Harcèlement sexuel dans le football : une ancienne jeune joueuse de l'Olympique Lyonnais témoigne

Une jeune joueuse, victime de harcèlement sexuel alors qu’elle était membre du centre de formation de l’Olympique Lyonnais, vient de faire, à France Bleu, le récit de plusieurs mois de calvaire.

Le monde du sport n’est pas épargné par les affaires d’agressions et de harcèlements sexuels. Après le tremblement de terre dans le patinage artistique, à la suite des révélations de Sarah Abitbol, c’est le monde du football qui a tremblé. En août 2019, un ancien entraîneur des équipes de jeunes de football féminin à l’Olympique Lyonnais avait été mis en examen pour “atteinte sexuelle sur mineure de plus de 15 ans sans contrainte, ni menace, ni surprise, par personne ayant autorité”. Pour se défendre, l’homme, âgé d’une trentaine d’années, avait évoqué une “relation sentimentale consentante”. Deux victimes ont été identifiées, et l’une d’entre elles vient de donner sa version des faits à France Bleu Alsace.

Comportement déplacé

Alors que le procès est prévu pour la fin de l’année, ou pour 2021, Myriam (le prénom a été changé par le média) a raconté son calvaire, alors qu’elle était âgée de seize ans : “Il m’écrivait ‘Je me sens bien quand t’es là’. Quand un coach dit ça, on n’a pas besoin d’avoir 20 ans pour comprendre ce que c’est. J’ai coupé court”. En réalité, ce coach a jeté son dévolu sur deux jeunes joueuses. Myriam, donc, et son amie. “Il m’envoyait des messages comme ‘Montre-moi des photos de ta copine et je te mettrai capitaine’, souligne celle qui a, depuis, quitté l’OL. Puis, tout dérape, encore plus : lors d’un tournoi, en mai 2018, l’homme se glisse sous la couette de l’amie de Myriam et la touche.

L’étrange attitude de l’OL

Le scandale éclate, et la direction annonce le licenciement de l’entraîneur. En réalité, celui-ci aurait démissionné, et le club n’aura pas déposé de plainte. Surtout, l’OL aurait tenté de garder cette affaire sous silence. Quelques mois plus tard, Myriam n’est pas conservée par le centre de formation, en raison de critères sportifs, selon le club. La jeune femme et sa famille, quant à elles, pensent que son exclusion est liée à cette affaire. Le club a proposé à notre premier avocat une somme de 15 000 euros pour acheter notre silence, s’exaspère le père de la joueuse. On a opposé un refus catégorique”. L’affaire est portée devant la justice, où Myriam a demandé sa réintégration au club, mais la joueuse sera déboutée de sa demande en référé. Son autre combat judiciaire, contre ce coach harceleur, lui, continue.

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