Faut-il interdire la trottinette électrique ?

Mobilité douce, mon œil ! L’engin qui envahit les centres-villes est devenu un fléau urbain.

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Je l’avoue, un peu honteuse : au début, j’ai été séduite par ce véhicule en libre-service. Facile, rapide, efficace et sans effort : on la loue avec sa carte de crédit, on roule et on la jette n’importe où ! Après des année de galère en ville avec ma voiture, la trottinette me promettait un avenir radieux. Avec elle, fini les embouteillages et les heures perdues à chercher une place de parking ! Hélas, mon joujou s’est avéré être un danger public. J’ai vite déchanté, heurtée par l’incivisme des utilisateurs qui confondent liberté et irresponsabilité.

Trottinette : des accidents en pagaille

Quatre ans déjà que l’on doit supporter le « trottinettiste ». Ce je-m’en-foutiste en équilibre instable qui s’affranchit du Code de la route, fait des queues de poisson aux vélos sur les pistes cyclables, brûle les feux et grille la priorité aux automobilistes, zigzague en duo sur l’engin, à fond les ballons sur un trottoir transformé en terrain de jeux… Et provoque des accidents en pagaille : près de quinze par jour à Paris, selon les estimations de l’Apacauvi (Association philanthropique action contre l’anarchie urbaine vecteur d’incivilités), créée par des proches de victimes, dont un enfant et une pianiste de l’opéra Garnier qui n’est pas sûre de pouvoir rejouer un jour. Car c’est vous et moi, paisibles piétons, qui sommes sommés de nous écarter pour laisser passer ces bolides déboulant à 25 km/h, la vitesse maximum autorisée. Et encore, certains irresponsables s’amusent à débrider leur trottinette pour la transformer en bolide. Il suffit de trouver un vendeur complaisant et de payer. Ou de suivre le mode d’emploi sur YouTube.

Alors, quand la mairie de Paris décide en juin à la suite d’un drame – la mort d’une jeune femme fauchée sur les quais de Seine par deux inconscientes – de réduire la vitesse autorisée à 10km/h dans le centre, on se dit que ce n’est pas gagné. Que ce grand n’importe quoi généralisé n’est pas près de cesser. Aujourd’hui, je confesse d’ailleurs me réjouir quand l’une de ces saletés est saccagée par le gang des anti-trottinettes. Une de moins ! Et je salue la responsabilité des édiles de Villeurbanne, Levallois, Issy-les-Moulineaux, et des villes « branchées » de Londres, New York et San Francisco, qui, résistant aux sirènes de la mode, les ont bannies de leurs chaussées.

Une calamité écologique

100 % électrique et silencieux, l’engin semble écologique. À première vue seulement. Car la production des batteries au cobalt et au lithium est un désastre. L’extraction de ces matières premières va de pair avec l’exploitation d’enfants dans les mines du Congo et du Brésil et pollue des espaces naturels, comme le salar d’Uyuni, en Bolivie. Le recyclage des engins ravage les sols. Enfin, leur transport et leur ramassage en ville, (pour les réparer, les recharger) génèrent moult émissions de CO2. Tout ça pour des trottinettes dont la durée de vie n’excède pas un an. Au final, l’engin pollue autant qu’une voiture thermique !

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