Suicide de François Grenier : le claveciniste de 39 ans ne "supportait plus les annulations de concert"

Le monde de la musique est en deuil. Le 17 mars dernier, le claveciniste François Grenier a mis fin à ses jours à l’âge de 39 ans. Selon ses proches, ce dernier ne supportait plus l’annulation de ses concerts en raison de la crise sanitaire.

Les artistes sont en souffrance depuis le début de la pandémie de Covid-19. Privés de scène par précaution sanitaire, ils se plaignent d’une situation invivable. Aussi bien financièrement que moralement, et parfois au point de commettre l’irréparable. C’est le cas du claveiniste François Grenier, qui a mis fin à ses jours à l’âge de 39 ans le 17 mars dernier. Comme le révèle son amie violoniste Claire Lamquet, cette année 2021 devait pourtant être l’une des plus belles de son existence. En effet le musicien, qui était membre de l’ensemble de musique ancienne Hemiolia, avait des tournées prévues en Bolivie et au Québec. Mais les multiples restrictions sanitaires ont eu raison de sa joie de vivre. “Avec la crise sanitaire, et en particulier à partir du deuxième confinement, j’ai senti un net changement dans le comportement de François. Il avait beaucoup moins d’énergie, il était tellement triste des annulations de concert. Il ne les supportait plus“, a déploré son acolyte auprès de La lettre du musicien, dans un article relayé par Télé-Loisirs.

François Grenier avait consacré sa vie à la musique

Inquiète pour son ami, Claire Lamquet avait tenté de le revigorer en l’encouragent à préparer son avenir mais ce dernier aurait été “de plus en plus fuyant”. “Il s’était renfermé dans sa bulle, et ressassait les annulations. L’avenir l’inquiétait de plus en plus, il en avait une peur panique, car il y avait de moins en moins de report de nos concerts. Il craignait aussi que l’année blanche pour l’intermittence du spectacle ne soit pas prolongée”, a fait savoir la violoniste.

Or pour François Grenier, la musique était toute sa vie. En effet il partageait sa vie entre la direction de chœurs et la co-direction de l’ensemble Hemiolia. Un projet dans lequel il s’était investi à corps perdu. Ce qui ne l’empêchait pas d’être un très bon camarade pour tous ceux qui l’ont côtoyé : “La plupart des musiciens sont originaires du Nord, nous parlons ch’ti en répétition ! François était un joyeux luron, mais par contre à l’extérieur il pouvait être timide. C’était une personnalité ultra-sensible.” Pour honorer sa mémoire, son enterrement a donc été célébré à l’église d’Avesnes-sur-Helpe, là-même où il avait joué pour la première fois avec Claire Lamquet, en 2008.

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