INTERVIEW – Gad Elmaleh, son chemin de foi en famille

L’humoriste, acteur, chanteur et… réalisateur a convaincu ses parents et sa sœur Judith de jouer leurs propres rôles dans sa comédie spirituelle Reste un peu.

« Mon film est un conseil de famille géant. C’est une tragédie mais c’est aussi un hommage, une déclaration d’amour à mes parents. » Quatorze ans après Coco son premier long-métrage en tant que réalisateur, Gad Elmaleh (51 ans) se livre comme jamais dans Reste un peu*, un film en partie autobiographique retraçant son surprenant chemin de foi, sa fascination pour le catholicisme sans pour autant oublier son judaïsme. Il a donc décidé de retourner vivre chez ses parents à Paris. « Ça faisait près de quarante ans que je n’avais pas vécu chez eux, s’amuse Gad. Ça m’a rappelé des souvenirs très forts. On a vécu des moments incroyables. »

Un mois durant, une équipe technique de 10 personnes était présente au domicile de son « paps » et sa « maman » comme il les appelle en privé. « J’ai voulu un tournage fait maison pour plus d’authenticité, précise-t-il. C’est ma maman qui cuisinait. Elle nous faisait des boulettes de merlan à la sauce tomate, des tajines de boulettes à la viande. Parfois elle en avait marre, elle faisait son actrice : elle s’enfermait dans sa chambre et on allait acheter de la bouffe à côté. » Juste et touchante, Régine Elmaleh, la mère de Gad, est l’une des révélations de ce film. « Contrairement à mon père, ma mère n’était jamais passée devant la caméra, nous explique Gad. C’est une actrice née. Elle a des aptitudes innées pour la comédie, au jeu et à la fiction. Elle a d’ailleurs complètement improvisé certaines répliques. »

Régine a même pris parfois son rôle un peu trop à cœur. « Lors de la toute première scène avec mes parents, ils sont tous les deux dans le cadre, dans leur lit. Ma mère dit son texte comme une première de la classe et c’est au tour de mon père d’enchaîner. Mais il est dans ses pensées. Très naturellement, ma mère lui donne un coup de coude et lui signale : « C’est à toi ! ». Je lance : « Coupez ! Maman, tu ne peux pas faire ça, on est en train de tourner, ça va se voir. » Elle me répond : « C’est toi ! Tu me dis que c’est la vérité, qu’on est tes parents dans ton film. C’est la vérité, ça aussi. Tu parles à ta vraie maman quand même. Ça oblige à la sincérité. »

Présente au casting de cette comédie familiale aussi, la grande sœur de Gad, Judith dont on devine leur relation fusionnelle. « Avec Judith, nous avons des discussions parfois animées lors des repas de famille. Je voulais qu’on les retrouve à l’écran. C’est réussi je crois ; il y a même eu un moment sur le tournage où, à la suite d’une scène d’engueulade avec Judith, c’était un peu tendu entre nous. Parfois on coupait et on se prenait dans les bras, on avait les larmes aux yeux. C’était émouvant. » Si bon nombre de ses proches figurent aussi au générique de Reste un peu, aucune apparition de son frère Arié en revanche (« Il pensait que c’était un projet un peu farfelu« , s’amuse Gad) ni de ses deux fils Raphaël (9 ans) et Noé (22 ans). « Ils m’ont demandé, on va pas jouer dans le film nous ? Ils m’ont fait comprendre qu’ils étaient un peu déçus. Ils l’ont vu et ils étaient très émus. C’est sûr que mon prochain film en famille, ils vont vouloir être absolument dedans. (Rires.) » A suivre donc.

* De et avec Gad, Régine, David, Judith Elmaleh. En salles.

Cet article est à retrouver dans Gala N°1536 disponible depuis ce jeudi 17 novembre 2022.

Crédits photos : PATRICK BERNARD / BESTIMAGE

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