Christophe Castaner inquiet : ce jeu « dangereux » auquel joue Emmanuel Macron

Faire revenir la réforme des retraites est une stratégie dangereuse politiquement pour Emmanuel Macron, c’est ce que de plus en plus de poids lourds de LREM pensent. Christophe Castaner fait partie de ces prudents, comme il l’a affirmé à l’hebdomadaire le Point, ce jeudi 8 juillet.

Un de plus à s’opposer à un retour à l’agenda politique de la réforme des retraites. Christophe Castaner, un soutien pourtant historique d’Emmanuel Macron, ne serait pas en faveur, loin de là, de revisiter une réforme du système des retraites avant l’élection présidentielle de 2022, comme il l’a confié à nos confrères du Point ce jeudi 8 juillet. L’envisager serait même “dangereux” du point de vue du chef de groupe des députés LREM, qui voit dans cette réforme un vecteur d’agitation qui pourrait être fatal aux volontés électorales d’Emmanuel Macron, et de la République en Marche toute entière.

Ministre de l’Intérieur pendant l’examen de la réforme à l’Assemblée Nationale en 2020, et ancien porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner connaît à la fois les enjeux de communication et de sécurité que le retour de cette réforme pourrait mobiliser. “Mettre le feu dans la dernière année du quinquennat, c’est dangereux. L’apaisement de la société est primordial, assène-t-il.

Le risque : voir la gauche se reconstituer

Et au-delà de la question de l’adhésion globale de la société à une réforme mal connue et impopulaire, l’ancien député du PS n’oublie pas la portée stratégique et électorale que peut avoir une telle réforme. Revenir sur le système des retraites, c’est courir le risque de laisser “la gauche se reconstituer” en bloc contre ce projet de loi.

Une alliance des oppositions de gauche, qui pourrait être très coûteuse dans les urnes au printemps 2022, comme le rappelle le député des Alpes-de-Haute-Provence : “Les 17 points de l’électorat social-démocrate de 2017, je n’ai pas envie de les perdre“, avoue-t-il. Après un échec aux élections régionales et départementales, le parti d’Emmanuel Macron ne semble pas pouvoir se permettre de se couper d’une partie de l’électorat dont il a besoin, s’il veut espérer l’emporter face à Marine Le Pen, dans moins d’un an. Encore faut-il que le président entende les appels du pied de ses conseillers.

Crédits photos : Federico Pestellini / Panoramic / Bestimage

Autour de

Source: Lire L’Article Complet