Madame Claude : l’histoire vraie qui a inspiré le film de Netflix avec Karole Rocher

Vendredi 2 avril 2021 Netflix diffusera Madame Claude, un biopic sur cette femme surnommée la “maquerelle de la République“. L’occasion de lever le voile sur la vie de la plus célèbre proxénète de France.

  • Valéry Giscard d'Estaing

Elle a fait couler beaucoup d’encre et a attisé de nombreux fantasmes. Elle, c’est Madame Claude, la plus grande maquerelle de France, décédée en 2015, à l’âge de 92 ans. Six ans après sa mort, un biopic à son nom, diffusé sur Netflix, s’attache à faire son portrait à la manière d’un film de gangsters.

Celle que tout le monde surnommait Madame Claude s’appelait en fait Fernande Grubet. Cette Parisienne fut à la tête d’un réseau de prostitution de luxe durant les années 1960-1970. C’est elle qui fournissait de jeunes et jolies filles (500 femmes et quelques garçons) aux plus riches et illustres hommes d’affaires ou chefs d’Etat sous la Ve République de Pompidou et de Giscard d’Estaing. Des Français, mais pas seulement puisque le Shah d’Iran et John F. Kennedy ont fait appel à ses services, pour ne citer qu’eux.

Si Madame Claude avait les coudées franches (avant d’être condamnée deux fois) c’est parce que ses “filles”, comme elle les appelait, lui rapportaient fidèlement les confidences qu’elles recueilliaient sur l’oreiller des puissants. Il lui suffisait alors de les fournir à la police qui en échange fermait les yeux. La réalisatrice Sylvie Verheyde a pris le parti de s’intéresser à la face obscure et cachée des affaires de la maquerelle qui prenait 30% de commission sur chaque rendez-vous de ses filles, quand bien même il avait mal tourné. “Il y a l’image de Mme Claude, Paris, les belles robes et les grands hôtels, le pouvoir… Ce qui m’intéressait, c’était l’envers du décor”, explique celle qui avait déjà réalisé en 2016 un film sur la prostitution, intitulé “Sex Doll“. Si le sujet contunue de l’intéresser à 54 ans, ce n’est pas un hasard : sa grand-mère et l’une de ses cousines se sont prostituées.

Un super casting

Choisie pour se glisser dans la peau de Madame Claude, Karole Rocher se réjouit d’interpréter une “gangster au féminin”. “C’est très intéressant de jouer, pour une fois, un personnage féminin qui a cette haine, cette rage qu’on attribue en général aux hommes. Un rôle amer, antipathique, sans être sexualisé, j’adore ça”, s’enthousiasme-t-elle. Dans le rôle des prostituées on retrouve Hafsia Herzi et Garance Marillier (vue dans Grave) mais aussi Annabelle Belmondo, la petite-fille de Bebel, qui n’a pas froid aux yeux. Casting de haut vol du côté des hommes avec Benjamin Biolay, Roschdy Zem ou encore Pierre Deladonchamps.

Manipulatrice, menteuse, sans empathie, ni scrupule : c’est un portrait sans concession que dresse la réalisatrice. “Madame Claude a construit sa mythologie. C’était une grande menteuse, un escroc qui disait vouloir rendre ‘le vice joli”: c’est-à-dire mettre tout ce qui est moche sous le tapis”, souligne Sylvie Verheyde. Avant de souligner toute la complexité de ce personnage haut en couleurs : “En même temps qu’un bandit qui se sert des femmes, Madame Claude est une sorte de figure d’émancipation féminine”.

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