INTERVIEW – Oli et Raphaël de Casabianca (Rendez-vous en terre inconnue) : « Les Vezo nous ont offert une belle leçon de vie »

Dans ce nouveau numéro de Rendez-vous en terre inconnue, diffusé ce mardi 14 juin sur France 2, Raphaël de Casabianca et Oli sont partis à la rencontre du peuple Vezo, un peuple de pêcheurs de Madagascar. L’animateur et le rappeur sont revenus sur cette expérience riche en émotions pour Gala.fr.

A propos de


  1. Raphaël de Casabianca

Une aventure hors du commun. Pour ce nouvel épisode de Rendez-vous en terre inconnue, diffusé ce mardi 14 juin sur France 2, Raphaël de Casabianca a entraîné le rappeur Oli à la découverte de la côte sud-ouest de Madagascar. Pendant trois semaines, l’animateur et le jeune Toulousain ont découvert le quotidien des Vezo, un peuple emblématique de pêcheurs qui bravent les eaux tumultueuses du canal du Mozambique. Fan de la première heure de cette émission, le membre du groupe Big Flo et Oli a ainsi réalisé son rêve. Sept mois après le tournage, Raphaël de Casabianca et Oli ont accepté de répondre aux questions de Gala.fr. Confidences.

Gala.fr : Comment vous êtes-vous vous retrouvé dans Rendez-vous en terre inconnue ?

Oli : C’est une histoire assez marrante. Je suis fan de l’émission depuis tout petit. C’est même devenu un rendez-vous familial. Un jour, lorsque je participais aux Etoiles du Parisien, j’ai croisé Fréderic Lopez et Raphaël de Casabianca. Je suis allé les voir en leur disant que j’étais admiratif de leur parcours et que j’étais un fan de la première heure de cette émission. Nous avons échangé nos numéros et ils m’ont ensuite proposé de partir. C’était un rêve pour moi d’y participer.

Raphaël de Casabianca : J’ai trouvé la démarche fantastique, sincère et très authentique. Il avait un vrai intérêt. Puis en novembre 2021, j’ai reçu un message d’Oli dans lequel il me disait qu’il était prêt. Je me suis dit : « Banco ». Je savais qu’il était en pause après sa tournée. Avec toutes les équipes, nous avons donc fait en sorte que cela devienne possible.

Gala.fr : Ce n’était pas trop dur de vivre cette aventure sans votre frère Big Flo ?

Oli : En théorie, c’était très dur. C’était la première fois que nous étions séparés aussi longtemps. C’était assez troublant de ne pas pouvoir lui expliquer tout ce que je vivais. Puis en pratique, ça a été assez naturel. Il m’a laissé cette chance de vivre pleinement cette expérience. Pour une fois, j’étais moins son petit frère ou un des membres du duo. J’étais vraiment Olivio ou Oli. Humainement, ça m’a fait du bien.

Gala.fr : Qu’elle a été votre première réaction lorsque vous avez fait la rencontre de Célestin, Germain et Zome ?

Oli : J’avais un peu d’appréhension. J’avais peur de mal réagir. J’ai donc essayé de me mettre à leur place et de savoir ce qu’ils pensaient de nous. Et puis, ils nous ont très vite rassurés en nous faisant quelques blagues. Il y avait une bienveillance qui m’a très vite mis à l’aise.

Départ pour un nouveau voyage en Terre Inconnue avec Oli @bigfloetoli !#rendezvousenterreinconnue #bigfloetoli #rdveti #francetelevisions #france2 pic.twitter.com/xD798rDmEI

« Chaque aventure est unique »

Gala.fr : Et vous Raphaël, est-ce que la magie est toujours la même que lors de vos précédents voyages ?

Raphaël de Casabianca : Chaque aventure est unique. Ça paraît un peu cliché mais c’est pourtant vrai. On ne sait jamais comment ça va se passer. C’est purement humain. Je trouve cette matière-là fantastique surtout quand on est en contact avec des peuples à qui on ne donne pas forcément la parole. Le simple fait de s’intéresser à eux crée quelque chose de nouveau et de très fort. J’éprouve le même plaisir et la même envie d’aller écouter le cœur de l’homme.

Gala.fr : Vous révéliez être tous les deux dans la même galère. Vous souffrez du mal de mer. Comment avez-vous fait pour surmonter cela ?

Oli : C’était le petit enjeu de mon séjour. Leur respect et leur bienveillance nous ont poussés à dépasser ce mal. Avec le temps, ça allait mieux. À la fin, nous étions devenus des vrais pêcheurs (il rit).

Raphaël de Casabianca : Très honnêtement, il y avait des moments où nous n’étions pas très bien. Ça dépendait beaucoup de la chaleur et du temps passé sur l’eau. Et puis, il y a quelque chose de très psychologique. On avait à cœur de montrer à nos hôtes qu’on pouvait tenir la barre.

Gala.fr : Comment vous êtes-vous acclimatés à ce nouveau quotidien ?

Raphaël de Casabianca : Déjà, Oli se couche à 4H du matin et se lève à 11H. Il a vécu au rythme des éléments. (il rit) En fait, nous avons vécu selon leur rythme et leurs attentes. L’adaptation s’est faite aussi facilement grâce aux rencontres et à l’humanité.

Oli : Je crois que Raphaël m’a appris le mot « matin » (il rit). Nous n’avions pas le choix. Nous n’allions pas imposer nos règles. J’étais tellement heureux de vivre cette aventure d’apprenti Vezo que je me suis très vite adapté. J’étais surpris de me coucher à 20H et de me lever à 6h pour aller en mer à 8h.

Gala.fr : Lors de votre séjour, vous avez été tout particulièrement touchés par le récit d’un Vezo victime du cyclone Ernest en 2005.

Oli : C’était l’une des premières fois de ma vie où je me suis retrouvé sans voix. J’étais très touché par le récit de ce drame. Heureusement que Raphaël était là car il a su trouver les mots et poser les bonnes questions. Je suis redevenu un enfant timide. J’avais peur de le froisser. Je ne me sentais pas légitime de réagir à son histoire. Alors j’ai préféré leur donner de mon temps et du respect à travers mon regard. Au-delà des rires et du cadre, ça nous a rappelé la réalité de leur monde et de leur vie de pêcheurs.

Raphaël de Casabianca : On ne s’attendait pas à cette discussion. On s’est rendu compte à quel point leur condition est fragile et que tout peut basculer d’une seconde à l’autre parce qu’ils sont dépendants de ces éléments qui se détractent. Cependant, ils ne sont pas du tout misérabilistes. Ils en ont fait une force. C’était vraiment un apprentissage pour eux. Ils nous ont offert une belle leçon de vie.

Gala.fr : Quel est votre meilleur souvenir ?

Oli : Le tout début de l’aventure avec la découverte de l’île. Je nous revois, Raphaël et moi, sur la pirogue. On voyait se dessiner l’île au loin. Se retrouver face à une famille de l’autre bout du monde restera mon plus beau souvenir.

Raphaël de Casabianca : Il y en a plein mais un moment m’a marqué plus que d’autres. En compagnie des femmes Vezo, nous avions creusé dans le sable à la recherche d’eau. J’ai pris conscience du délire que c’est d’ouvrir le robinet. J’espère que cette prise de conscience résonnera également auprès de nos téléspectateurs.

« Raphaël est le meilleur animateur de colo que j’ai pu avoir »

Gala.fr : Vous avez écrit une chanson dans laquelle vous disiez que vous n’aimiez pas les au revoir. Comment avez-vous vécu ce départ ?

Oli : C’était très riche en émotions. J’ai pleuré hors caméra. J’étais bouleversé. Ça fait partie du jeu. Ce n’est pas facile de les quitter sans trop savoir ce qu’ils deviennent. On aimerait être une petite souris pour voir comment ça se passe. Mais je m’y étais un peu préparé.

Raphaël de Casabianca : Ce ne sont pas des au revoir mais des adieux. Ça change tout. Même pour les plus aguerris, c’est toujours un déchirement. Je m’accroche bien souvent à l’idée que je les retrouverai sûrement. Cette histoire nous habite toujours. C’est formidable.

Gala.fr : Qu’avez-vous retenu de ces trois semaines d’immersion au sein des Vezo ?

Oli : J’ai pris conscience de la force de la nature et de ses dangers. Cette expérience m’a permis d’ouvrir les yeux sur cette réalité. Et puis, je me suis rendu compte que nous n’étions pas si différents. J’ai retrouvé un peu de ma famille chez les Vezo. Les blagues de mon père, l’amour que j’ai pour mon frère et des moments de partage. Ça m’a énormément touché. Même à l’autre bout du monde avec des réalités et des visions différentes, on se ressemble. J’ai trouvé ça beau.

Raphaël de Casabianca : Leur fragilité et leur dépendance aux éléments naturels et météorologiques. J’ai compris que nous sommes tous liés même à l’autre bout du monde. C’est une vraie prise de conscience. Il faut protéger cette planète pour nous mais aussi pour ceux qui sont au bout de la chaîne et qui ont moins de chance que nous.

Gala.fr : Et entre vous, comment s’est passée l’aventure ?

Oli : Raphaël m’a très vite mis à l’aise. C’est le meilleur animateur de colo que j’ai pu avoir. Il m’a très vite compris. Il m’a mis en confiance. Je ne pouvais pas avoir meilleur acolyte de voyage. Nous avons beaucoup échangé sur nos vies personnelles.

Raphaël de Casabianca : Je n’ai pas du tout ressenti notre écart d’âge. La connexion s’est faite tout de suite. C’était très naturel. Je n’avais aucune crainte avant le départ.

Gala.fr : Comment s’est passé le retour à la vie normale ?

Oli : J’ai eu une bonne semaine de flottement. J’avais l’impression d’être ailleurs. J’ai mis quelque temps à retourner sur terre. Petit à petit, on reprend le cours de notre vie avec ces souvenirs. J’avais souvent eu des flashbacks. Cette aventure restera gravée dans mon cœur.

Crédits photos : Adenium TV

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