Mon Eddie (Van Halen) à moi

Eddie, c’était ce premier riff, presque un cri primal pour l’amateur de hard rock que je commençais à être ; ce riff qui introduit « You Really Got Me », une reprise sacrément secouée du tube des Kinks, sortie dans le premier album de ce groupe bizarre formé de deux frères néerlandais, Edward et Alex Van Halen, et de cet éphèbe au poitrail velu et à la chevelure blonde dégoulinant jusque dans son dos, David Lee Roth.

Eddie, c’était ce guitariste forcément déchaîné, en tout cas dans mon imagination, que je tentais d’imiter lorsque, avec avec mon grand frère et un copain, on rejouait avec des manches à balai les guitares et une caisse de lessive la batterie les titres de Van Halen en poussant au maximum le volume du tourne-disque.

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Eddie, c’était ce satané musicien capable de composer un morceau entier d’un seul solo de guitare, une furie instrumentale nommée « Eruption » qui figure en deuxième place sur le premier album du groupe, Van Halen. La légende dit que, sur scène, Eddie Van Halen jouait « Eruption » en tournant le dos au public, afin que personne ne puisse le copier. Ah bon, quelqu’un aurait été capable le faire ?

Virtuose du tapping

Eddie, c’était un peu comme Mark Knopfler (Dire Straits) ou Brian May (Queen), un son qu’on identifie tout de suite. Voyez, par exemple, le solo de guitare sur « Thriller » (Michael Jackson), c’était lui. J’appris plus tard que l’homme était un virtuose et l’un des pionniers du tapping, une technique qui consiste à frapper avec les doigts les cordes sur le manche pour donner un rythme de folie au son.

Eddie, c’était ce concert dans un stade aux États-Unis, quelque part dans le New Jersey, que mon correspondant américain m’emmena voir un soir d’été 1981. Eddie était là, loin, très loin des yeux, mais on ne voyait que lui tant sa présence emplissait l’espace et aimantait les regards. Sur les gradins, des banderoles à sa gloire ; sur la scène, un jeune homme, il devait avoir 25 ans, qui agitait ses longs cheveux, jouait couché, sur le dos, avec les dents, enfin, je crois. Un spectacle à lui tout seul.

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Eddie, c’était le lauréat du classement des plus grands guitaristes de tous les temps réalisé en 2012 par les lecteurs du magazine Guitar World. Et le huitième selon Rolling Stone en 2011, juste derrière Chuck Berry. Ça suffit, non ?

Eddie, c’était aussi cette pochade aux rythmes lourds qui a rendu le groupe vraiment, vraiment célèbre : « Jump », un titre qui est même devenu une sorte d’hymne de l’Olympique de Marseille? Mais bon, c’était Eddie, donc on lui pardonne.

Eddie, you really get me.

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