Loi anti-IVG au Texas : Uma Thurman révèle avoir avorté quand elle était adolescente

Début septembre, le Texas a promulgué une loi interdisant l’avortement après six semaines de grossesse. Aucune exception n’est prévue en cas d’inceste ou de viol. Alors que la Cour suprême a refusé sa suspension, évoquant des « questions de procédure », le ministère de la justice américain a porté plainte contre le Texas. 

Depuis, de nombreuses personnalités dénoncent ce recul du droit à l’avortement. Pour soutenir les Texanes, le 21 septembre, l’actrice Uma Thurman a écrit un texte intime et poignant pour le Washington Post, dans lequel elle confie pour la première fois avoir eu recours à une IVG lorsqu’elle était adolescente. 

Un avortement en Europe

Dans les colonnes du Washington Post, Uma Thurman évoque d’abord avoir pris connaissance de la nouvelle loi en vigueur au Texas avec « tristesse et quelque chose qui s’apparente à l’horreur ».

Elle explique avoir écrit ce texte « dans l’espoir d’éloigner les flammes de la controverse des femmes vulnérables sur lesquelles cette loi aura un effet. » « Les opinions d’une actrice ne vous intéressent peut-être pas, mais étant donné ce nouvel outrage, je pense qu’il est de ma responsabilité de me mettre à leur place », précise la star de Pulp Fiction.  

Uma Thurman révèle avoir eu recours à un avortement à Cologne, en Allemagne, alors qu’elle débutait sa carrière d’actrice et « travaillai[t] dans un environnement où [elle était] souvent la seule enfant dans la pièce ». « À la fin de mon adolescence, je suis accidentellement tombée enceinte d’un homme bien plus âgé que moi. Je vivais en Europe, avec une simple valise, loin de ma famille, et j’étais sur le point de commencer un nouveau travail. Je ne savais pas quoi faire. Je voulais garder le bébé, mais comment ? »

Une discussion avec ses parents lui a ensuite permis de comprendre qu’il était mieux pour elle d’avorter. Elle poursuit : « Cette histoire est tellement douloureuse. C’est mon secret le plus sombre jusqu’à maintenant. J’ai 51 ans et je partage cela avec vous depuis la maison où j’ai élevé mes trois enfants, qui sont ma fierté et ma joie. »

Cette histoire est tellement douloureuse. C’est mon secret le plus sombre jusqu’à maintenant. 

Uma Thurman rappelle ensuite son bonheur d’être la mère de trois enfants : « J’ai conçu mes beaux enfants magiques avec des hommes que j’aimais et en qui j’avais suffisamment confiance pour oser mettre un enfant au monde. Je ne regrette pas le chemin parcouru. J’applaudis et soutiens les femmes qui font un choix différent. »

« La décision la plus difficile de ma vie »

La star de Kill Bill estime que son avortement a « été la décision la plus difficile de [sa] vie, une décision qui m’a causé de l’angoisse à l’époque et qui [l]’attriste encore aujourd’hui. »

Elle souligne avoir compris plus tard qu’il s’agissait de la meilleure décision à prendre : « C’était le chemin vers la vie pleine de joie et d’amour que j’ai vécue. Choisir de ne pas garder cette grossesse précoce m’a permis de grandir et de devenir la mère que je voulais et que je devais être. »

Choisir de ne pas garder cette grossesse précoce m’a permis de grandir et de devenir la mère que je voulais et que je devais être.

L’Américaine s’adresse aussi directement aux femmes, en leur livrant un message de soutien : « En révélant le trou que cette décision a creusé en moi, j’espère qu’un peu de lumière brillera à travers, atteignant les femmes et les filles qui pourraient avoir honte de ne pas pouvoir se protéger et n’avoir aucun pouvoir sur elles. Je peux vous assurer que personne ne se retrouve exprès sur cette table. »

Loi discriminatoire

Uma Thurman conclut son texte en fustigeant la loi texane : « Cette loi est un autre outil discriminatoire contre celles qui sont désavantagées économiquement (…) Les femmes et les enfants de familles riches conservent tous les choix du monde et font face à peu de risque ».

Elle pointe du doigt une loi qui « dresse citoyen contre citoyen (les citoyens peuvent porter plainte pour dénoncer la personne ayant avorté, ndlr), créant de nouveaux justiciers qui s’en prendront à ces femmes défavorisées, leur refusant le choix de ne pas avoir d’enfants dont elles ne sont pas équipées pour s’occuper, ou éteignant leurs espoirs pour le future famille qu’ils pourraient choisir. »

Puissant et plein de sororité, ce texte se termine par une note d’espoir : « À vous tous – aux femmes et aux filles du Texas, qui ont peur d’être traumatisées et traquées par des chasseurs de primes prédateurs ; à toutes les femmes indignées de voir les droits de notre corps confisqués par l’État ; et à vous tous qui êtes rendus vulnérables et soumis à la honte parce que vous avez un utérus — je dis : je vous vois. Ayez du courage. Vous êtes belles. Vous me rappelez mes filles. »

Un premier médecin texan poursuivi

Trois jours avant la publication du texte de l’actrice, un médecin de San Antonio, au Texas, a expliqué dans une tribune sur le Washington Post, avoir enfreint la loi en acceptant de pratiquer un avortement sur une patiente. 

Les faits ont eu lieu le 6 septembre. La femme était alors à son premier trimestre de grossesse, mais au-delà de la limite de six semaines fixée par le Texas. Le gynécologue-obsétricien Alan Braid écrit : « Je l’ai fait parce que j’avais un devoir de soin envers cette patiente, comme je le fais pour tous mes patients, et parce que recevoir un soin est un droit fondamental ».

Le médecin s’est aussi dit conscient des « conséquences légales » qui pourraient suivre. « Je voulais m’assurer que le Texas ne s’en tirerait pas avec sa tentative d’empêcher que cette loi manifestement inconstitutionnelle soit testée », poursuit le médecin. 

Alain Braid conclut son texte en rappelant qu’il a des filles, des petites-filles et des nièces, et qu’il « croit que l’avortement est une part essentielle des soins de santé ». « J’ai passé les 50 dernières années à traiter et aider des patients. Je ne peux pas juste m’asseoir et nous regarder retourner en 1972 (en 1973, l’arrêt de la Cour suprême Roe v. Wade a garanti le droit à l’avortement, ndlr) ».

Le 20 septembre, un habitant de l’Arkansas, ancien avocat, a porté plainte contre lui. D’après le Washington Post, l’homme dit ne pas avoir spécialement saisi la justice en raison de son opinion sur le droit à l’avortement, mais pour les 10.000 dollars de récompense qu’il pourrait recevoir si la procédure aboutit. Le même jour, une autre plainte a été déposée à Chicago.

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