Marine Le Pen « a bien changé »… et ça inquiète dans le camp Macron

Encore marquée par son duel raté face à Emmanuel Macron lors de la campagne de 2017, Marine Le Pen veut prendre sa revanche. Comme l’a souligné L’Opinion ce mardi 23 février, la présidente du Rassemblement accélère sa stratégie de “normalisation” en vue de 2022. Un changement de style qui inquiète dans les rangs de la majorité…

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  1. Marine Le Pen

  2. Emmanuel Macron

Marine Le Pen n’a pas dit son dernier mot. Si elle sait que les Français n’ont pas oublié son débat télévisé raté face à Emmanuel Macron, juste avant le second tour de l’élection présidentielle de 2017, elle veut montrer aux électeurs – et son principal rival – qu’elle a changé. Le 11 février, lors de son face-à-face avec Gérald Darmanin, la tante de Marion Maréchal s’est montrée étonnamment calme face à un adversaire qui n’a pourtant pas hésité à passer à l’offensive. Depuis quelque temps, la présidente du Rassemblement National, aidée de plusieurs conseillers politiques, tente d’accélérer sa stratégie de “normalisation”, bien décidée à conquérir l’électorat de droite. Comme le souligne L’Opinion dans son édition du mardi 23 février, Marine Le Pen défend désormais à tout va “les libertés publiques ou les valeurs de la République.” “Elle a bien changé”, persifle-t-on dans un cabinet ministériel, selon des propos rapportés par nos confrères. Au sein de la majorité, ce changement de style ne passe pas inaperçu. Pire, il inquiète…

Si l’entourage du président de la République refuse toujours del’installer en opposante numéro 1d’Emmanuel Macron, il reconnaît toutefois que la Marine Le Pen d’aujourd’hui est différente de celle d’hier. Lors du débat avec le ministre de l’Intérieur, ils sont plusieurs à avoir remarqué son changement d’attitude, qui pourrait bien desservir l’actuel chef de l’État : Elle était tout en chocolat, pas du tout excitée”, note l’un des conseillers de l’Élysée, selon des propos rapportés dans la newsletter de Politico. Et un autre de renchérir dans les colonnes du Figaro : “Elle a dû changer d’entourage, c’est pas possible ! En tout cas, ici, elle nous impressionne.

Un changement de style qui n’est pas sans conséquences

Un renouveau dont l’intéressée se félicite, repérant que celui-ci a un impact positif sur son parti. “La diabolisation de notre mouvement s’est arrêtée“, glisse-t-elle auprès du quotidien national. “On trouve encore quelques outrances dans la bouche de concurrents politiques, mais plus dans la population française. Ni même dans les médias. Sur les marchés, il est plus facile d’être militant RN qu’En marche ! aujourd’hui.”

Si cette “normalisation” peut profiter à la patronne du Rassemblement National, qui espère convaincre un plus large électorat, elle pourrait, à contrario, refroidir ses troupes les plus fidèles. “Il y a beaucoup de choses que Marine ne dit plus. On est dans une zone grise où on lisse un peu tout”, observe, perplexe, un dirigeant du parti de Marine Le Pen, qui s’inquiète de voir partir les électeurs historiques : “Les gens aiment qu’elle dise tout haut ce que tout le monde pense tout bas. On va démobiliser nos propres troupes !”, s’inquiète-t-il dans les pages de L’Opinion.

La candidature de Marine Le Pen prise au sérieux

Quoi qu’il en soit des stratégies et autres surprises en vue de 2022, la candidature de Marine Le Pen est désormais prise au sérieux. Selon un sondage Harris Interactive pour CommStrat, dévoilé par L’Opinion le 25 janvier dernier, la fille de Jean-Marie Le Pen est donnée en tête au premier tour, devant l’actuel chef de l’Etat. Au second tour, Emmanuel Macron l’emporterait à 52% des voix, contre 48% pour la candidate du Rassemblement National. Pour assurer sa réélection, Emmanuel Macron sait qu’il n’a pas le droit à l’erreur et continue de peaufiner sa stratégie en coulisses.

Crédits photos : JB Autissier / Panoramic / Bestimage

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