Amsterdam veut changer de type de touristes

Amsterdam réfléchit à la mise en place de plusieurs mesures visant à promouvoir un tourisme davantage tourné vers la culture.

Amsterdam est probablement l’une des villes européennes les plus plébiscitées pour l’organisation des enterrements de vie de garçon. Des touristes qui sèment le trouble dans la capitale néerlandaise, plus intéressés par le Quartier Rouge et les coffee shops que par les monuments classés, les musées et l’art de vivre du pays.

Des nuisances répétées

Déjà en juin 2020, lors de la réouverture des frontières européennes, plusieurs associations de résidents du quartier historique d’Amsterdam sonnaient la sonnette d’alarme et réclamaient à la municipalité de nouveaux projets pour lutter contre les nuisances liées au tourisme de masse et aux voyageurs venus exclusivement pour faire la fête dans la capitale.

“Avant la crise, parfois je me trouvais dans un bouchon de promeneurs. C’était déjà la grande fête à partir de midi ici ! Ce sont beaucoup de jeunes qui n’ont aucune conscience que toi, la nuit, tu veux dormir parce que le lendemain, tu travailles. Ils sont saoûls, ils ont fumé, c’est sale, tu vois partout des bouteilles cassées la nuit… Trop, c’est trop !”, expliquait une riveraine à France Info.

Un peu plus d’un an après le début de la pandémie de coronavirus, Amsterdam voit de nouveau revenir ses touristes européens… et les nuisances qu’ils engendrent.

Un tourisme devenu insupportable en 2010

Interviewé par Le Monde, Bert Nap, un résident du Quartier Rouge estime que c’est à partir de 2010 que l’atmosphère est devenue invivable lorsque “les commerces ont été remplacés par des vendeurs de champignons hallucinogènes ou de gaufres au Nutella”.

“Les résidents ici en ont vu beaucoup. Ils sont ouverts, aiment le bruit de la ville, ne cherchent pas forcément la tranquillité. Mais nous ne sommes pas un peuple barbare, nous avons des mœurs. Des Anglais viennent déguisés en pénis gonflables !”, souligne le Néerlandais.

Des mesures de plus en plus strictes

La municipalité a déjà commencé à agir ces dernières années pour restreindre ce tourisme délétère. Les beer bikes – bars à pédales – ont été interdit, de même que l’ouverture de nouveaux hôtels et de magasins de souvenirs.

La location touristique a été restreinte à 60 nuits maximum par an et les visites du Quartier Rouge limitées. Il est également interdit de prendre en photo les prostituées.

Prochaine étape ? Les touristes qui dormiront dans leur voiture, la consommation de gaz hilarant et les nuisances sonores sur les canaux seront sanctionnés.

Geerte Udo, directrice de Amsterdam & Partners, qui guide la ville des Pays-Bas dans sa stratégie de développement souhaite mettre en place des circuits touristiques permettant de créer du lien entre les locaux et les visiteurs.

“Nous sommes toujours cette ville libérale, ouverte, mais nous ne sommes pas un théâtre à ciel ouvert. Vous êtes les bienvenus, notamment pour profiter de la vie nocturne. Mais pas celle qui consiste uniquement à fumer du cannabis et pisser dans les canaux”, souligne au journal Le Monde l’adjoint aux affaires économiques et au tourisme, Victor Everhardt qui réfléchit actuellement aux différentes manières de faire évoluer l’image de la ville.

En janvier 2021, la maire écologiste de la ville proposait de déplacer les travailleuses du sexe en périphérie de la ville et d’interdire les coffee shops aux touristes étrangers. Affaire à suivre.

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