Au fait, qui se cache derrrière l'expression phénomène « nepo babies » ?

En France, pays à la longue tradition aristocratique, il y a belle lurette que le phénomène des fils et filles de n’étonne plus personne. Mais de l’autre côté de l’Atlantique, où la lecture de Pierre Bourdieu ne date pourtant pas d’hier, c’est la douche froide. « Aujourd’hui, ils ne sont pas seulement abondants, ils prospèrent », peut-on lire dans un dossier du New York Magazine paru en décembre dernier et qui fustige la prolifération des « nepo babies », c’est-à-dire les bébés qui profitent du népotisme dans le milieu du showbiz.

Ces dernières années, on a vu les projecteurs se braquer sur Zoë Kravitz, Maud Apatow, Lily Rose Depp ou encore Maya Hawke. Et sans remettre en cause leur talent ou leur travail, il est évident que leur nom de famille, et surtout leur réseau familial, leur ont été d’une grande aide. En outre, et le dossier du New York Magazine le souligne très bien, les studios sont aujourd’hui avides de noms déjà identifiés dont ils peuvent se servir en quelque sorte comme de marques afin de réduire les risques, notamment sur des projets à gros budgets.

Néanmoins, on notera que la polémique devenue virale se concentre essentiellement sur les « filles de », beaucoup plus que sur les descendants masculins qui ne sont pourtant pas en reste. Ainsi, les parents de Timothée Chalamet sont acteur et journaliste, Colin Hanks est le fils de Tom et de l’actrice Samantha Lewes, sans oublier que, si l’on parle beaucoup de l’ascendance de Sofia Coppola, celle de Nicolas Cage, pourtant neveu du même Francis Ford Coppola, semble moins handicapante.

Le droit d’exister

Depuis la parution de l’article, de nombreux médias se sont emparés de la polémique, et certains de ces « nepo babies » ont bien voulu s’exprimer sur le sujet, à l’instar de Kate Hudson ou encore Jamie Lee Curtis. Pour la première, progéniture de Goldie Hawn et Bill Hudson, le phénomène est quasi anecdotique à Hollywood. Et si la seconde, fille de Tony Curtis et Janet Leigh, admet sans problème les avantages dont elle a profité de par son nom, elle estime néanmoins qu’elle et ses semblables sont « dédiés à leur art, fiers de leurs origines, et croient avec force en leur droit à exister ».

Une justification qui n’apaise pas les tensions et rancœurs de certains. « “Droit à exister”. Elle fait comme si elle était persécutée. Tu es une riche femme blanche avec de riches parents blancs, calme-toi Jamie », a commenté un internaute.

Regarder au bon endroit

Quoi qu’il en soit, si le cinéma est par excellence le secteur où la reproduction sociale est la plus visible pour le commun des mortels, il ne faudrait pas pour autant oublier que le phénomène touche tous les champs de la société, et en particulier celui du pouvoir.

Dans ce secteur là aussi, il faudrait, selon Lily Allen, dénoncer le népotisme et les privilèges inhérents à certains enfants de stars qui n’ont pas vraiment galéré pour se construire une carrière. « Les seuls nepo babies dont vous devriez vous inquiéter sont ceux qui travaillent dans les cabinets d’avocats, dans les banques et dans la politique, si on parle des conséquences dans le vrai monde et d’opportunités volées », a tweeté la fille de l’acteur Keith Allen, reconnaissant au passage qu’elle n’avait aucun mérite dans sa réussite.

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