Johnny Hallyday: son guitariste Yarol Poupaud dévoile son étonnant rituel avant de monter sur scène

Yarol Poupaud, ancien guitariste et directeur musical de Johnny Hallyday, livre mille et une anecdotes truculentes sur le rocker dans Électrique, un livre co-écrit avec le journaliste Frédéric Béghin, à paraître le 12 novembre prochain aux éditions Plon.

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Il a le cheveux hirsute, les sourcils fournis, le regard concentré, une barbe de plusieurs jours, l’air déterminé et sexy. Yarol Poupaud arbore un T-Shirt noir sur lequel s’entortillent plusieurs chaînes et des pendentifs qui ne sont pas sans rappeler ceux que portaient lui-même Johnny. La photo qui illustre la couverture d’ Électrique, le livre que le musicien Yarol Poupaud a co-écrit avec le journaliste Frédéric Béghin, n’a sans doute pas été choisie par hasard. Les fans de Johnny Hallyday le savent: le frère du comédien Melvil Poupaud a été le guitariste et le directeur musical de Johnny durant les six dernières années de sa vie et joua une dernière fois pour lui, le jour de ses obsèques, le 9 décembre 2017 devant l’église de la Madeleine. Fan d’Elvis Presley, comme lui, il détient à ce titre plusieurs secrets sur le rocker, qu’il distille avec respect et pudeur dans ce livre foisonnant et fort réussi à paraître le 12 novembre prochain, (éd. Plon, 336 p., 20 €)

Yarol Poupaud a eu une vie, avant de rencontrer celui qu’il a toujours appelé Johnny, “jamais Jojo” comme ses vieux potes. La musique l’habite depuis toujours. Il aime dire qu’il est “né à huit ans et demi, le jour de la mort d’Elvis Presley “. Il évoque ses premières grates, celle qu’il aura le plaisir halluciné de prêter à Chuck Berry pour le dépanner, les répétitions à pas d’heure, que sa mère lui laissent suivre alors que ses camarades de classe sont couchés depuis longtemps ou encore ce fier soir de novembre 1996, où la façade de l’ancien Olympia s’illumine des trois lettres FFF de son premier groupe et lui permet de décrocher la Victoire de la musique du meilleur spectacle musical de l’année en 1997.

Pour se raconter des caves de Pigalle au Stade de France, Yarol Poupaud plonge dans ses cassettes, ses disques et ses cartons dont il a exhumé une vingtaine de photos réunies dans un carnet au centre du livre. Parmi elles, celle de sa première tournée avec Johnny en 2012 ou encore à Bercy en 2013. Dans les sourires dont les deux hommes ne sont pas avares se devine une complicité au-delà des mots. Ils ont la joie en partage, mais pas les tatouages. Poupaud préfère les cordes à l’aiguille. Dieu sait pourtant que Johnny a essayé de le convaincre comme il le raconte dans un court dialogue pour le moins truculent. “Yarol, tu devrais te payer un taouage. – Pourquoi Johnny ? – Bah… Un rocker, c’est tatoué “. Et Yarol de ne pas se laisser intimider: “Ah bon ? Il en a beaucoup, des tatouages, Mick Jagger? ” Et Johnny d’insister : “Keith Richards, il doit en avoir, et lui, c’est un rocker.” Yarol Poupaud rétorque très tranquillement : “Il n’en a pas non plus. Et Elvis, il était tatoué ?” Johnny ne trouve rien à répondre, et cette histoire de tatouage tombe aux oubliettes.

Les anecdotes de ce genre fourmillent, qui font le charme et l’intérêt de ce livre. Dans le chapitre intitulé “Tu nous as rendu notre Johnny ! ” Yarol Poupaud raconte l’étonnant rituel du rocker avant de monter sur scène. D’abord il se chauffe la voix dans sa loge. “Toujours la même routine : de puissants haaaaan…WOOH ! poussés à répétition “. Puis une fois maquillé, apprêté, la métamorphose est presqu’achevée. “Reste à observer un ultime rituel”, se souvient Yarol Poupaud. Lequel vous demandez-vous ? “Juste derrière la scène, l’attend son fauteuil, une espèce de siège en toile de réalisateur de cinéma. Assis les jambes écartées, tête baissée, coudes sur les genoux. Immobile et silencieux au milieu des musiciens et techniciens survoltés, bien obligés de se taire et de se figer”. Cela dure deux minutes, cinq minutes, parfois plus, c’est Johnny qui décide. C’est l’adjectif “magique” que choisit Yarol Poupaud pour décrire cet instant durant lequel le temps s’arrête. Eh oui, on veut bien le croire, que c’était magique.

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