Léa Seydoux et Maud Wyler, Guillaume Gallienne et Marina Hands… Ils racontent leurs plus belles histoires d'amitié

Ils se sont connus avant d’être connus. Ces cinq duos composés d’actrices, d’acteurs, de créateurs, de chanteur… n’ont rien de factice. Amis de longue date, fidèles et inconditionnels, ils évoquent ces liens qui les unissent en coulisses.

Guillaume Gallienne & Marina Hands, acteur-réalisateur et actrice : “Nous sommes des compagnons de déroute !”

Guillaume Gallienne & Marina Hands, acteur-réalisateur et actrice.

Comment est née votre amitié ?
Marina Hands.
– Dès notre rencontre au Conservatoire, nous avons développé une complicité immédiate. J’étais en première année, Guillaume en deuxième, et il avait déjà une réflexion sur l’art et le monde du théâtre qui m’attirait. Entre nous s’est tissé un lien d’une profondeur qui était autre chose que les petits copinages de cours.
Guillaume Gallienne. – Avec Marina, je me suis tout de suite senti légitime, et comme nous sommes tous les deux anglophiles, nous avions un langage à nous. Notre co-culture britannique et l’humour anglais nous ont réunis.

Quelle est votre définition de l’amitié ?
M. H.
– Nous avons toujours des grandes conversations durant lesquelles nous dressons des bilans, avec nos joies et nos peines. Il y a une générosité d’échange rare.
G. G. – Nous sommes tellement fidèles que nous n’avons pas besoin de nous voir souvent. Marina est extrêmement intelligente et intuitive, et vous cerne à toute vitesse. On ne s’appelle pas forcément quand ça va mal, mais nous sommes des béquilles l’un pour l’autre.

Quand avez-vous le plus besoin de l’autre ?
M. H.
– Nous sommes des compagnons de déroute ! Malgré la chance que nous avons de pouvoir jouer, nous avons aussi expérimenté des périodes de solitude, de doute et de cruauté auxquels on peut être confronté dans ce métier. Dans ces moments, je sais que Guillaume me sort la tête de l’eau en une phrase, et on finit par en rire.
G. G. – Il y a des moments où j’ai uniquement besoin de Marina. Avec elle, je peux dire que je n’ai pas envie de monter sur scène, par exemple, et elle me rassure. Je suis si heureux qu’elle nous rejoigne à la Comédie-Française et que nous jouions mari et femme dans Le Malade imaginaire.

Le Malade imaginaire, mise en scène Claude Stratz, à partir du 30 octobre, au Théâtre Marigny, à Paris.

Vincent Delerm & Emmanuel Noblet, chanteur et acteur-metteur en scène : “On aurait pu être amis d’enfance”

Vincent Delerm & Emmanuel Noblet, chanteur et acteur-metteur en scène.

Comment est née votre amitié ?
Vincent Delerm.
– Dans une voiture ! J’étais dans une troupe de théâtre amateur à Rouen, Emmanuel faisait de l’improvisation. Il m’a ramené un soir du campus où nous étions étudiants. On a vite compris que nous avions les mêmes rêves et beaucoup de choses en commun.
Emmanuel Noblet. – … Y compris des trucs totalement démodés pour les garçons de 20 ans que nous étions, comme une passion commune pour Fernandel. Ce jour-là, on a réalisé qu’on aurait pu être amis d’enfance. Vincent se distinguait aussi par sa créativité, il avait un groupe et écrivait déjà ses chansons. J’aimais le fait qu’il assume sa sensibilité, et je me suis tout de suite dit que s’autoriser à être qui on est était la meilleure façon de grandir.

Quelle est votre définition de l’amitié ?
V. D.
– L’amitié porte le prénom de mes amis. Mais je n’ai pas le chromosome de l’amitié au départ. Enfant, mes parents insistaient pour que j’invite des copains, alors que j’étais très à l’aise dans ma bulle. Aujourd’hui, j’aime le temps passé, le fait d’avoir été témoin d’une époque avec mes amis. Emmanuel m’a tout de suite encouragé dans l’idée que ce que je faisais était bien.
E. N. – Vincent n’est pas l’ami que je vois le plus, et cela n’a aucune incidence sur le lien qui nous unit. Je le retrouve à travers sa voix, une photo ou une attention qu’il m’envoie.

Quand avez-vous le plus besoin de l’autre ?
V. D.
– Je suis très constant, mais quand j’ai commencé à avoir du succès, j’étais moins disponible. Emmanuel a joué un rôle important, il faisait le lien avec le reste de la bande de Rouen.
E. N . – Quand Vincent me manque, je le lui dis, ou je l’écoute dans ma voiture. Du coup, chacun de ses albums rythme ma vie. Et le temps n’altère ni mon émotion à l’entendre chanter ni notre lien d’amitié.

Vincent Delerm reprend sa tournée et sera le 16 octobre à l’Olympia, à Paris. Emmanuel Noblet joue dans Zaï zaï zaï zaï , de Fabcaro, mise en scène de Paul Moulin, en tournée actuellement. Et met en scène Le Discours , de Fabcaro.

Maud Wyler & Léa Seydoux, actrices : “On s’est choisies”

Maud Wyler & Léa Seydoux, actrices.

Comment est née votre amitié ?
Maud Wyler.
– Il y a dix ans, sur le tournage du film d’Amos Gitaï Roses à crédit (2009). Le réalisateur s’est amusé de notre complicité presque immédiate, et il en usait pour tordre certaines scènes vers plus de liberté.
Léa Seydoux. – L’originalité, l’insolence et le côté irrévérencieux de Maud m’ont tout de suite plu, comme sa grande gentillesse et son intelligence. Elle perçoit les choses dans toute leur complexité et il y a chez elle une rigueur que j’aime beaucoup. Maud me touche car j’ai rarement rencontré une personne si singulière dans ma vie. D’ailleurs, elle a toujours été un curseur : nous faisons régulièrement des bilans de nos vies et comme nous avons presque le même âge, il nous arrive de traverser des choses similaires, comme le bonheur de devenir mère.

Quelle est votre définition de l’amitié ?
M. W.
– C’est de l’amour platonique. J’ai une mission de bienveillance et de vérité envers Léa. C’est une amie passionnante, exigeante et tendre.
L. S. – C’est une histoire d’amour sans fin. On s’est choisies avec Maud. Je suis très fidèle en amitié, mais j’ai une forme d’exclusivité quand je suis avec une amie. Je préfère l’intimité du tête-à-tête pour ne pas me disperser.

Quand avez-vous le plus besoin de l’autre ?
M. W.
– Dans les moments les plus simples, faussement creux. Dans les heures qui passent. Dans le vide vertigineux.
L. S. – Toujours ! Je pense que c’est vraiment quelqu’un dont j’ai besoin. Mais peut-être encore plus lorsque je vis des coups durs. Maud m’apporte beaucoup de joie. Je ne la vois pas comme une actrice, et quand il nous est arrivé de rejouer ensemble dans un film de Benoît Jacquot, nous étions très timides l’une envers l’autre, car nous redécouvrions la personne aimée dans un contexte exposé. J’ai été très fière d’être sa marraine pour la soirée des Révélations aux César et plus heureuse de cette distinction que si cela avait été pour moi !

Maud Wyler tourne Voltaire, mixte pour Amazon Prime Video. Léa Seydoux est à l’affiche de Mourir peut attendre, sortie le 11 novembre.

En vidéo, “Mourir peut attendre”, la bande-annonce

Emma de Caunes & Léa Drucker, actrice-réalisatrice et actrice : “C’est une sorte de lien éternel”

Emma de Caunes & Léa Drucker, actrice-réalisatrice et actrice.

Comment est née votre amitié ?
Léa Drucker.
– Mon premier souvenir remonte à une rencontre chez Emma, à Paris, dans le XIIe, où nous étions voisines. Elle était très exposée à ce moment-là et cela m’impressionnait un peu. J’aimais son côté aventurier : quand on se retrouvait, on ne savait pas ce qui allait se passer dans la soirée, ni qui on allait croiser. Surtout, on partage le même goût de la danse et de la musique.
Emma de Caunes. – Je me souviens de nos fiestas au Baron, au Paris Paris… On adorait Prince, on dansait sur du hip-hop. J’ai vu évoluer Léa comme actrice, je n’ai raté aucune de ses pièces. Elle m’inspire depuis toujours, car elle surprend en n’étant jamais là où on l’attend.

Quelle est votre définition de l’amitié ?
L. D.
– Une relation où l’on peut se permettre de ne pas se voir pendant longtemps car lorsqu’on se retrouve, le fil reprend où il s’était interrompu. C’est une sorte de lien éternel. Je ne suis pas une amie parfaite, car je suis solitaire alors qu’Emma a ce côté latin très sociable.
E. C. – L’amitié n’est pas quelque chose qui s’entretient, mais certaines épreuves comme de perdre notre ami Philippe Zdar poussent à regarder dans le rétroviseur et à voir ceux qui restent. Léa et moi sommes fidèles, toujours présentes quand l’autre en a besoin.

Quand avez-vous besoin le plus de l’autre ?
L. D.
– Emma a toujours été encourageante et le fait qu’elle me suive de pièce en pièce est un signe de respect et de soutien précieux. Elle est devenue un repère.
E. C. – Nos carrières ont évolué de manière opposée. Les rôles me sont tombés dessus tout de suite alors que Léa est arrivée à force de travail à décrocher de grands rôles. Mais elle a toujours été là dans les moments importants.

Emma de Caunes joue dans Claire Andrieux, d’Olivier Jahan, le 9 octobre sur Arte, et va réaliser une série. Léa Drucker joue dans C’est la vie, de Julien Rambaldi, sortie le 30 décembre.

Julien Dossena & Natacha Ramsay-Levi, créateur et créatrice de mode : “L’amitié est plus forte que l’amour”

Julien Dossena & Natacha Ramsay-Levi, créateur et créatrice de mode.

Comment est née votre amitié ?
Julien Dossena.
– Nous nous sommes connus en 2008 chez Balenciaga, aux côtés de Nicolas Ghesquière (alors directeur artistique de la marque, NDLR).
Natacha Ramsay-Levi. – Notre amitié a commencé lors d’un voyage professionnel à Los Angeles. Nous étions alors obsédés par notre travail, on ne parlait que technique !

Quelle est votre définition de l’amitié ?
J. D.
– J’aime la liberté de choix qu’offre l’amitié. Il n’y a aucune projection, aucune limite à la bienveillance. Il y a aussi une notion de compréhension et de confiance qui est très forte. Natacha fait partie des rares personnes avec lesquelles je peux partager tous les aspects de ma vie. Nous aimons nous retrouver tous les trois, avec Nicolas Ghesquière, parce qu’on a besoin de cette intimité et de cette protection avant de nous ouvrir aux autres.
N. R.-L. – L’amitié est plus forte que l’amour. C’est étrange, on accepte tout de ses amis. Il y a une espèce de tolérance qu’on n’a pas avec sa famille ou avec son amoureux. C’est très beau d’être à la fois capable d’aimer, de partager, et d’être dans l’empathie sans juger. L’amitié nous construit et nous ouvre l’esprit.

Quand avez-vous le plus besoin de l’autre ?
J. D.
– Dans les moments de vulnérabilité. C’est là que l’amitié se révèle la plus forte et la plus pure.
N. R.-L. – Pendant le confinement ! J’ai appelé Julien, j’avais besoin de lui parler. Malgré nos agendas chargés, on arrive à se voir au moins une fois par mois. Et on ne rate aucun défilé de l’un et de l’autre. Julien est génial parce que, jusque-là, mon défilé se déroulait le matin même du sien mais il répondait quand même présent. À 14 heures, j’allais voir son show, heureuse, car c’était ma sortie de Fashion Week. Puis venait celui de Nicolas qu’on allait voir ensemble et la soirée se terminait très tard !

Julien Dossena est directeur artistique de Paco Rabanne et Natacha Ramsay-Levi directrice artistique de Chloé.

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