Julie Douib : retour sur le féminicide qui a marqué la France

Le 3 mars 2019, Julie Douib était assassinée par son ancien compagnon. Elle m’a sauvée, un film bientôt diffusé sur M6, revient sur cette tragédie qui a marqué l’histoire des féminicides en France.

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Julie Douib est la victime du trentième féminicide de l’année 2019. Trentième sur les 146 qui ont été perpétrés cette année là. Pendant douze ans, elle vit dans la violence aux mains de son compagnon Bruno Garcia-Cruciani. Le couple se sépare en septembre 2018, mais la cadence ne se calme pas pour autant. L’homme l’épie et la traque. La jeune mère de famille vit dans la peur. Six mois plus tard, le 3 mars 2019, il se rend à son domicile de L’Ile-Rousse (Haute-Corse) et l’abat avec une arme qu’il avait pris le soin d’équiper d’un silencieux. Pour cet assassinat, il est condamné par la cour d’assises de Haute-Corse, à Bastia, le mercredi 16 juin 2021, à la réclusion criminelle à perpétuité (assortie d’une peine de sûreté de vingt-deux ans). Une affaire qui agite l’opinion publique et déclenche le Grenelle contre les violences conjugales, qui s’est tenu du 3 septembre au 25 novembre 2019. Une série de discussions mises en place par le gouvernement afin de trouver des solutions efficaces pour lutter contre le fléau des violences faites aux femmes.

« Elle me disait qu’elle était son otage »

L’histoire de Julie Douib a été déroulée par ses proches lors du procès de son meurtrier qui s’est tenu la semaine du 10 juin 2021. Ses amis et sa famille ont raconté à la barre le calvaire que la jeune femme a vécu au sein de son couple. Son amie Roselyne raconte les humiliations, les insultes, les interdictions et les coups. « Julie me répétait : ‘Il va me tuer' », raconte-t-elle à la barre, selon des informations rapportées par Le Figaro. La mère de la victime, Violette Douib, se souvient d’avoir pensé en rencontrant le compagnon de sa fille qu’elle « avait trouvé son prince charmant ». Une impression qui s’estompe lorsque Julie lui confie qu' »il la poussait, la giflait, lui tirait les cheveux, souvent devant leurs deux garçons ». « Elle me disait qu’elle était son otage », explique-t-elle. La veille du drame, le 2 mars, Bruno Garcia-Cruciani dine en famille et semble normal. Puis il est aperçu par Julie Douib dans des buissons près de chez elle. Le lendemain matin il démarre sa voiture et revient chez lui, le visage tâché de sang. Son ex-compagne git sur son balcon où elle déclare à une voisine venue à son secours : « Il m’a tuée », avant de mourir.

« Il y a eu défaillance dans le système »

Sa fin, Julie Douib l’avait prédit. Elle avait dit à Roselyne « que si elle disparaissait, il fallait aller la chercher dans les fondations de la maison ». Elle s’était également rendue à plusieurs reprises au commissariat pour déposer plainte et de multiples mains courantes, pour violences, injures, mais aussi dégradations et vols. Dans des propos relayés par La Dépêche, Lucien Douib, le père de Julie, affirme qu' »il y a eu défaillance dans le système, dans le manque d’écoute« . Pour Marlène Schiappa, à l’époque secrétaire d’Etat à l’Egalité hommes-femmes : « Elle n’a pas été suffisamment protégée« . Justice, Julie Douib l’a obtenue deux ans après sa mort. Au procès de son ancien compagnon, la présidente Véronique Maugendre et le jury sont convaincus de la préméditation du geste de l’accusé. Comme le rapporte Le Monde, elle s’est adressée à Bruno Garcia-Cruciani en ces termes : « Il y a un risque de réitération des faits et vous n’avez exprimé aucun regret ». À l’issue du procès, l’ex-compagnon et père de leurs deux enfants, a écopé de la peine maximale. Une peine rare, devenue symbolique dans la lutte contre les violences conjugales. Cette histoire tragique de féminicide va être portée à l’écran dans Elle m’a sauvée, un long-métrage bientôt diffusé sur M6.

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