« Il peut dormir tranquille » : Flavie Flament outrée par le classement sans suite de l’affaire Olivier Duhamel

Dans une interview accordée au Parisien, Flavie Flament, violée par le photographe David Hamilton alors qu’elle avait 13 ans, a réagi au classement sans suite de l’affaire Olivier Duhamel qui a reconnu des attouchements sur son beau-fils.

Flavie Flament

Olivier Duhamel

Olivier Duhamel a avoué, mais il n’a pas été condamné. Ni même jugé. En janvier dernier, Camille Kouchner publiait La Familia Grande, livre dans lequel elle accusait son beau-père Olivier Duhamel d’inceste sur son frère jumeau “Victor” (le nom a été changé). Une enquête était alors ouverte par la brigade de protection des mineurs (BPM). Bernard Kouchner avait été entendu, entre autres. Puis, les enquêteurs avaient reçu Olivier Duhamel en tant que témoin, en avril. Selon les informations du Figaro, il avait “difficilement” reconnu les faits, et seulement “en partie”. Il avait admis des attouchements sur son beau-fils, mais pas des viols. “Il évoque une bêtise, une faute impardonnable. Pour autant, il a cherché à minimiser quelque peu les faits”, indiquait une source, toujours au Parisien. Malgré ses aveux, l‘affaire, prescrite, a été classée sans suite. De quoi outrer Flavie Flament, elle-même victime de viol quand elle avait 13 ans, par le photographe David Hamilton, comme elle l’avait raconté dans le livre La Consolation, sorti en 2016.

“Une violence infinie pour les victimes

“Le rallongement des délais de prescription a permis de porter plainte trente ans après la majorité en cas d’agression sexuelle de mineur de moins de 15 ans, mais ce n’est pas rétroactif”, a-t-elle expliqué dans une interview accordée au Parisien. Ajoutant : Il faut encore progresser, peut-être vers l’imprescriptibilité : d’un point de vue philosophique, je suis pour et j’espère que cela sera applicable au niveau législatif. L’affaire Duhamel est une nouvelle injustice qui vient marteler cette vérité crue : les victimes de crimes sexuels aujourd’hui ne sont pas protégées.” Flavie Flament a continué : “J’ai écrit dans La Consolation : “La loi n’est pas forcément la justice”. En voilà encore une effroyable démonstration : un homme avoue avoir commis des crimes sexuels sur un jeune garçon et, au nom de l’application stricte de la loi, il peut dormir tranquille. J’espère que cela permettra au législateur de se remettre en question sur ces sujets.” Elle-même a subi l’injustice de la justice. “Nous, on était une dizaine de victimes de David Hamilton, on ne nous a pas écoutées. Il y a des injustices nécessaires. J’ai été sacrifiée sur l’autel de la progression des délais de prescription pour faire évoluer les choses. La justice doit s’humaniser car la loi est froide et c’est d’une violence infinie pour les victimes.” Des paroles fortes.

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