Mort d’Axel Kahn à l’âge de 76 ans

Triste nouvelle. Après un long combat contre le cancer, le généticien Axel Kahn est mort. C’est la Ligue du Cancer, qu’il a longtemps présidée, qui l’a annoncé sur Twitter ce mardi 6 juillet.

Il avait donné un compte à rebours. Celui-ci vient désormais de prendre fin. Comme l’annonce la Ligue du Cancer, qu’il a présidé pendant de nombreuses années, ce mardi 6 juillet sur Twitter, le généticien Axel Kahn est mort à l’âge de 76 ans des suites de son cancer, qui s’est récemment aggravé. Cette fin de vie, le célèbre scientifique l’a évoquée à maintes reprises au cours des dernières semaines. Son dernier billet “La chronique apaisée de la fin d’un itinéraire de vie”, publié le 17 juin, donnait les prémices d’une fin annoncée. “La main dans la main des miens qui seront transpercés de mon amour, moi-même nimbé de leur amour, je m’endormirai, ils me verront m’endormir”, avait-il écrit.

Travailleur infatigable, l’hématologue n’a cessé de se positionner en passeur de savoir. A coup de travaux écrits, comme d’interventions télévisées. Il a ainsi fait preuve de poigne lors de la pandémie mondiale. Encore président de la Ligue contre le cancer, il n’a pas hésité à qualifier de “désastre” le début de la campagne vaccinale. Une parole forte, qui ne relève point du faux-pas. Car en plus de 40 ans d’existence sur la scène, le généticien aura commis peu d’erreurs de langage. Une assurance qui a pu agacer, mais dont il se justifiait en janvier dernier, dans Libération.

C’est avec tristesse et émotion que la Ligue contre le cancer vient d’apprendre le décès d’Axel Kahn.

“Dans une démocratie dont on ne veut pas qu’elle soit une ‘technocratie’, il est impératif d’apporter aux citoyens les éléments qui leur permettent de prendre conscience. J’ai toujours pensé qu’il était de mon devoir d’expliquer la science, et comme j’avais un certain talent pour le faire…”, expliquait-il. Une attitude fière, vestige de son enfance ? Axel Kahn, né en septembre 1944, est en effet le fils d’un philosophe, Jean Kahn-Dessertenne.

Un homme marqué par le suicide de son père

Ce père omniprésent n’a cessé de croire en ses trois fils. Mais son suicide a durablement marqué son benjamin, destinataire d’une lettre posthume. “Sois raisonnable et humain”, pouvait-on y lire. Endeuillé, Axel Kahn, alors interne en hématologie à l’Hôtel-Dieu, a vécu un véritable “cataclysme”. Devenu père de trois enfants, le scientifique consacrera un livre à cette tragédie, Jean, un homme hors du temps, en 2017.

Les épreuves de la vie (l’un de ses frères, Olivier Kahn, est décédé à l’âge de 59 ans) ne l’ont pas empêché d’avoir des succès indéniables sur le plan professionnel. Il a accumulé les fonctions : chercheur, président de l’Université Paris-Descartes, vice-président de la Commission de génie génétique, créateur de revue scientifique, membre actif du Comité consultatif national d’éthique, ou plus récemment président de la Ligue contre le cancer. Ses travaux ont porté sur la génétique moléculaire dans le cadre des maladies héréditaires. Engagé dans de nombreuses questions de société, il est par exemple opposé au clonage reproductif comme thérapeutique.

“J’ai été intensément heureux”

De son propre aveu, Axel Kahn confessait : J’ai été intensément heureux. Marié trois fois, le scientifique est le père de trois enfants, Jean-Emmanuel, Isabelle et Cécile, et le grand-père de huit petits-enfants. Une grande famille qu’il avait préparée à sa disparition prochaine. Pragmatique, il avait remis un double des clés de son domicile à ses enfants et leur avait montré le fonctionnement de la maison. A en croire ses dernières paroles à Gala, le scientifique a pu profiter de derniers instants d’exception avec sa famille. La communion entre moi et mes enfants, qui savaient que c’était une transmission, c’était magnifique, confiait-il dans nos colonnes. Cette transmission dont il a fait un principe directeur tout au long de son existence.

Crédits photos : COADIC GUIREC / BESTIMAGE

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