un artisan qui aime explorer.

Celui dont vous êtes le moins fière ?
Face à l’injustice et à l’obscurantisme, je peux me cabrer comme un étalon intolérant.

Celui que vous détestez chez les autres ?
Le manque de rigueur, le travail bâclé.

Votre truc antistress ?
Manger des chips au vinaigre. Et les massages japonais masochistes.

Votre geste écolo ?
Pourquoi prendre l’avion quand on peut prendre le train ?

Votre devise ?
«Un poème par jour.» Lire Baudelaire, Rilke, Reverdy, Rimbaud procure de la matière à rêver.

Sur une île déserte, qu’emporteriez-vous ?
Un prof de philo, un amant et un chef japonais.

Les trois basiques de votre dressing ?
Des manteaux, des manteaux, des manteaux.

Le casting d’un dîner idéal chez vous ?
Des musiciens, pianistes et amis intimes, des chercheurs et des scientifiques. Et quelques fantômes que je convoquerais pour converser toute la nuit.

Ce qui vous a séduite dans Cigare au miel ?
Mon personnage de femme complexe, moderne, coquette, perfectionniste. Une scientifique émigrée qui a abandonné son métier et qui n’est plus regardée ni écoutée. Et les clashs avec sa fille, dont elle veut faire, coûte que coûte, un être parfait.

Et dans le thriller Violence of Action ?
Je rêvais de travailler avec Tarik Saleh, dont j’avais adoré Le Caire confidentiel. Je joue une veuve au destin tragique, couperosée, pas maquillée. Chris Pine est un merveilleux partenaire, fin et cultivé.

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Le cadeau que vous offrez souvent ?
Du thé Gyokuro, de la porcelaine et des livres.

Le bijou qui ne vous quitte jamais ?
Ma montre Cartier Baignoire de 1949.

Une musique dans votre vie ?
Intermezzo de Brahms, joué par le pianiste Radu Lupu, Wild Is the Wind, par Bowie,Happy House, de Siouxsie and the Banshees, Margaret Price chantant Myrthen, de Schumann… Les symphonies de Mahler et de Chostakovitch me mettent aussi dans un état de transe métaphysique.

Une rencontre qui vous a marquée ?
Alexandre Soljenitsyne, à Saint-Pétersbourg, en 1996, dans l’appartement de Pouchkine, où je tournais. C’était son retour en Russie après l’exil et le goulag. Enfant, j’avais dévoré son œuvre, admirant son intégrité. Je me suis jetée dans ses bras et nous avons pleuré. Il me disait que je ressemblais à la femme de Pouchkine.

Votre madeleine de Proust ?
La Marmite, ce condiment anglais salé.

Cigare au miel, de Kamir Aïnouz, en salles. Violence of Action, de Tarik Saleh, sortie le 8 décembre.

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