"Bulle sociale" et Covid-19 : quelle est cette stratégie limitant les contacts à quelques proches ?

La France pourrait-elle s’inspirer du concept de “bulle sociale” pour lutter contre la Covid-19 ? C’est ce qu’a laissé entendre le ministre de la santé Olivier Véran lors de son discours du 23 septembre. Mais de quoi s’agit-il exactement ? On fait le point.

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“Il ne faut pas multiplier les dîners, il faut éviter de sortir plusieurs fois par semaine avec des personnes différentes”. C’est ce qu’a déclaré le ministre de la Santé Olivier Véran mercredi 23 septembre lors de son allocution. Ce concept a un nom : on parle de “bulle sociale”. Le principe ? Choisir quelques proches avec l’on pourra être en contact et ne plus avoir d’interaction avec les autres, afin de limiter la propagation de la Covid-19.

Une stratégie qui limite les brassages trop importants

Cette stratégie, la Belgique l’a expérimentée dès le 11 mai dernier, lors du déconfinement. Les Belges ne pouvaient donc voir que cinq personnes de façon rapprochée en plus des personnes présentes dans leur foyer. Cette mesure avait ensuite été élargie à 15 personnes lorsque le nombre de contaminations dans le pays avait diminué, puis avait été de nouveau réduite à 5.

L’objectif ? Limiter les interactions sociales entre un trop grand nombre d’individus. “On ne peut pas être extrêmement vigilant dans le métro, le bus, au bureau, dans les commerces et relâcher toute forme de vigilance quand on se retrouve dans un bar, chez soi en invitant des amis ou au contact de sa famille”, a ainsi ajouté Olivier Véran, en évoquant la potentielle application de cette mesure en France.

Une idée qui semble bel et bien être sur la table, comme le confirme Bruno Lina, virologue et membre du Conseil scientifique, à Franceinfo. Il explique que l’intérêt de ces bulles sociales est de “continuer à avoir des contacts, voir des gens, à aller au restaurant, recevoir, mais en évitant des brassages trop importants”.

“Bulle sociale” : un bilan mitigé en Belgique ?

Pourtant, le bilan de l’expérimentation de cette mesure en Belgique semble mitigé. Pour certains, la bulle sociale a donné de bon résultats : “Ça a marché ! Ça a fait diminuer la première vague et c’est en train de [faire] diminuer la deuxième, affirmait ainsi le virologue belge Marc Van Ranst, en août dernier, à la RTBF.

Mais pour d’autres, cette stratégie n’a pas de sens. C’est notamment ce qu’expliquait Jean-Luc Gala, chef de clinique à Saint-Luc (Belgique), toujours à la RTBF : “Ça n’a aucune valeur, ça embête tout le monde, c’est non applicable, c’est non appliqué et c’est non contrôlable”. De nombreux experts pointaient d’ailleurs du doigt un manque de clarté de ces règles. La population, quant à elle, semble avoir réservé à cette mesure un accueil en demi-teinte : seulement 31% des Belges s’étaient ainsi déclarés prêts à la respecter, selon une étude.

Alors que la France pourrait s’inspirer de cette stratégie prochainement, le concept de bulle sociale a été assoupli en Belgique. Désormais, les Belges peuvent voir qui ils veulent dans la limite de 10 personnes au même moment et au même endroit, mais en gardant leurs distances ou en portant un masque. “Si vous ne savez pas éviter des contacts rapprochés, limitez-les de préférence à 5 personnes (hors-foyer) par mois”, a précisé la Première ministre belge Sophie Wilmès.

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