Charles III sentimental, moderne et bavard : un style bien loin d’Elizabeth II

Très vite après la mort de sa mère Elizabeth II, Charles III a revêtu les habits de souverain. La monarchie change de visage, avec à sa tête un roi résolument différent, bien déterminé à imposer son style.

Une nouvelle ère. Alors que la reine Elizabeth II a tiré sa révérence à l’âge de 96 ans dans sa résidence de Balmoral en Ecosse, Charles III est monté sur le trône d’Angleterre. Celui qui attendait patiemment dans l’antichambre du pouvoir va enfin régner. Ce rôle, il l’a mûrement envisagé, rêvé, réfléchi. A l’heure où certains coulent une retraite paisible, Charles III, 73 ans, débute un nouveau métier.

« Je trouve les premiers pas de Charles assez réussis. Il s’est adressé au peuple avec beaucoup de sincérité. Il a été plus sentimental aussi, une dimension que n’avait pas la reine » explique Michel Faure, auteur de Charles III, roi d’Angleterre aux éditions de l’Archipel. Une façon de régner qui s’annonce très différente de celle de sa mère Elizabeth II. Sans renier son héritage, Charles III compte bien marquer la monarchie de son sceau, l’envisageant plus moderne, moins fastueuse et surtout plus accessible.

Charles III : un souverain qui s’exprime !

Tout a débuté le 9 septembre dernier. Face caméra, depuis le palais de Buckingham à Londres, visage grave et costume sombre, Charles III a très vite pris la parole pour s’adresser aux britanniques. Alors que la reine Elizabeth II ne s’était tournée vers ses sujets que cinq fois en soixante-dix ans de règne (en dehors des messages de Noël), le nouveau souverain devrait se montrer nettement plus bavard. « Ce sera un règne moins solennel et un peu plus dynamique. Il fera sûrement connaître de manière indirecte ce qu’il pense et ça apportera une sorte de débat national intéressant ». Pourtant aucune interférence politique ne saurait être tolérée. Et il sait. Gare aux écarts. « Tout sera considéré comme politique quoiqu’il dise » tempère Michel Faure,« qu’il parle de l’architecture, de l’urbanisme, de l’écologie, ce sont aussi des thèmes politiques. Etre condamné au silence, je ne suis pas sûr qu’il accepte ça. Il sera certainement un roi plus intrusif dans la politique.« 

Plus loquace, et nettement plus sentimental aussi. Alors que sa reine de mère avait une sainte horreur des personnes qui s’épanchent en public, son fils devrait être son exact opposé. Depuis la mort d’Elizabeth II, le nouveau monarque a eu bien du mal à cacher son émotion. Tout au long des hommages rendus à sa défunte « mummy », Charles III a été aperçu les yeux maintes fois embués de larmes. Ses détracteurs souligneront une trop grande sensibilité, un défaut très souvent pointé du doigt par son coriace de père le prince Philip, quand d’autres y verront une marque d’humanité, de sympathie rompant ainsi avec la froideur indissociable des Windsor. Dans cet esprit, la photo officielle du nouveau monarque, prise un pas de côté, Charles affairé aux côtés de ses légendaires « Red box » se veut ainsi « loin des portraits guindés et royaux du passé » comme le constate l’expert royal Omid Scobie.

Charles III, un roi à l’écoute de ses sujets

Charles III se veut également plus proche de son peuple. Plus à l’écoute. Le nouveau roi a déjà fait savoir qu’il souhaitait un couronnement « plus minimaliste », comprendre « plus court, plus petit, moins cher » que celui de la reine en 1953, comme s’en fait l’écho The Express. Réduire la voilure et mettre un frein aux fastes et aux excès, alors que les britanniques traversent une crise économique sans précédent. Même volonté pour l’investiture de William en tant que prince de Galles. Les coûts seront réduits au maximum. Exit le vieux château médiéval de Caernarfon au Pays de Galles où le prince Charles avait reçu le sceptre et la couronne des mains de sa mère devant 4 000 invités, le prince William, héritier du trône, veut avant tout « s’assurer que l’événement vise à célébrer la nation galloise plutôt que de se concentrer sur lui (…) et que tout ce qu’il fera soit conforme aux souhaits des gallois ». Autant dire que père et fils sont sur la même longueur d’onde. Ont-il entendu la colère qui gronde et cette pétition qui réclame que William et Kate Middleton rendent leurs titres ? Ne rien imposer, rester à l’écoute, vivre ensemble, en bonne intelligence.

« L’étalage ostentatoire de richesse et de pouvoir de la famille royale est un moment que personne ne cherche à répéter. La réduction des fioritures inutiles devrait faire partie d’un effort concerté pour s’assurer que la monarchie ne semble pas complètement déconnectée de la réalité, » résume l’expert royal Omid Scobie. Autre chantier à venir, toujours dans un souci d’exemplarité, la monarchie sera « allégée » et ses membres actifs réduits au strict minimum. Les résidences royales aussi sont dans le viseur du roi. Buckingham Palace, Clarence House, châteaux de Balmoral, de Windsor et de Sandringham, il va falloir réorganiser le patrimoine immobilier de la Firme afin d’alléger sérieusement les dépenses. Logés dans la Royal Lodge, le prince Andrew et Sarah Ferguson pourraient être les premiers à en faire les frais…

William, cet héritier sur qui il pourra compter

Enfin Charles III se veut un roi résolument plus moderne. Pour dépoussiérer la monarchie, il peut bien entendu compter sur le soutien de son fils aîné William, de son épouse Kate Middleton et de leurs trois enfants. Particulièrement apprécié des britanniques, le couple royal incarne plus que jamais l’avenir de la Couronne. Entre eux et le roi, pas de compétition féroce, plutôt un duo gagnant-gagnant. Le fantasme qui voudrait que Charles III abdique pour son fils aîné ne semble aujourd’hui pas crédible.

« Les règles de la transmission de la monarchie sont intouchables. Il faut vraiment qu’il y ait un événement grave. Dans ce cas là, la succession se mettra en place et ce sera William le roi et pas un autre » souligne Michel Faure. Ce moment n’est pas venu. De plus, le nouveau monarque séduit. Sa cote de popularité est soudain montée en flèche. « 63% des Britanniques pensent désormais qu’il fera un bon roi, contre 32% en mai dernier » selon un sondage YouGov relayé par le Figaro. Il semble loin le temps où le prince Charles était méprisé du grand public, son divorce et la mort de Diana ayant sérieusement entaché son image. Désormais les britanniques comptent sur lui. Il est le nouvel homme fort du Royaume-Uni. God Save the King !

Crédits photos : Agence / Bestimage

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