Louis Bertignac : son constat sans ambiguïté sur sa relation avec Jean-Louis Aubert

Son amitié avec Jean-Louis Aubert, les tensions au sein de Téléphone, ses problèmes de drogue, ses histoires d’amour… Dans son autobiographie, Louis Bertignac n’élude rien.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous raconter à travers un livre ?

LOUIS BERTIGNAC : Ça fait un bon moment qu’on m’en parle. J’avais envie d’attendre parce que ma vie n’est pas finie. C’est Guy Carlier qui m’a convaincu.

Vous parlez de la drogue qui vous a longtemps accompagné. Sexe, drogue et rock’n’roll sont-ils vraiment indissociables ?

Beaucoup de gens qui gravitaient autour du rock se défonçaient. J’avais peur d’avoir l’air con de refuser et j’en ai pris. Le seul truc qui m’a plu, c’est l’héro. Je n’étais pas comme les autres, une petite dose me suffisait. Ça me calmait. Aujourd’hui, je le suis naturellement. Je suis un trouillard. C’est pour cela que j’ai arrêté.

Cela a pourtant été long, non ?

J’ai commencé ces trucs vers 18 ans et j’ai arrêté à 30 ans. J’ai mis huit ans à y arriver. Je voulais être un mec normal, pas un dieu, et vivre cinquante ans de plus. J’ai pris la bonne décision.

Vous revenez sur les tensions dans le groupe Téléphone entre Corine, la bassiste, votre ex-compagne, et Jean-Louis Aubert. À quoi étaient-elles dues ?

À leur caractère. Elle n’acceptait pas qu’il ne soit pas le même mec dans la vie et sur scène. Moi, je trouvais que c’était génial d’être, comme lui, capable de fédérer la foule.

«On est comme un vieux couple qui ne se surprendra plus», écrivez-vous à propos de vos relations avec Jean-Louis Aubert. Un dur constat ?

Un peu mais on s’aime toujours. On était déjà potes avant Téléphone. Il y a une grande histoire qu’on a construite ensemble.

Vous ne dites rien de désagréable mais craigniez-vous des réactions ?

J’espère que ni les membres de Téléphone, ni Carla (Bruni, ndlr) ne prendront les choses mal. Je ne veux en tout cas blesser personne. Ce n’est pas le but. Je ne veux régler aucun compte. J’ai juste raconté ma vie sincèrement.

Vous dites que Carla Bruni s’est fait refaire le nez mais lui êtes aussi très reconnaissant de vous avoir accueilli au cap Nègre avec Nicolas Sarkozy lorsque vous étiez très triste de votre séparation avec la mère de vos deux filles aînées (Lola, 18 ans et Lili, 15 ans, ndlr)…

J’avais l’impression que j’allais perdre mes filles à tout jamais, le truc le plus précieux que j’avais jamais fait, plus important que la musique. Elles n’avaient que 4 ans et 1 an. J’étais au fond du trou. Elle et Nicolas Sarkozy ont été vraiment gentils, impériaux même. Bon, ils voulaient me faire faire du sport. Au bout de vingt minutes, je n’en pouvais déjà plus !

Très peu de temps après, vous avez rencontré Laëtitia, la mère de votre fils, Jack, 5 ans !

C’était la nièce d’un des mecs qui était toujours à mes concerts. Elle en avait filmé un à ma demande. Je la trouvais mignonne. Je lui ai écrit que j’aimerais la revoir et ça s’est royalement bien passé. Ça dure encore.

*Louis Bertignac, Jolie Petite Histoire, Cherche midi éditeur

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