Tahar Rahim : ses confessions sur l’éprouvant tournage de Désigné Coupable

Invité sur le plateau de Quotidien le vendredi 26 mars, Tahar Rami est revenu sur le tournage de Désigné Coupable et a révélé qu’il avait tenu à s’approcher au plus près des conditions dans lesquelles Mohamedou Ould Slahi a été torturé pendant plus de deux mois.

Tahar Rahim

Yann Barthès

C’est en 2009 que les cinéphiles de l’Hexagone font la connaissance de Tahar Rahim sous le traits de Malik El Djebena, le héros d’Un Prophète, le cinquième long-métrage de Jacques Audiard. Une interprétation saluée par le public et la critique puisque le jeune acteur remporte plusieurs prix dont les César du Meilleur espoir masculin et du Meilleur acteur, ainsi que le Prix Patrick Dewaere. Récemment, l’époux de Leïla Bekhti a été nommé aux Golden Globes pour son interprétation de Mohamedou Ould Slah aux côtés de Jodie Foster dans Désigné Coupable, adapté de l’ouvrage du même titre écrit par Mohamedou Ould Slah. Un rôle sur lequel il est revenu le vendredi 26 mars sur le plateau de Quotidien.

Atteindre la limite

Comme le souligne Yann Barthès, l’acteur s’est donné à 300% pour préparer ce rôle, en s’imposant notamment un jeûne, lequel l’a aidé à mieux appréhender les émotions traversées par le personnage : « Je ne sais pas si c’est chimique mais à partir du moment où on est en état de jeûne, où on mange peu, tous nos sens sont accrus (…) Tes émotions jaillissent (…) Et une fois dans cet état émotionnel très étrange et assez unique inattendu pour moi et, ce sont vos émotions qui vous guident », tout en ayant la délicatesse de préciser qu’il n’était « pas en train de faire l’apologie de ne pas manger. Il y a des gens qui ne mangent pas car ils n’ont malheureusement pas le choix. » Le présentateur lui demande alors comment il est parvenu à jouer un homme torturé. Et l’acteur de répondre sobrement : « Je ne crois pas que l’on puisse. Même si j’ai essayé d’aller au plus proche des conditions réelles de ce que Mohamedou a pu vivre, ça n’a rien à voir avec ce qu’ils vivent. Moi j’avais une équipe, je n’allais pas non plus me mettre en danger ou me blesser réellement, mais je suis allé réellement à la limite de ça ». Il détaille alors ce qu’il a choisi de s’imposer : « J’ai voulu porter les vraies menottes aux pieds, aux mains, j’ai demandé à ce que l’on baisse la température au maximum dans les cellules comme dans les vraies conditions, à faire la simulation de noyade, être forcé à manger. » Un traitement malheureusement inspiré par ce qu’a vécu Mohamedou Ould Slahi, prisonnier pendant quatorze ans au camp de Guantanamo et « torturé pendant 72 jours. Il y a qu’en étant innocent que l’on tient 72 jours » précise-t-il d’ailleurs. Il conclut son propos en rappelant une évidence : « Moi je savais qu’à la fin de la journée j’allais rentrer à l’hôtel, mais lui non. Il n’y avait pas de lendemain pour lui. »

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