Florence Bourgeois, directrice de Paris Photo : “J’ai pu reprendre des études sans quitter mes fonctions. À 39 ans, j’étais étudiante en histoire de l’art”

À l’occasion de la 24e édition de Paris Photo, focus sur sa directrice engagée, qui fait la part belle aux femmes.

Madame Figaro. – Une heure de réveil ?
Florence Bourgeois.
– 7 h 30.

S’il faut remonter à l’origine ?
Des parents formidables qui m’ont transmis la passion pour la culture et le sens de l’excellence dans le travail. Mon père, médecin biologiste, parlait grec et latin, et nous emmenait en voyage partout. Ma mère conjuguait vie professionnelle et études d’histoire de l’art, tout en menant sa famille et sa passion pour les artistes dont elle collectionnait les œuvres.

Des accélérateurs de parcours ?
Après une prépa HEC, un master en gestion et cinq ans dans un cabinet d’audit, j’ai profité de mon congé maternité pour suivre un master en marketing du luxe, et je suis entrée chez Inès de la Fressange. Puis j’ai rejoint Givenchy Parfums, où j’ai occupé différentes fonctions opérationnelles toujours liées à l’international. Mais je voulais me connecter au monde de l’art, qui occupait mon temps libre. J’ai pu reprendre des études sans quitter mes fonctions. Me voilà en 2003 – à 39 ans – étudiante en histoire de l’art à la Sorbonne, puis à l’École du Louvre : j’ai adoré ça.

Un moment décisif ?
Un stage chez Artcurial en 2006 : j’y ai appris énormément sur le marché de l’art et compris que je voulais m’investir dans cet univers.

Qui vous a fait confiance ?
Patrick Perrin m’a proposé la direction générale du PAD (Paris/Londres), me permettant de gérer un salon international. Deux ans plus tard, j’ai rencontré à Los Angeles Jean-Daniel Compain, DG de Reed. Lui aussi a cru en moi en me confiant les rênes de Paris Photo, et en me permettant de recruter Christoph Wiesner comme directeur artistique – nos six années de collaboration ont été un bonheur.

Le pitch de votre poste ?
Directrice de Paris Photo, le rendez-vous incontournable du marché de la photographie, je veille à concilier les impératifs commerciaux et de rentabilité d’une grande foire internationale avec l’excellence artistique.

Des résultats à donner ici et maintenant ?
À la dernière édition 2019 : 72 000 visiteurs, dont 40 % d’étrangers, 170 galeries et 30 éditeurs (deux tiers étrangers) et 1 000 artistes exposés. Le manque de visibilité des femmes artistes me tient à cœur : depuis mon arrivée en 2015, on est passé de 20 % d’œuvres de femme à 32 %. On continue à progresser, notamment avec notre programme Elles × Paris Photo et sa plateforme.

Un défi pour demain ?
Continuer notre mission de valorisation de la photo comme œuvre d’art. Et aussi préparer les équipes à la fusion des directions de Paris Photo et de la FIAC, tout en conservant nos identités.

Une digital addiction ?
L’Online Viewing Room de Paris Photo, qui permet de suivre nos programmations, de découvrir et d’acheter des œuvres à distance.

Paris Photo, jusqu’au 14 novembre, au Grand Palais Éphémère, à Paris. parisphoto.com

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