Tristane Banon, une « référence » ? « J’ai porté plainte quand personne ne le faisait »

Dix-huit ans après l’agression sexuelle dont elle a été victime, Tristane Banon demande « La Paix des sexes » avec son nouvel ouvrage dont c’est le titre, et revient furtivement sur le scandale Dominique Strauss-Kahn.

En 2003, une interview programmée entre Dominique Strauss-Kahn, alors député du Val-d’Oise, et Tristane Banon, journaliste et romancière, se transformait en drame judiciaire. Dès 2006, sans donner le nom de l’accusé, et surtout à partir de 2011, où elle nomme avec clarté l’homme politique, la jeune femme a relaté cette agression sexuelle, qu’elle qualifie de tentative de viol. Si le tribunal reconnaît les faits, le parquet de Paris classe l’affaire sans suite, alors que « DSK » a seulement avoué une tentative d’embrassade. Mardi 4 janvier, Libération est allé à la rencontre de cette pionnière de la libération de la parole, qui a brisé le silence des années en amont des ères #MeToo ou encore #BalanceTonPorc. Celle qui vient de publier son dernier livre, La Paix des sexes, estime être élevée au rang de « référence » pour les victimes d’agressions sexuelles.

« J’ai toujours été ainsi : j’ai porté plainte quand personne ne le faisait« , rappelle-t-elle au journal avant de soutenir qu’il « faut transcender ce statut de victime« . Toutefois, l’essayiste étrille un certain type de féminisme agressif, dont les accusations s’étalent sur les réseaux sociaux.

Un « lynchage sans discernement » devenu commun ?

« Les mots me plaisent moins. La solidarité, et une certaine forme de sororité, dans cette version française (du mouvement #MeToo, ndlr), au lynchage sans discernement aucun« , déplore Tristane Banon. Pour elle, l’état de victime n’est nullement à prendre comme un « anoblissement » ou une « valeur ajoutée« .

Article écrit en collaboration avec 6Medias.

Crédits photos : Cédric Perrin / Bestimage

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