Violences conjugales: les victimes pourront porter plainte ailleurs qu'au commissariat

La mesure va être testée dans les prochains mois. Le ministère de l’Intérieur en a précisé les contours le mardi 12 octobre 2021.

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C’est évidemment une mesure de bon sens. Lorsqu’une femme se sent menacée, physiquement ou verbalement, il lui est souvent bien difficile de se rendre au commissariat pour porter plainte ou d’alerter la police, sans éveiller les soupçons de son partenaire violent. Aujourd’hui, les femmes victimes de violences conjugales peuvent également porter plainte directement à l’hôpital, du moins dans ceux qui le proposent. Cette disposition devrait bientôt être étendue à tout le territoire. Mais ce que propose le ministère de l’Intérieur va simplifier plus encore la démarche. Ainsi, les pouvoirs publics vont tester un dispositif permettant aux forces de l’ordre de recueillir la plainte des victimes ne souhaitant pas se rendre au commissariat. Chez une amie, un voisin, un proche, ou ailleurs, les fonctionnaires de police et de gendarmerie pourront se déplacer, à la rencontre de la victime. La mesure, annoncée par Gérald Darmanin devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, devrait fait l’objet d’une expérimentation à partir de la fin de l’année.

Un test dans plusieurs départements

« Si vous êtes une femme violentée et que vous avez choisi d’être chez votre assistante sociale, votre amie, votre maman, à la mairie et que vous avez peur du commissariat (l’accueil qu’on peut vous apporter, le regard des autres, la difficulté de rentrer dans un commissariat, ce n’est jamais évident) », alors les forces de l’ordre pourront se déplacer, a déclaré le ministre. La liste des départements concernés par l’expérimentation sera déterminée « dans les prochains jours », a précisé à l’AFP l’entourage du ministre. Pour le collectif féministe NousToutes, la question n’est pas tant celle du lieu où la plainte est prise mais par qui, et de quelle manière. Dans un communiqué titré, « les femmes victimes pourront également être mal accueillies à domicile », l’association déplore que le gouvernement en soit encore au stade des expérimentations et dénonce surtout la « prise en charge catastrophique en commissariats et gendarmeries » des femmes qui viennent y porter plainte. « Nous avons besoin que les forces de l’ordre connaissent la loi (qui prévoit obligation de prendre une plainte), l’appliquent et soient formés à ne pas mépriser ou humilier les femmes victimes de violences », ajoute NousToutes.

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