Andréa Bescond se révolte contre l'inceste

Actrice, chorégraphe, autrice… Andréa Bescond se mobilise dans la lutte contre les violences sexuelles perpétuées sur les enfants. Elle raconte son combat.

  • Andrea Bescond

« Aujourd’hui, ça suffit ! On ne touche pas à un enfant ! On veut des lois, on veut de la protection, on veut de la formation.« 

Depuis plusieurs années, l’artiste Andréa Bescond a fait de la lutte contre le viol, la pédocriminalité et l’inceste son fer de lance. D’abord, elle écrit un spectacle autobiographique, Les Chatouilles, qu’elle adapte ensuite au cinéma avec l’aide d’Eric Métayer. Andréa Bescond y retrace les agressions sexuelles qu’un ami de la famille lui faire subir. Au travers de son compte Instagram, elle n’hésite pas à afficher ceux qui perpétuent des crimes et qui participent à maintenir cette culture du viol. Dans le livre Et si on se parlait, qu’elle signe avec Mathieu Tucker, l’autrice s’adresse directement aux enfants.

#MeTooInceste

Selon Andréa Bescond, le récit de Camille Kouchner, La Familia grande, est un tournant décisif dans le combat contre l’inceste et la pédocriminalité. L’autrice y raconte, de son point de vue, les violences sexuelles qu’a subies son frère jumeau de la part d’Olivier Duhamel, un politologue et universitaire reconnu, devenu leur beau-père.

En plus de parler des violences sexuelles dans une classe privilégiée de la société, le roman autobiographique dénonce le tabou indicible : « Elle a tellement bien décrit ce système d’emprise autour du climat incestueux que la société française s’est dit : ce n’est pas que chez les autres. » Le livre a entrainé l’émergence du hashtag #MeTooInceste et des centaines de témoignages ont déferlé sur les réseaux sociaux. Flavie Flament, Sarah Abitbol, Vanessa Springora, Muriel Salmona, Lyes Louffok, Corinne Masiero… Nombreuses sont les célébrités qui ont témoigné avoir subi des violences pédocriminelles.

Lutter contre les violences sexuelles faites aux enfants

Néanmoins, selon Andréa Bescond, le combat pour protéger les enfants est très long et beaucoup de décisions doivent être prises. Tout d’abord, il lui paraît primordial d’investir dans la prévention : en parlant aux enfants, en levant le tabou et en formant tous les professionnels de l’enfance, les magistrats ainsi que les agents de police sur la question de l’écoute, de l’emprise, de l’amnésie traumatique…

Sous un angle législatif, l’autrice préconise l’instauration d’un crime spécifique : « Des violences sexuelles sur enfant ne peuvent pas être gérées de la même manière que des violences sexuelles sur adultes. On ne peut plus se poser la question du consentement.« 

S’adresser aux enfants (et aux adultes)

Pour Andréa Bescond, il est très important aujourd’hui de dire aux enfants que leur corps leur appartient, que quiconque ne peut y toucher et que, si jamais cela arrive, c’est une agression. Elle rappelle que l’enfance est le socle de la vie, de la construction et que l’enfance doit absolument être protégée.

Son livre Et si on se parlait a pour but d’instaurer la possibilité d’un dialogue, qu’elle imagine préventif ou curatif, entre les adultes et les enfants. Selon Andréa Bescond, il est nécessaire de bien faire comprendre aux enfants que si agression il y a, c’est la faute de l’agresseur et uniquement la sienne. Elle signale que les enfants sont complètement ouverts à la prévention et souhaite briser les tabous : « C’est à nous de déverrouiller, c’est à nous d’éradiquer nos peurs et de parler à nos enfants de la manière la plus simple possible. »

Convaincue de l’importance de son combat, Andréa Bescond conclut : « On ne peut plus garder le silence, il faut des actions« .

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