"Je vais t’égorger" : un homme abat un serveur parce que son sandwich n'arrive pas assez vite

Le procès d’El Hadji Bamba débute mardi 12 janvier 2022. L’homme est jugé pour avoir abattu de deux balles Mohamed Farès Ben Yahiaten, le serveur d’un kebab de Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) en 2019.

Restez informée

C’est une affaire sordide. Le 16 août 2019, El Hadji Bamba se rend comme à son habitude au Mistral, un kebab du quartier du Pavé-Neuf à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis). L’homme a bu. Il déclarera aux policiers avoir terminé deux bouteilles de whisky ce jour-là. Au comptoir il réclame, et que ça saute, un sandwich qu’il ne paiera pas. Si les salariés de l’établissement sont accoutumés au tempérament impatient de client atypique, ils remarquent qu’il est particulièrement énervé ce jour-là. Et pour cause, son « cheese » n’arrive pas assez vite à son goût. Ils n’ont malheureusement pas pu anticiper les évènements qui se sont déroulés par la suite et qui ont coûté la vie à Mohamed Farès Ben Yahiaten, un serveur de 29 ans. La scène est filmée sans le son par les caméras de surveillance de l’établissement qui dévoilent le récit de ce meurtre perpétré pour une histoire de kebab.

« Aujourd’hui je vais te tuer ! »

Mohamed Farès tente de calmer son client un peu agité. Comme le rapporte Le Parisien, le salarié lui propose même de lui offrir une pizza. Il ignore à ce moment qu’El Hadji Bamba dissimule une arme sous ses vêtements. Insensible à ces négociations, l’homme se met à vociférer : « Tu vas voir espèce de sale arabe, je vais t’égorger. Aujourd’hui je vais te tuer ! » La suite ne dure que quelques secondes. Le salarié du Mistral recule et tente de se protéger, en vain, d’une menace qui n’apparaît pas sur les images de vidéosurveillance. Deux coups de feu l’ont atteint, une balle a touché son aorte. Une blessure fatale. Le tireur, qui nie la préméditation, vise un autre employé pendant sa fuite, sans le blesser. Il sera interpellé quatre jours plus tard à son domicile de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne).

Un casier judiciaire lourd

Si El Hadji Bamba était bien connu des salariés du Mistral, il l’était également des services de police. 26 condamnations apparaissent sur son casier judiciaire, la plupart pour des soucis de défiance vis-à-vis de l’autorité et de trafic de stupéfiants. L’homme a un tempérament bien particulier et un langage agressif. En prison il passe 17 fois devant la commission de discipline pour des infractions au règlement intérieur. Un capitaine de police raconte que lors de sa « garde à vue pour meurtre, il réclame une cigarette sinon il ne répondra pas aux questions et offre le visage de la toute-puissance. Il ne montre aucune empathie envers la victime« . Pour El Hadji Bamba, c’est « une histoire débile » qui est arrivée à cause d’un prétendu « manque de respect » de la part de la victime. Il aurait juste voulu « lui faire peur » avec son arme, a-t-il déclaré. Un psychiatre considère que l’homme de 36 ans possède les caractéristiques « des déséquilibrés caractériels« . Un portrait que sa famille tente de peindre sous un autre jour. Une de ses sœurs raconte qu’il « a reçu une très bonne éducation« , tandis qu’une autre le décrit comme « très protecteur« . Des éloges qui auront certainement du mal à passer mercredi, lorsque la famille de la victime viendra témoigner au procès. Mohamed Farès avait quitté la Tunisie en 2017 pour rejoindre la France à bord d’une embarcation de fortune qui a coulé en Méditerranée. Le procès de son meurtre se déroulera jusqu’à vendredi 14 janvier. Pour l’heure, El Hadji Bamba reste présumé innocent jusqu’à preuve du contraire par les autorités compétentes.

Source: Lire L’Article Complet