INTERVIEW – Ahmed Mouici : « Les Dix Commandements est une histoire qui nous a liés à vie »

À l’occasion de la sortie de son nouvel album, ce vendredi 26 novembre, Ahmed Mouici nous invite a reprendre « Une pinte de blues ». Après trois ans d’absence, le chanteur signe son grand retour sur des rythmes de guitare tout droit sortis des années 1950. Pour Gala.fr, Ahmed Mouici a accepté de revenir sur ce projet musical intime et personnel.

Ahmed Mouici revient à ses premières amours. Après avoir connu le succès avec le groupe Pow Wow et la comédie musicale les Dix Commandements, le chanteur est de retour sur le devant de la scène. À travers ce nouvel album intitulé « Une Pinte de blues », sorti ce vendredi 26 novembre, le chanteur de 58 ans plonge ses fans dans un univers nostalgique rythmé par des nouvelles chansons très personnelles. De son travail avec Fred Chapellier le guitariste de Jacques Dutronc, à sa tendre complicité avec sa femme Marjorie en passant par les moments qui ont marqué sa carrière, Ahmed Mouici s’est confié à Gala.fr.

Gala.fr : Après trois ans d’absence, vous êtes de retour avec un nouvel album intitulé « Une Pinte de blues ». Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ?

Ahmed Mouici : Il fallait que les planètes soient en adéquation les unes avec les autres, comme le dit si bien ma femme. Pendant le confinement, je me suis retrouvé à faire des mélodies, puis j’ai commencé à faire quelques chansons en anglais. Comme j’avais emmagasiné pas mal de petits morceaux sur mon portable, ma compagne Marjorie a commencé à m’écrire quelques textes avant de lancer un concours d’auteurs sur Facebook. J’ai reçu une centaine de textes dont certains m’ont très vite parlé. C’était donc très facile pour moi de composer là-dessus. Puis, ma femme est venue me voir et m’a dit : « Tu sais, les textes que tu as choisis sont du même auteur ». Il faut savoir que je n’avais aucun nom sur les feuilles. Et en effet, la plupart de mes textes ont été écrits par Jean-Marc Guimard.

Gala.fr : Comme s’est passé l’enregistrement ?

Ahmed Mouici : D’abord, j’ai enregistré chez moi dans mon petit studio en Bourgogne. J’ai joué de tous les instruments et même fait les choeurs. Ensuite, j’ai fait écouter mes morceaux à Fred Chapellier, un très grand compositeur et guitariste de blues et de rock’n’roll en France qui travaille avec Jacques Dutronc. Et il a vraiment aimé l’album. On a commencé à travailler avec toute son équipe le temps d’une résidence dans mon petit village de Pagny-la-Ville. Pendant une semaine, nous avons joué et mis en place les chansons avant de partir à Paris pour les enregistrer en live. Ça s’est super bien passé ! En une semaine, j’avais enregistré l’album et j’ai enchaîné sur ma tournée d’été.

« J’avais envie de partager ma passion pour le blues »

Gala.fr : Pourquoi avoir choisi de faire un album de blues ?

Ahmed Mouici : J’ai commencé par le rock’n’roll des années 1950. C’était donc logique pour moi, après les Dix Commandes, de revenir à la musique que je préfère et que j’aime jouer devant un public. J’avais vraiment envie de partager ma passion pour ce style de musique. Cet album a été bel exercice pour moi car j’ai pu mélanger la poésie des textes de Marjorie et de Jean-Marc avec les notes de blues et de rock’n’roll.

Gala.fr : Quelles sont vos références musicales ?

Ahmed Mouici : Du côté du rock’n’roll j’aime beaucoup Elvis Presley, Gene Vincent, Little Richard et Chuck Berry. Pour la soul music et le blues, il y a Sam Cooke et Ottis Redding mais aussi James Brown et B.B King. Il y a aussi des chanteuses comme Tina Turner, Etta James qui ont beaucoup d’énergie. Je pense aussi à des chanteuses de jazz à l’image de Ella Fitzgerald. Comme je suis autodidacte, j’ai travaillé mon chant grâce à toutes ces personnes, en écoutant leurs disques et en chantant leurs grands titres.

https://www.instagram.com/p/CWk6VkSlT4Y/

A post shared by Ahmed Mouici officiel (@ahmed_mouici)

« Ma femme m’a écrit une chanson d’amour »

Gala.fr : Votre femme a joué un rôle important dans la réalisation de cet album, est-elle votre meilleure alliée ?

Ahmed Mouici : Oh oui ! Je peux compter sur elle pour me critiquer et même me critiquer très très fort. Tous les matins, ma femme me disait : « une chanson par jour, en forme toujours ». Toute la journée, je m’enfermais dans mon studio avant d’arriver devant elle avec ma copie pour connaître son avis. Quand elle me disait que c’était chouette, cela ne voulait rien dire pour moi. Alors je repartais et j’approfondissais mes chansons. Et puis elle m’a écrit plusieurs chansons notamment une d’amour sur un morceau que j’avais composé avec une guitare dobro. Elle est arrivée avec un texte qui s’appelle « Elle veut un petit nom ». Et moi, je l’appelle « mon petit rognon » mais ça ne peut pas marcher dans une chanson. Alors, elle s’est écrite elle-même le texte de cette chanson. Elle m’a fait un truc super et très drôle à chanter avec des influences à la Eddy Mitchell.

https://www.instagram.com/p/CUSDK2nNcjd/

A post shared by Ahmed Mouici officiel (@ahmed_mouici)

Gala.fr : Dans ce nouvel album, vous dédiez la chanson « Sans toi » à votre père qui est décédé pendant le confinement. Quelles étaient vos relations avec lui ?

Ahmed Mouici : C’est donc la première chanson que j’ai enregistrée. J’ai perdu mon papa pendant le confinement. Non pas à cause de la Covid mais d’une infection suite à un problème de hanche. Notre relation était un peu conflictuelle. Avec lui, c’est surtout l’école et les arts martiaux. Alors quand on est venu me voir pour monter un groupe de rock à mes 13 ans, j’ai eu la chance que mon père dise « oui ». Mais très vite, la musique a pris une place très importante dans ma vie au détriment de l’école. C’est assez drôle car il ne voulait pas d’une vie comme ça pour moi alors que c’est lui qui m’avait offert ma première guitare qu’il m’a cassée sur le dos quelques années plus tard (rires). Il y a eu beaucoup de non-dits dans notre relation. Il n’est venu me voir qu’une seule fois sur scène. J’ose imaginer qu’il était fier.

Gala.fr : Pourquoi avoir choisi de faire carrière dans la musique ?

Ahmed Mouici : Tout simplement car c’est le seul endroit où mon père ne pouvait pas mettre son nez (rires). C’était mon monde à moi. C’était une façon de me différencier.

« Alors que tout le monde chantait en playback, on demandait des micros »

Gala.fr : En 1990, vous formiez le groupe Pow Wow avec Alain Chennevièvre, Pascal Periz, Bertrand Pierre et remportiez un vif succès avec le tube Le Chat (1992). Que retenez-vous de cette période de votre vie ?

Ahmed Mouici : Les sourires du public. Il faut dire qu’on était un peu comme un ovni quand on arrivait sur les plateaux de télé. C’était une époque où tout le monde chantait en play-back et nous, on demandait quatre micros et pas de musique. Les gens étaient assez fiers de pouvoir se dire par eux-mêmes : « ce sont des vraies voix ». Je retiens des concerts avec des familles entières. En plus, nous avons eu deux Victoire de la Musique donc c’est vraiment quelque chose d’assez énorme.

Gala.fr : Dans les années 2000 vous avez incarné Ramsès dans « Les Dix Commandements », comment avez-vous vécu le succès de cette comédie musicale ?

Ahmed Mouici : Avec Pow Wow, j’avais déjà été entraîné dans la vie de groupe. J’étais donc un peu comme le grand frère pour « Les Dix Commandements », aussi bien pour les danseurs de hip-hop que pour les chanteurs qui n’avaient jamais connu de grosse scène. Je leur disais souvent de prendre leur temps et de profiter de chaque instant des répétitions car la tournée allait passer très vite. Et ça a été le cas. Les trois mois que nous avons faits au Palais des Sports de Paris sont passés aussi vite que la musique.

https://www.instagram.com/p/CVm8x7uNE8k/

A post shared by Ahmed Mouici officiel (@ahmed_mouici)

Gala.fr : Vous avez récemment repris le titre phare « Mon frère » avec Daniel Levi dans l’émission « La boîte à secrets », diffusée sur France 3. Quelles sont aujourd’hui vos relations avec le chanteur ?

Ahmed Mouici : On s’appelle au moins une fois par semaine. Il prépare une tournée pour l’année prochaine et a invité tous les chanteurs des Dix Commandements pour ouvrir son concert. On se retrouvera tous. Je suis aussi toujours en contact avec Pablo Villafranca et Lisbet Guldbaek qui fait les choeurs sur mon dernier album. C’est une histoire qui nous a liés à vie.

Gala.fr : Quel est votre meilleur souvenir dans votre carrière de chanteur ?

Ahmed Mouici : Il y en a tellement que ce soit des Olympia, des Zenith ou des Bercy. Il y aussi les récompenses. Mais je pense que mon plus souvenir restera le sourire de mes parents quand ils me voyaient à la télé.

Crédits photos : RINDOFF-GUIREC / BESTIMAGE

Autour de

Source: Lire L’Article Complet