INTERVIEW – « Le flou complet » : Cédric Jubillar, son avocat balance !

La disparition de Delphine Jubillar est l’un des faits divers les plus médiatisés. Depuis un an, le mystère est toujours aussi présent autour de cette affaire. L’infirmière et mère de famille est toujours portée disparue depuis la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Entre rebondissements, mise en garde à vue et médiatisation du dossier, Jean-Baptiste Alary revient sur des éléments clé pour Gala.fr.

Voilà un an que le nom de la famille Jubillar est sur toutes les lèvres. Une nuit de décembre 2020, Delphine Jubillar a disparu de son domicile sans laisser de trace. Le suspect numéro un n’est autre que son mari, Cédric Jubillar. Depuis le 18 juin dernier, ce dernier est incarcéré à la maison d’arrêt de Seysses où il attend un dénouement. Et pour cause, cette affaire est rythmée par une succession de rebondissements. Entre la découverte d’un amant, le témoignage de leur fils de sept ans ou encore les propos de l’entourage de l’infirmière de 33 ans, Jean-Baptiste Alary, l’avocat de Cédric Jubillar, revient sur les éléments forts de ce fait-divers pour Gala.fr.

Gala.fr : Comment expliquez-vous qu’un an après la disparition de Delphine Jubillar il n’y est toujours pas de réelle piste ?

Jean-Baptiste Alary : Je ne sais pas. Je ne peux pas vous dire pourquoi un an après sa disparition il n’y a rien. L’une des possibilités, c’est peut-être aussi tout simplement qu’on se trompe de piste.

Gala.fr : D’où la mise en garde à vue de la nouvelle compagne de Cédric Jubillar pour « recel de cadavre » ce mercredi 15 décembre non ?

Jean-Baptiste Alary : Sa mise en garde à vue tombe un jour d’anniversaire. C’est étrange non ? Lui est placé en garde à vue le 18 juin, six mois après la disparition de Delphine Jubillar. Là, maintenant, on est à un nouveau jour d’anniversaire, et il y a une nouvelle garde à vue.

Gala.fr : Qu’est-ce que cette garde à vue signifie ?

Jean-Baptiste Alary : Je n’en ai aucune idée. Simplement, moi le timing m’interroge beaucoup.

Gala.fr : Est-ce que vous vous attendiez à un nouveau rebondissement pour cette date d’anniversaire ?

Jean-Baptiste Alary : Dans ce dossier on s’attend à tout, notamment à cause du secret de l’instruction qui est piétiné tous les matins. Maintenant, est-ce que c’est une surprise cette garde à vue ? Je ne sais pas parce qu’on ne connaît pas les raisons qui ont présidé à cette décision d’interpellation et de placement en garde à vue. On ne sait pas ce qui va être dit, ni ce qui a été dit… À partir de ce moment-là, c’est très difficile de pouvoir porter une appréciation.

Gala.fr : Vous ne savez pas quelle tournure peut prendre cette affaire…

Jean-Baptiste Alary : Depuis un an, c’est le flou complet.

Gala.fr : Est-ce difficile de travailler dans ces circonstances ?

Jean-Baptiste Alary : Ce qui est difficile, c’est de travailler avec des gens qui ne nous écoutent pas et qui considèrent que parce que nous sommes avocats de la défense nous avons forcément tort. Mais également, ceux qui ne communiquent pas avec nous. Ce qui est difficile aussi, c’est de travailler avec des magistrats qui n’instruisent pas le dossier et qui ne font que répercuter ce que les gendarmes font. C’est difficile parce qu’il n’y a pas d’analyse juridique, il n’y pas d’analyse factuelle. Après, c’est un dossier qui est complexe par les proportions médiatiques qu’il a pu prendre. Mais fondamentalement, c’est un dossier qui ne revêt aucune difficulté.

Gala.fr : Pourquoi il n’y a aucune difficulté ?

Jean-Baptiste Alary : Ils n’ont pas de preuves. Terminé. C’est simple. C’est brut, c’est cru, mais c’est simple.

Gala.fr : Donc les enquêteurs n’ont aucune piste ?

Jean-Baptiste Alary : Écoutez, à partir du moment où on est obligé de construire intellectuellement des charges, de tordre des réalités, de s’appuyer sur une couette, de faire témoigner un enfant de sept ans… c’est qu’il n’y a rien. On n’a pas d’ADN, on n’a pas de mouvements suspects, de discussions étranges… C’est toute la difficulté de ce dossier, c’est qu’il n’y a rien.

Gala.fr : S’il n’y a rien dans ce dossier, pourquoi Cédric Jubillar ne sort pas de prison ?

Jean-Baptiste Alary : Parce que la justice n’aime pas le vide. Ne pas savoir ça froisse certains égo, il faut être clair. Le fait de ne pas être capable de résoudre l’affaire alors qu’on a mis à la disposition de ce dossier une dizaine de gendarmes à temps complet pendant six mois et qu’ils n’ont pas été capable de réunir le moindre élément de preuve, ils se sentent obligés de les construire.

Gala.fr : Pensez-vous que cette affaire peut durer longtemps ?

Jean-Baptiste Alary : Ça durera le temps que la justice nous écoute. L’enquête doit se poursuivre et les recherches doivent perdurer. Mais il n’est pas nécessaire que Cédric Jubillar reste en prison. Et pour cause, pendant les six mois qui ont suivi la disparition de son épouse, à preuve du contraire, il n’a altéré aucune preuve. Il n’a pas exercé de pression contre qui que ce soit. À un moment donné, il faut juste arrêter cet acharnement !

Crédits photos : facebook

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