Distributeurs automatiques: les villages s'y mettent

Dans des bourgs et villages où les commerces alimentaires sont rares ou inexistants, les distributeurs automatiques se développent. L’occasion de valoriser les circuits courts et la consommation locale.

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Devant les superettes, les aires de parking proches d’une ferme, ou le long d’une départementale, les distributeurs automatiques font de plus en plus partie du paysage. Ces machines connectées délivrent des légumes, des fruits, du pain, de la viande ou des fromages grâce à des casiers réfrigérés. Un vrai confort pour les habitants qui peuvent ainsi s’approvisionner 24h sur 24 avec des produits locaux et éviter les trop longs et fréquents déplacements en voiture. Ainsi, 45% des habitants des communes rurales* sont soumis à des contraintes de transport simplement pour faire leurs courses. « C’est une solution gagnant-gagnant. Le consommateur achète des produits du coin vendu au juste prix. Quant au producteur, il se libère de la charge d’un point de vente et profite des avantages du circuit court », souligne Manuel Moutier, directeur du Casier Français parmi les premiers fabricants de distributeurs réfrigérés et connectés. Une réponse à la disparition des petits commerces en zone rurale mais aussi à la crise sanitaire. « Beaucoup de commerçants veulent proposer du click’n collect, constate Manuel Moutier. Avec ces distributeurs, les clients réservent leur casier en ligne et n’ont plus qu’à venir récupérer leur commande en dehors des heures d’ouverture. » L’intérêt est aussi de fédérer des producteurs autour d’un même distributeur. « La demande est telle que l’on a dû recruter une personne à temps plein pour achalander les casiers alimentés par une quinzaine de producteurs locaux », se réjouit Catherine Bacquaert, gérante d’une exploitation agricole à Tedergheim. En l’absence de boulangeries, les automates du fabricant Mabaguette séduisent aussi les municipalités. La mairie finance l’installation tandis que la boulangerie du bourg voisin se charge de l’approvisionner. Des distributeurs intègrent même un four afin de cuire le pain à la demande. D’autres points de vente automatiques sont en train d’éclore comme « les Boutiques de mon village ». Une première boutique pilote a vu le jour, cet été à Gué-de-Longroi dans l’Eure. De quoi redynamiser ce village de 900 habitants qui n’a plus de commerce alimentaire. *Etude du Laboratoire de la Mobilité inclusive (Elabe) 2018

” Un vrai magasin, sans les contraintes horaires “: Catherine, 43 ans, gérante de la Terferme à Terdeghemh (Nord)

« Avec mon mari, éleveur de porc, on a commencé par proposer un drive fermier rassemblant une trentaine de producteurs. Nos clients voulaient pouvoir s’approvisionner tous les jours. Mais ouvrir une boutique était bien trop coûteux. On a donc installé un distributeur automatique dans notre hangar, sans contrainte d’horaires d’ouverture pour les clients. Nos 32 casiers sont approvisionnés par une quinzaine de producteurs. Ce système permet de moduler notre offre en fonction de la demande, et de la production. Pendant le confinement, nos ventes ont été multipliées par trois. »

” 5 km pour une baguette, c’est loin ” : Émilie, 35 ans, boulangerie O Pain Perdu à Revel (31)

« À Revel, on ne manque pas de boulangeries. Mais dans la plupart des villages alentour, il n’y en a pas. Rouler 5 km pour acheter une baguette, c’est contraignant, notamment pour les personnes âgées qui ne conduisent plus. Chaque matin, j’approvisionne nos trois distributeurs en pains et en viennoiseries. Avec près de 150 baguettes vendues par jour, c’est un plus pour le chiffre d’affaires. Et ceux qui apprécient nos produits n’hésitent pas à venir dans notre boulangerie quand ils sont à Revel ! »

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