Démarchage téléphonique : faut-il leur raccrocher au nez ?

Comme rien ne semble décourager ces enquiquineurs, il peut être tentant de réagir vivement. Mais est-ce bien raisonnable ?

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A peine a-t-on décroché, on sait qu’on s’est fait piéger. Ce bref silence suivi d’un : “Bonjour Madame Cherchève !” Zut ! Un démarcheur ! Qu’est-ce qu’il va essayer de nous vendre ? Une mutuelle, une assurance, un placement financier, un contrat d’électricité, des travaux de rénovation ? Bingo ! “Nous faisons une promotion sur des doubles vitrages, dit la voix, teintée d’un sourire commercial. Vous êtes locataire ou propriétaire ?” Ouf, une échappatoire : répondre “locataire”, même si c’est faux, la voix vous lâchera. «”Merci Madame. Bonne journée.” Cette fois-ci, on s’en tire à moindres frais.

Se raisonner pour rester polie

Mais souvent, l’appel peut provoquer des réactions violentes. Surtout si l’interlocuteur sort les crocs, comme ce vendeur missionné par un fournisseur d’électricité qui déploie des trésors d’énergie pour nous inciter à changer d’opérateur. “Vous n’allez pas renoncer à faire 10 % d’économies sur votre facture !”, nous sermonne-t-il. “Notre électricité est garantie verte, vous avez pensé au réchauffement climatique ?”, nous fait-il culpabiliser. Face à une telle intrusion, on hésite : jeter le combiné contre le mur ? Insulter l’importun ? Lui raccrocher au nez ? On opte au final pour la dernière solution.

Une enquête, réalisée en août 2020 par l’Observatoire de la consommation de l’UFC-Que Choisir (fort bien nommée “Démarchage téléphonique, trop, c’est trop !”) révèle notre degré d’exaspération. Près des trois quarts (73 %) des répondants disent être sollicités tous les jours et 93 % au moins une fois par semaine. “C’est invivable”, témoigne l’un d’eux, contacté dix-huit fois en une journée pour de l’isolation à 1 euro ! Il faut pourtant se raisonner pour rester polie : gardons en tête qu’au bout du fil, ce n’est pas le patron qui est à la manœuvre mais un salarié vissé à son téléphone huit heures par jour, payé au Smic pour se prendre des vents et se faire insulter ! Et pour qui l’appel est sans doute aussi pénible que pour nous.

Bloctel ne répond pas

Ce devait être l’arme anti-démarchage. La solution miracle pour soulager les consommateurs. Mais dans les faits, Bloctel, cette liste d’opposition sur laquelle on s’inscrit pour ne plus être harcelé au téléphone, n’opère pas ! Un “fiasco”, selon l’UFC-Que Choisir : 80 % des particuliers inscrits continuent d’être sollicités, et ce n’est pas près de changer. Le projet de décret destiné à encadrer ces procédés a en effet l’apparence d’un canular et il provoque le tollé unanime des associations de consommateurs. Le démarcheur serait toujours autorisé à nous importuner plus de cinquante heures par semaine, samedi compris ; et à appeler quatre fois dans le mois même si on lui a déjà raccroché trois fois au nez.

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