INTERVIEW – Nouvelle Star, l’Eurovision, son fils… Jonatan Cerrada à coeur ouvert

En 2003, Jonatan Cerrada remportait Nouvelle Star. Très vite, le jeune homme se retrouve propulsé dans un tourbillon entre album, concerts, et même l’Eurovision. 19 ans après sa victoire et alors qu’il est à l’affiche d’une pièce de théâtre, il revient sur les moments forts de sa vie.

Jonatan Cerrada passait de l’anonymat à la célébrité en 2003. Cette année-là, il participe à Nouvelle Star et est sacré gagnant de cette folle aventure. Après deux albums, une participation à l’Eurovision, et plusieurs concerts, il décide de quitter sa maison de disques qui ne le soutient pas comme il le voudrait, et part vivre à Bali. D’abord décidé à ne plus faire de musique, il replonge et en profite même pour avoir le premier rôle dans un film indonésien. Aujourd’hui de retour en Belgique, auprès des siens, Jonatan Cerrada, désormais papa d’un petit garçon, paraît apaisé et se lance un nouveau défi artistique. Pour Gala.fr, il revient sur son passé, son présent et son futur.

Gala.fr : Il y a 19 ans, vous remportiez Nouvelle Star. Comment avez-vous vécu cette victoire qui soudain propulse votre vie à 1000 à l’heure ?
Jonatan Cerrada
: Tout va tellement vite et tout est tellement dingue qu’on surfe sur la vague sans trop réaliser car c’est délirant. Il m’a fallu des années pour réaliser la folie de cette aventures.

Gala.fr : À l’époque, vous n’aviez pas de réserves avant de participer au programme ?
Jonatan Cerrada
: Non. J’avais une insouciance qui me faisait foncer sans me poser de questions. Puis le casting de Nouvelle Star était présenté comme novateur, aux antipodes de la Star Academy, et où on se focalisait sur les prestations scéniques. J’y allais en me disant que ça allait être chouette.

Gala.fr : Vous remportez le jeu, vous sortez un album trois mois après. Comment celui-ci a-t-il vu le jour ?
Jonatan Cerrada
: Pendant l’émission, les candidats en demi-finale recevaient des CD chaque semaine avec plusieurs titres. On faisait notre choix, et on se faisait une liste de chansons qu’on voulait pour notre éventuel futur album. C’était un projet rapide, pas personnel, mais ça correspondait à la folie de l’aventure. Mais j’ai quand même choisi mon titre d’album. Même si les chansons n’ont pas été écrites sur mesure, j’ai décidé, et je les aimais.

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Gala.fr : Un an après la Nouvelle Star, vous représentez la France à l’Eurovision…
Jonatan Cerrada
: On me proposait beaucoup de choses après la Nouvelle Star, dont l’Eurovision. Pour moi, c’était totalement fou, je n’ai pas hésité. C’est une émission que je regardais chaque année avec mes parents en plus.

Gala.fr : En gardez-vous un bon souvenir ?
Jonatan Cerrada
: C’était génial, j’en garde de bons souvenirs, j’avais une bonne équipe. C’était une petite parenthèse, une colonie de vacances.

Gala.fr : Vous chantiez À chaque pas !
Jonatan Cerrada
: La délégation

Gala.fr : En 2005, vous sortez un album plus sombre.
Jonatan Cerrada
: C’est vrai dans la musique et dans le visuel. J’avais envie d’affirmer le côté auteur-compositeur, je voulais des chansons sur mesure. Puis j’avais grandi, j’étais plus mûre. Le côté chanteur peluche / chanteur pour adolescentes, je voulais que ça évolue.

Gala.fr : Justement. Cette étiquette n’était pas trop compliquée à gérer ?
Jonatan Cerrada
: Il y a un peu de ça, mais plus que tout, dans une vie, il y a des périodes où on se cherchent, on a envie de se transformer physiquement, tester de nouvelles sonorités musicales… La Nouvelle Star est arrivée pendant mon adolescence, donc j’ai pas pu opérer de changements, questionnement pendant ce temps-là. C’est arrivé plus tard.

« Si je restais chez Sony BMG, c’était pour rester dans un placard »

Gala.fr : Ne plus être dans une grande maison de disques, c’est aussi synonyme de liberté autant personnelle qu’artistique ?
Jonatan Cerrada
: Oui, puis plus simplement, si je restais chez Sony BMG, c’était pour rester dans un placard. Ils ne voulaient pas travailler sur un troisième album à cause de la crise du disque. Il fallait que j’attende que le terrain soit plus favorable, ou alors je reprenais ma liberté. Je l’ai reprise. Puis j’ai fait des comédies musicales après cela, donc finalement, ce n’était pas la fin.

Gala.fr : Et de mémoire, votre deuxième album n’avait pas été très soutenu mais votre maison de disques.
Jonatan Cerrada
: Pas du tout, c’est aussi pour ça que j’ai repris ma liberté. Je ne me sentais pas désiré, soutenu. Les attachés de presse étaient géniaux, mais ils ne pouvaient pas faire de miracle, car il n’y avait pas de budget alloué. Sincèrement, je pense que je n’aurais jamais signé chez Sony BMG si je n’avais pas gagné la Nouvelle Star, à contrario de Thierry Amiel ou Jean-Sébastien Lavoie qui ont été signés même s’ils n’ont pas gagnés. À l’inverse, je pense que je n’aurais pas été signé, puis on m’a toujours vu comme l’outsider de l’émission. Je n’étais pas désiré par mon label, je n’ai pas été soutenu, et c’est aussi pour ça que mon 2e album n’a pas fonctionné.

Gala.fr : Suite à tout cela, vous êtes parti vivre en Indonésie.
Jonatan Cerrada
: J’étais parti et je ne comptais pas faire de musique… Mais la nature revient au galop. Je voulais m’éloigner de ce milieu, mais je n’ai jamais cesser de composer et faire des chanson. À Bali, je voulais faire un album en anglais, et un ami m’a soumis l’idée de faire des chansons en indonésien, et le premier single a bien marché. Suite à ça, on m’a proposé des projets au cinéma, à la télé, et je suis reparti dans un tourbillon.

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Gala.fr : Avez-vous appris des choses sur vous pendant ces années ?
Jonatan Cerrada
: Oui, que ce n’était pas un milieu qui me plaisait. Je veux composer, être en studio, être sur scène, mais le jeu de la promo reste compliqué pour moi. Après, ça m’a apporté de jouer dans un film en Indonésie, où j’avais le rôle principal. Cette expérience m’a beaucoup plus, et à différents niveaux.

Gala.fr : Vous êtes revenu vivre en Belgique. Qu’est-ce qui vous a poussé à quitter l’Indonésie ?
Jonatan Cerrada
: Le Covid-19, pour commencer. Ça a rendu les choses difficiles à Bali, car les activités se sont arrêtées, les frontières ont fermé, il n’y avait plus de touristes. Et comme l’île vit essentiellement du tourisme, c’était compliqué… Puis je suis devenu papa peu avant tout cela, et je voulais que la situation était instable, et que pour mon gamin, il fallait une vie plus cadrée, plus normale, rentrer aux sources. Puis ça permet à mon petit garçon de lui offrir une vie avec ses oncles, ses tantes, ses grands-parents. Cette vie me manquait déjà, mais le Covid a été l’accélérateur.

Gala.fr : Vous êtes actuellement à l’affiche de la pièce de théâtre Hasta La Vista.
Jonatan Cerrada
: J’ai déjà fait du théâtre musical, mais jamais du théâtre. J’aime les nouvelles expériences. Le projet a démarré fin avril, bien que retardé. Nous sommes une super équipe, c’est une pièce très drôle, et ça m’a permis de croiser des gens que je n’aurais sans doute jamais rencontré.

Gala.fr : Pour jouer dans cette pièce, vous allez devoir laisser votre fils quelques jours…
Jonatan Cerrada
: Oui… C’est le seul point qui va être un peu difficile. Ca va être chaud, mais je vais prendre sur moi et gérer cela du mieux que je peux.

Crédits photos : Jack Tribeca / Bestimage

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