INTERVIEW – Myriam El Khomri : « J’ai eu peur des menaces sur mes enfants »

Que sont devenues les figures des années Hollande ? À l’occasion des 10 ans de la victoire de l’ex-chef de l’Etat socialiste, Gala.fr recueille les confidences de ces femmes et hommes qui ont marqué la fameuse présidence « normale ». Premier volet avec Myriam El Khomri, ministre du Travail de 2015 à 2017.

La politique, c’est fini pour elle. Disparue des radars depuis 2017 et une défaite aux législatives à Paris, Myriam El Khomri a aujourd’hui tourné la page : directrice du Conseil chez Diot-Siaci, leader du conseil et du courtage en assurance, c’est loin des coups bas et des caméras qu’elle se met au service des autres. Une nouvelle vie en forme de soulagement, tant les protestations autour de la loi El Khomri, symbole de la « trahison » de François Hollande aux yeux d’une partie de la gauche, l’auront durement marquée. Cinq ans après, c’est donc « libre et sereine » qu’elle se confie à Gala.fr. Nouveau métier, bilan de son passage au gouvernement, vie de famille… Entretien avec une ex-ministre « normale ».

Gala.fr : Cinq ans après votre départ du gouvernement, où en êtes-vous professionnellement ?

Myriam El Khomri : Je fais du conseil en ressources humaines pour le compte du groupe Diot-Siaci. Je dirige une équipe d’une cinquantaine de consultants, avec lesquels je travaille sur des grands enjeux comme la qualité de vie au travail, les parcours de formation, les transformations sociales. J’ai d’abord monté ma propre société de conseil en novembre 2017. Puis en mars 2019, j’ai rejoint Diot-Siaci pour porter cela à une plus grande échelle.

Vous vous sentez épanouie aujourd’hui ?

J’adore cette activité et me sens bien au sein de ce groupe. Je construis et développe mon équipe – j’ai commencé alors que nous n’étions même pas une vingtaine – pour parler de thématiques qui ont beaucoup de sens dans le quotidien des gens. Je n’ai pas de problème à me lever le matin et à aller bosser ! Moi qui travaille beaucoup sur le sens au travail, je mesure cette chance tous les jours. Et personne ne m’injurie plus pendant la journée (rires) donc je vais très bien.

Comment avez-vous vécu ces années loin de la politique ?

Très bien ! Déjà, parce que j’ai réussi ma reconversion professionnelle, seule. C’est très important. Après mon passage au gouvernement, j’avais en tête de prendre du recul sur la vie politique, tant celle-ci peut parfois nous assécher. J’avais besoin de me sentir libre. J’ai porté la loi Travail, qui était pour moi une loi d’équilibre avec un triptyque : une place renforcée pour les syndicats, une souplesse accrue pour les entreprises, des droits nouveaux pour les salariés. Cette logique a depuis lors été amplifiée avec de vrais résultats sur les chiffres du chômage. Je ne vais pas revenir sur le contexte de cette loi mais je pense que la politique est faite de violence et elle peut aussi être faite d’ironie au final…

La loi Travail, « une fusée immédiatement partie de travers »

Pourquoi de l’ironie ?

Tous les candidats en 2017 avaient promis l’abrogation de la loi, sauf que les Français ont élu le seul qui voulait l’amplifier. Et ironie encore : les syndicats les plus virulents, comme Force ouvrière, se sont montrés très conciliants avec les « ordonnances Macron ». Donc vous prenez du recul. A l’époque, le contexte politique était inflammable et nous a valu des semaines de contestations, malheureusement soldées par le recours au 49.3. Notre pays a tendance à voir le compromis comme une compromission. On préfère l’affrontement.

On vous a accusée de ne pas être de gauche. Qu’est-ce l’on ressent face à ça ?

C’est vrai que cette loi a incarné la trahison de la gauche, alors que 20 ans de mes combats politiques ont toujours été marqués par la lutte contre les injustices et les inégalités sociales … Mais quand je vois aujourd’hui la généralisation de la garantie jeunes ou le droit à la déconnexion, je suis très fière d’avoir porté cela. Il y a à peine un an, j’ai aussi lu un article de presse rappelant que la baisse du chômage avait bien commencé dès 2016. C’est aussi l’une des réussites, négligées, de ce quinquennat. Mais quand on a eu, comme moi, la chance de servir son pays, il n’y a aucun regret à avoir.

Si c’était à refaire, vous le referiez ?

Je ne dirais pas ça (rires).

Il y a des choses que vous changeriez ?

La méthode bien évidemment. Le recours au 49.3 vous empêche de faire la pédagogie de votre loi devant le parlement. La méthode a été bancale et même jugée brutale. La fusée ne semblait pas si mal conçue, mais elle est immédiatement partie de travers. Et on ne redresse pas la trajectoire d’une fusée mal lancée. Mais je n’ai aucune aigreur. La politique reste pour moi une fonction noble. On a besoin de politique pour faire bouger le pays, en y associant davantage la société civile, pour rétablir la confiance.

La politique traditionnelle vous a-t-elle lassée ?

J’ai eu une lassitude des postures et des jeux d’acteurs. J’ai eu peur, aussi.

De quoi exactement ?

Des menaces de mort que vous recevez chez vous. Des tags dans votre rue. Des menaces sur vos enfants. Des agressions verbales et physiques, qui se sont heureusement arrêtées quand j’ai quitté la scène publique. Maintenant, je suis libre et sereine.

Expos, balades… La « vraie vie » avec ses filles Jasmine et Thelma

Pour la vie de famille, on imagine que c’est beaucoup plus simple aujourd’hui.

Ça change tout ! C’est un bonheur retrouvé ! Ma petite dernière avait 11 mois quand j’ai été ministre. J’ai eu la chance d’être bien accompagnée. Mon mari a cessé ses activités pour s’occuper des filles pendant que j’étais en fonction. Forcément, le fait de retrouver une vie « normale », même si j’ai toujours essayé de séparer vie professionnelle et vie privée – je n’avais pas déménagé au ministère – est très important pour moi.

Vous avez vu cette nouvelle vie comme un soulagement ?

Par son rythme et sa dureté, la vie politique assèche. C’est important de se ressourcer, de se renouveler, et de le faire par soi-même. De retrouver le sens du temps, pour les choses les plus simples : faire les devoirs avec les enfants, aller se balader, faire des expos, marcher dans Paris, faire une « chasse aux Invaders » avec ses filles… La vraie vie, quoi ! Prendre le temps, tout simplement.

Donc aucun regret à propos de votre défaite aux législatives, en 2017.

Aucun. Si j’avais gagné, je ne sais même pas si j’aurais apprécié. Je m’étais particulièrement préparée à la défaite, y compris par rapport à mes parents, mes frères, ma vie de famille… Quand on se fait insulter ou menacée de mort sur Twitter tous les quatre matins, forcément, votre entourage est inquiet. Quand je vois aujourd’hui tant de parlementaires qui se font encore agresser, je pense que l’on a sans doute manqué de vigilance face à ce climat dégradé.

Vous suivez toujours l’actualité de près ou vous avez vraiment tourné la page ?

Je regarde encore l’actualité politique, bien sûr. Agnès Buzyn m’a sollicitée en octobre 2019 pour rendre un rapport sur l’attractivité des métiers du grand âge. C’était une manière de remettre un pied dans l’action publique et de se sentir utile à la collectivité. C’est quelque chose qui m’anime toujours autant évidemment. Mais pour ce qui est de la politique active, j’ai tourné la page.

Vous n’avez pas eu de « coup de blues » ?

Non, jamais. C’est peut-être lié à mon caractère. Je n’ai pas eu de manque, ni de frustration. Je suis tout de suite allée de l’avant. La question de la reconversion professionnelle, c’est une vraie introspection en fin de compte et ça concerne tout le monde, pas seulement les anciens ministres. Des questions de base mais essentielles pour chacun-e d’entre nous : qu’est-ce qui m’anime ? Dans quel environnement je veux travailler ? Pour quelle finalité ?

« Il m’arrive de dîner avec François Hollande' »

En tant qu’ex-ministre, la question est peut-être encore plus délicate.

Face à un interlocuteur, vous pensez aux préjugés qui sont les siens et vous vous demandez toujours au début ce qu’il pense ou va penser de vous. Puis, avec le recul, vous vous rendez compte que tout se passe extrêmement bien avec les gens. Vous pouvez avoir des débats, avec des salariés, des élus… C’est très sain. Mais vous sortez du grand théâtre, du jeu de rôles, de la « petite phrase » des matinales… Je suis sans doute quelqu’un de trop nuancé pour tout ça.

L’époque est moins à la nuance, en effet.

C’est pour ça que j’ai toujours considéré que je n’étais pas la meilleure en com’, c’est sûr ! Il faut aimer ça, aussi. Et je pense que je n’aimais pas suffisamment être devant. Pour moi ce qui est important dans l’action publique, c’est la volonté de faire et la loyauté. C’est ce que m’a appris mon « papa » en politique, Bertrand Delanoë… Le reste, c’est du cirque.

Donc si demain, Emmanuel Macron vous appelle, vous dîtes non ?

Ça, c’est de la politique-fiction (rires).

Vous avez gardé des contacts au PS ?

Oui, avec Bernard Cazeneuve, Fleur Pellerin, Emmanuelle Cosse… Ce sont des personnes que j’apprécie énormément. C’est aussi le cas avec certains membres du gouvernement actuel, que je connaissais avant et que j’aimais bien comme Elisabeth Moreno. Ce sont des belles rencontres. Il m’arrive aussi de dîner régulièrement avec Daniel Vaillant ou François Hollande.

Vous retenez quel moment de votre passage au gouvernement ?

Beaucoup de choses m’ont marquée. Mais je vais dire quelque chose de plutôt personnel : c’était en septembre 2015, quand j’atterris sur le tarmac de Tanger (Maroc), la ville où j’ai grandi, avec un avion de la République française, le président et plusieurs ministres. Nous avions été accueillis par le roi du Maroc. Et moi qui ai une maman française et un père marocain, c’était un vrai moment d’émotion.

Le moment le plus dur ?

C’est la loi Travail à l’Assemblée et les manifestations pendant des semaines dans tout le pays. Vous pensez que ce que vous faites est utile et même nécessaire mais l’opinion publique ne partage pas votre point de vue. Cela questionne le sens de la politique et le fonctionnement de notre démocratie.

On se sent lâchée par les siens ?

C’est sûr que lorsque vous faite l’expérience de l’impopularité, les soutiens ne se font pas nombreux. La loi Travail a surtout été l’otage de jeux et de rivalités, tant politiques que syndicales. J’ai composé avec cela en m’efforçant de demeurer loyale jusqu’au bout.

Le fait d’être une femme a aussi joué à ce moment-là ?

Bien sûr mais il y a un tout. J’ai subi un procès en incompétence à partir de l’émission avec Jean-Jacques Bourdin. Mais cela m’a appris la mise à distance et l’humilité. Et à me méfier de l’exposition médiatique et du culte de la petite phrase, bonne ou mauvaise.

Il y a aussi eu cet accident domestique début 2016…

Oui, un peu absurde, aussi comique que tragique, j’avoue : j’ai glissé dans ma douche. Un moment compliqué car ma famille, qui n’était pas avec moi, l’apprend par les médias. S’ensuit une ubuesque traque médiatique pour savoir où je suis hospitalisée et pourquoi. Chute, accident, suicide ? Il y a même un député frondeur qui, sans savoir, se permet de déclarer à la télévision « elle avait les épaules fragiles… » On m’a enterrée en deux deux ! Comme quoi, un trivial fait domestique peut devenir un vrai fait politique au final. Cela dit quelque chose de l’absurdité du système politico-médiatique, qui ne contribue pas à renouer le fil de la confiance avec l’opinion.

Certains ont estimé que vous n’aviez pas suffisamment d’expérience.

Cela prouve que tout est très fragile. Quand j’entre au gouvernement, j’ai droit à un portrait flatteur dans Libération me présentant comme « l’évidence parisienne ». Je suis en effet élue dans la capitale depuis que j’ai 30 ans et mon travail auprès de Bertrand Delanoë y est plutôt reconnu. Quand je suis nommée secrétaire d’État à la politique de la ville, on me présente encore comme « la chouchoute du gouvernement » et ça se passe bien. Je me défonce et notre action contribue à faire baisser de 2 points le taux de chômage dans les quartiers populaires. Puis je deviens ministre du Travail et la séquence, objectivement difficile, efface presque tout ce qui a existé avant ! On racontait même que je n’avais jamais travaillé de ma vie (rires) !

Qu’en on pensé vos proches ?

Cela faisait beaucoup sourire mon entourage, car j’ai commencé à travailler à 16 ans avec mon père. Donc à 37 ans, j’avais plutôt pas mal d’années de boulot professionnelles derrière moi, quand même (rires) ! Il y a un côté surréaliste, comme si vous n’aviez pas fait d’études. Sans doute parce qu’un bac+5 en droit, ce n’est pas suffisant aux yeux de certains. Vous avez un procès en illégitimité permanent. Donc j’ai toujours appris à avoir une carapace.

Votre entourage a dû être important à cette période.

Ils ont été super ! Un rôle fondamental. Puis, j’ai eu plein de soutiens. Souvent féminin, mais pas que. Des Jean Auroux, des Bertrand Delanoë…

Ça n’a pas l’air mieux aujourd’hui au PS (l’interview a été réalisée avant le premier tour de la présidentielle, ndlr).

Je ne le vis pas de l’intérieur mais bon… Je ne leur donne pas de leçon. Ce n’est jamais facile. On est sur des sujets extrêmement complexes. Les « y’a qu’à, faut qu’on », je n’y crois pas non plus (rires).

Vous m’avez parlé de dîners avec François Hollande. Comment ça se passe ?

C’est un homme qui a toujours eu beaucoup d’humour, qui a un regard bienveillant et ça reste agréable de le retrouver. Et on ne parle d’ailleurs pas forcément de politique ! Après, ça reste entre nous (rires). Les dîners privés restent privés… Puis il y a nos conjoints, c’est la vraie vie. Normal !

Des « cauchemars » après l’interview de Jean-Jacques Bourdin

Votre mari s’intéresse-t-il à la politique ?

Pas du tout. Il travaille dans le milieu culturel.

Vous diriez quoi à vos filles si elles souhaitent faire de la politique ?

Elles auront le droit de faire ce qu’elles veulent faire, bien sûr. Je suis très fière, parce qu’elles ont une vraie conscience collective. Le temps où les parents disaient à leurs enfants le métier qu’ils devraient faire est heureusement révolu. Ce n’est pas ma manière de faire. Le but est qu’elles trouvent quelque chose qui les passionne. Et qu’elles aient la conception du vivre ensemble, de l’effort et du travail. On m’a bien transmis ça et c’est ce que je veux leur transmettre à mon tour.

Comment ça s’est passé pour vous ?

Mes parents ne m’ont jamais encouragée à faire de la politique. J’ai juste été élue déléguée de classe et conseillère générale des jeunes de Gironde. Donc j’ai commencé bien tôt, quand j’étais en 4e. Mais je n’étais pas du tout destinée à cela.

Vous avez toujours votre carte au PS ?

Non, je ne l’ai plus. Je l’ai gardée jusqu’à la fin de mon mandat à la Ville de Paris en 2020. C’était une question de loyauté. J’avais été élue par le PS en 2014. Donc il était légitime à mes yeux de payer ma cotisation. Je vais vous paraître un peu old school (rires) mais c’est mon côté bonne élève.

En 2018, vous avez joué les « Monologues du vagin » avec Roselyne Bachelot et Marlène Schiappa. Quel souvenir en gardez-vous ?

J’ai beaucoup aimé faire ça. On a énormément travaillé, parce que ce n’est pas notre métier. J’ai adoré parce que j’ai fait du théâtre quand j’étais jeune. Et parce que la lutte contre les violences faites aux femmes a été un engagement constant de ma vie politique.

Plus jeune, vous aviez envie de devenir actrice ?

Oui, c’était un de mes rêves d’enfant. Mes parents ne m’ont pas beaucoup poussée à le devenir d’ailleurs (rires). J’ai adoré les cours de théâtre mais j’ai dû arrêter en 2e année de fac. Mon prof m’a dit qu’il fallait faire un choix. En plus, j’étais étudiante salariée boursière, donc c’était compliqué… Alors j’ai fait le choix de la raison, à savoir la fac.

Il n’est jamais trop tard…

On verra (rires) !

Une comédienne que vous admirez ?

Il y en a beaucoup… C’est compliqué d’en choisir une mais j’adore Agnès Jaoui. J’ai vraiment adoré le couple Jaoui/Bacri. J’étais complètement fan. Et puis j’aime beaucoup Julie Gayet.

On a vu une série de personnalités politiques se reconvertir dans les médias ces derniers temps. On vous l’a déjà proposé ?

Non, ce n’est pas du tout mon truc (rires) ! Ce serait mentir de dire que j’ai eu du plaisir au sein du monde médiatique. Je suis plus une femme de dossiers !

On repense forcément aux questions pièges de Jean-Jacques Bourdin…

En fin de compte, ce n’était pas si piège que ça. Je lui réponds « trois » (le nombre de renouvellements possibles d’un CDD, ndlr) parce que dans ma tête, je suis sur trois contrats. Et pas deux renouvellements vous voyez, le truc bête. Il me faisait les gros yeux, vous perdez pied et basta. Les médias ont un tel impact que, pour une approximation, vous devenez immédiatement la risée du pays. J’en ai fait des cauchemars après.

Vous ne lui en voulez donc pas ? C’est plutôt ce qui se dit après qui vous gêne ?

Oui. En tout cas, à partir de ce jour-là, j’ai arrêté de regarder les réseaux sociaux. Et je m’en porte très bien (rires).

De l’extérieur, on se demande parfois comment font les politiques pour se protéger.

Quand vous êtes sur une loi, vous gardez votre cap et regardez l’essentiel. Moi je suis quelqu’un de plutôt bien dans mes baskets. J’avance. Je n’ai jamais été fragile.

Vous avez été témoin du mal-être de vos collègues ?

Il faut vivre avec son impopularité. Quand vous êtes connue et impopulaire… De toute façon vous n’allez pas changer (rires). Vous n’avez pas des idées suicidaires, alors vous apprenez. C’est la vie. Et il faut remettre ça dans le contexte : avant j’ai travaillé pour quoi ? Les jeunes en difficulté, les toxicomanes dans le 18e arrondissement, les femmes victimes de la traite humaine à la Goutte d’or… Imaginez ce que vous voyez. On voit des personnes qui se sont relevées de ces situations-là. Donc les petites misères que nous avons pu avoir par rapport à ça… On relativise. C’est ça ma psychologie, mon moteur.

Crédits photos : ABACA

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