Benjamin Biolay : « J’ai envie de faire danser les gens. Mais pour ça, il faut qu’il y ait des gens… »

Le chanteur espère pouvoir bientôt jouer sur scène les chansons de son nouvel album, « Grand Prix »

Deux mois après la sortie de son nouvel album, Grand Prix, Benjamin Biolay ronge son frein. Après un été sans concert, la tournée d’automne est encore entre parenthèses. En attendant d’en savoir plus, le chanteur participe, avec de nombreux artistes français, jeudi soir au Festival des festivals (voir encadré). Cette initiative du festival Rock en Seine consiste en un concert diffusé en direct sur France 2 et France Inter, à 21h05, en soutien à la filière musicale.

L’occasion de découvrir, en live, quelques-unes des nouvelles chansons de Benjamin Biolay. En attendant plus ?

Comment s’est passé cet été pour vous ? Vous avez répété le live en vue des concerts de l’automne ?

On a vraiment envie de jouer en live mais on ne sait toujours pas si on va pouvoir. C’est inédit. En tant que musiciens, on a l’habitude d’être dans le flou, on aime ça même, mais là il y a quand même beaucoup d’inconnus, il y a de l’inconnu dans l’inconnu. On ne peut même pas répéter. Alors bien sûr, on communique avec les musiciens. Après tout, j’ai bien fini de concevoir l’album via Zoom… Mais là, pour concevoir une tournée, à un moment, il va falloir se voir.

Est-ce que, d’une certaine manière, cette situation vous inspire, vous incite à innover ?

Un peu oui, sans doute, comme toutes les situations déstabilisantes. Si ça aboutit, ce sera génial, encore plus génial que d’habitude. Avec cette crise, on se rend compte de ce qui est précieux dans nos vies, il n’y a plus rien de banal.

Grand Prix est un album concept, sa déclinaison en live sera-t-elle particulière elle aussi ?

Pas vraiment. On ne peut pas jouer seulement les chansons du nouvel album, parce que certains ne l’aiment peut-être pas… Il faut faire rentrer d’anciennes chansons dans le concert, mais bien sûr la couleur de l’album va déterminer celle des concerts.

De quelle couleur parlez-vous ?

Je ne sais pas trop… Je pourrais parler pendant des heures de la musique des autres, mais la mienne, c’est vraiment compliqué. Je ne vois pas trop l’intérêt en fait.

On peut par exemple dire que c’est un album plus rock, non ?

Il y a des moments plus rock c’est vrai, il faudra que tout ça soit plus tendu sur scène, qu’il y ait plus de punch. J’ai envie de faire danser les gens. Mais pour ça, il faut qu’il y ait des gens… En fait, j’ai voulu que cet album ressemble plus à mes concerts. Donc les concerts de la prochaine tournée seront forcément très dansants.

Le nouvel album est aussi plus lyrique qu’à l’accoutumée. Les nouvelles chansons sont-elles plus difficiles à chanter ?

Avant je chantais de manière plus réservée, mais non, ces chansons ne sont pas particulièrement difficiles à chanter. Du moins, je ne crois pas… En revanche, il y a des chansons où je vais me sentir tout nu en chantant telle ou telle phrase.

Pourquoi ? Parce que c’est un album plutôt intime ?

Ce n’était pas du tout l’objectif mais c’est vrai qu’en développant ces chansons, qui tournent toutes autour de la figure du coureur automobile et sa fuite en avant, je suis arrivé à quelque chose d’assez personnel. Je ne m’y attendais pas et c’est en réécoutant l’album fini que j’ai réalisé que j’en disais beaucoup sur moi-même.

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