Jean-Jacques Goldman : crimes, délits, agressions… la personnalité sombre de son frère Pierre dévoilée

L’avocat Georges Kiejman livre des confidences sur Pierre Goldman, militant d’extrême gauche et demi-frère de Jean-Jacques Goldman. Dans son livre, L’homme qui voulait être aimé (Éd. Grasset), il détaille la personnalité complexe de cet homme qu’il a défendu.

  • Jean-Jacques Goldman

Jean-Jacques Goldman, chanteur préféré des Français, est connu pour ses chansons cultes. Par contre, en ce qui concerne sa vie privée, l’artiste a toujours été très discret. Il y a d’ailleurs un sujet sur lequel il a toujours refusé de s’exprimer en public : son demi-frère Pierre. Assassiné en pleine rue en 1979, ce dernier était une figure réputée de l’extrême gauche, un militant puis un criminel. L’avocat Georges Kiejman, qui l’a défendu et a obtenu son acquittement lors de son procès pour meurtre en 1976, a écrit un livre autobiographique dans lequel il raconte cette histoire. Intitulé L’homme qui voulait être aimé (Éd. Grasset), le livre revient sur la personnalité complexe de cet intellectuel qui a marqué son époque. De ses débuts dans les mouvements étudiants à ses activités dans le banditisme, en passant par son passé de guérillero à Cuba et au Venezuela, le récit n’oublie rien de la vie romanesque de ce personnage qui l’était tout autant.

« Il avait commis une série de vols à main armée »

Les dernières années de la vie du demi-frère du chanteur sont teintées par des activités criminelles. Des vols au début, puis le procès pour le meurtre de deux pharmaciennes, tuées dans leur officine du boulevard Richard-Lenoir à Paris, le 19 décembre 1969. Georges Kiejman raconte : « De retour en France, en 1969, il avait commis une série de vols à main armée. Il était poursuivi pour plusieurs crimes et délits de droit commun : l’agression d’un payeur de cotisations familiales, deux attaques de pharmacie dont l’une suivie d’un double meurtre, un braquage au siège d’une société de mode ». C’est en 1975 que la route des deux hommes se croise lorsque Pierre Goldman fait appel à l’avocat depuis la prison de Fresnes pour le défendre. Comme le rapporte Gala, il accepte, sous les recommandations bienveillantes de l’actrice Simone Signoret. « Il me fait l’effet d’un homme plein de charme, souriant, très sûr de lui et n’ayant pas l’air embarrassé par sa culpabilité éventuelle », raconte l’avocat au sujet de leur première rencontre. « Il semble qu’il ait juré à son père – les uns disent sur les morts d’Auschwitz, les autres sur une mezouzah – être innocent », explique-t-il.

Une fin de vie tragique

Pierre Goldman, initialement jugé et condamné à la prison à perpétuité en 1974 est rejugé en 1976. Cette affaire est particulièrement marquée par deux évènements : d’abord le militant reconnaît tous les faits qui lui sont imputés à l’exception des meurtres, ensuite le soutien fulgurant et indéfectible de nombreuses figures publiques et politiques. Comme le raconte Georges Kiejman dans son livre, le père du militant était « intervenu auprès d’André Malraux, de résistant à résistant « . Il avait également demandé à l’avocat d’intercéder auprès de l’ancien ministre de la Culture et déclaré : « Je sais que vous le connaissez. Dites-lui bien que, si je ne croyais pas à l’innocence de mon fils, je ne me serais jamais permis de faire une telle démarche auprès de lui ». Ce à quoi le ministre avait répondu que tout père aurait agit de la même manière, que son fils soit coupable ou non. Lors de son second procès, Pierre Goldman est condamné à douze ans de prison pour les vols à main armée, puis acquitté des meurtres. Trois ans plus tard, il est abattu en pleine rue par deux hommes, quelques jours seulement avant la naissance de son fils Manuel. « Peut-être par un groupe de policiers d’extrême droite qui ne supportaient pas qu’il ait été acquitté », confie Georges Kiejman. À ce jour, cette seconde affaire Goldman demeure non élucidée.

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