"Le confinement a été un soulagement" : Marion Cotillard se confie sur une année particulière

Dans une interview accordée au magazine Harper’s Bazaar, l’actrice se confie sur son printemps confiné, qui lui a permis de passer du temps avec sa famille. Et revient sur son enfance, sa vocation d’actrice, et ses engagements.

Cette année, elle aurait dû présenter un film à Cannes, en mai. Mais ce printemps, Marion Cotillard l’a passé chez elle, avec son compagnon, Guillaume Canet, et ses enfants. Confinée dans une maison du sud de la France, l’actrice explique dans les colonnes du Harper’s Bazaar avoir tiré parti de ce moment suspendu : «J’ai trouvé cette période très intéressante. Il y avait quelque chose de l’ordre du soulagement dans le fait que tout le monde soit enfermé, et que le temps s’arrête. Je me suis sentie vraiment connectée au reste du monde, et je pense qu’il en a été de même pour de nombreux êtres humains.»

Marion Cotillard en a profité pour passer davantage de temps avec Marcel, 9 ans, et Louise, 3 ans : «J’ai fait beaucoup de cuisine, j’ai passé quasiment tout mon temps avec eux. C’était génial, c’était un cadeau, et c’était le côté positif des choses.»

En vidéo, Marion Cotillard fait don d’un objet personnel pour la tombola Stars Solidaires

Actrice et engagée

La nouvelle égérie du parfum Chanel n°5 n’en a pas pour autant oublié le reste du monde ni «ce qui se produisait socialement, et au niveau de l’environnement». En janvier, Marion Cotillard est montée à bord du navire de Greenpeace, l’Arctic Sunrise, en Antarctique pour appeler à la protection des océans. Et en a ramené des images qu’elle a partagées en nombre sur son compte Instagram.

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Last part of @greenpeace mission #poletopole is Antarctica. I am part of the adventure as an observer and spoken person. What I see is fascinating and deeply moving. I will be posting here all the beauty and interesting things I witness. if you want to know more about the purpose of the mission there is a link in my bio it is in French though but I will be posting a international link tomorrow. L’Antarctique est la dernière phase de la mission #poletopole menée par @greenpeace depuis un an. Je fais partie du voyage en tant que témoin et ambassadrice. Ce que j’observe est fascinant et profondément remuant. Je vais poster ici la beauté et les choses intéressantes que j’y vis. Si vous voulez en apprendre plus sur la mission un lien est dans ma bio. @greenpeace @greenpeace_france #ProtectTheOceans #PoletoPole #ArcticSunrise #Greenpeace 📷 @abbiets

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Dans l’interview accordée au magazine britannique, elle se souvient de la vie à bord, «très profonde et intense… riche de conversations. Mais nous avons constaté le déclin des populations de pingouins, et la présence de plastique à des endroits où l’homme ne va jamais, c’était très dérangeant. Tout ce voyage, d’un pôle à l’autre, avait pour but d’essayer d’ouvrir les yeux du public sur ce qui pourrait se passer si nous n’établissons pas des règles pour ces endroits. (…) Et quand je suis revenue, nous n’étions qu’à une ou deux semaines d’une crise différente.»

Engagée pour la défense de l’environnement depuis toujours, Marion Cotillard a produit un film, Bigger Than Us, destiné à mettre en lumière de jeunes activistes autour du monde. Agés de 18 à 25 ans, ils s’élèvent contre les mariages forcés, travaillent pour les migrants, œuvrent à bannir le plastique, ou ont créé un journal dans une favela. «Si je l’avais vu quand j’étais enfant, note l’actrice, cela m’aurait donné beaucoup d’énergie pour défendre ce que je pense être juste.»

Une enfant “étrange”

Aurait-elle, pour autant, voulu embrasser elle-même une carrière d’activiste ? «Je n’aurais pas pu dédier ma vie au combat, reconnaît-elle. Je suis très impressionnée par les gens qui se battent tous les jours pour attirer l’attention, ouvrir les yeux des gens, défendre des causes. Mais je serais trop triste. J’ai besoin d’être créative.»

Une prise de conscience que Marion Cotillard, elle-même fille d’une actrice et d’un metteur en scène, a eue lorsqu’elle était enfant, en colonie de vacances : «Nous avons monté une pièce et quelque chose m’a secouée. Je jouais une vieille domestique, et la réaction du public, les gens qui riaient et venaient me voir ensuite… C’est la première fois que j’ai senti que ce serait ça, ma vie.» Une libération pour celle qui dit avoir été une enfant «étrange», qui «se détestait». «J’étais plus que timide. J’étais socialement dérangée. Je ne comprenais pas les comportements des êtres humains… Je crois que c’est pour cela que je suis devenue actrice. Parce que j’avais besoin de comprendre.»

À bientôt 45 ans, l’actrice oscarisée en 2007 pour La Môme sera visible, l’année prochaine, dans Annette de Leos Carax. Puis plus tard dans The Brutalist, de Brady Corbet et Astérix & Obélix : l’Empire du Milieu, réalisé par Guillaume Canet (qui interprétera le Gaulois aux moustaches blondes), dans lequel elle tiendra le rôle de Cléopâtre. Si elle dit se sentir de plus en plus «en accord avec elle-même, dans ses relations et avec le monde», elle reconnaît que le passage des années reste «déstabilisant» pour un acteur : «On se voit de très près, on voit les changements, et je n’aime pas ça. Il va falloir travailler à l’accepter… Mais c’est comme ça.»

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