DÉCRYPTAGE – Liés à l’histoire des édifices, ces ensembles d’objets et de reliques ont toujours attiré les voleurs. L’Église et l’État essaient de les protéger en ouvrant des musées sécurisés, comme celui de Chartres, attendu pour 2020.
Les malfaiteurs ont défoncé les portes de la cathédrale d’Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques), dans la nuit du 3 au 4 novembre, puis se sont dirigés vers le Trésor. Ils ont dérobé des pièces d’orfèvrerie, un ostensoir et un calice, laissant heureusement sur place les reliques de Saint-Grat et la crèche ancienne. Toujours en fuite, ils font partie d’une longue et ancienne liste de voleurs de «trésors de cathédrale». Aussi anciens, voire plus parfois, que les édifices, ces ensembles ont toujours suscité la convoitise.
Au départ conservés dans une salle forte située près du sanctuaire, et fermée au public afin d’éviter les vols, les trésors sont composés de dons et d’achats – habits sacerdotaux, tissus d’autels, vases sacrés, ornements précieux…- destinés à donner de l’éclat au culte. Les reliques ( voile de la vierge à Chartres, Sainte Coiffe à Cahors, chef de saint Jean-Baptiste à Amiens, tunique de Saint Louis ou Sainte couronne d’épines à Notre-Dame de Paris…) y occupent évidemment une place centrale. S’y ajoutent parfois des curiosités destinées à «émerveiller les esprits», comme ces défenses d’éléphants conservés à Auch, ou une navette à encens en forme de bateau à Chartres.
Au plus fort des guerres de religion, au XVIe siècle, les pillages de trésors sont légion. La Révolution sera ensuite fatale pour nombre d’objets, les évêques étant incités à «faire porter à l’hôtel des monnaies l’argenterie qui ne serait pas nécessaire à la décence du culte divin». C’est à cette époque que le trésor de la cathédrale de Troyes est en grande partie fondu, et que la couronne ou le sceptre de Saint Louis disparaissent de la Basilique de Saint-Denis.
La période contemporaine n’échappe pas à la règle. En 1908, la cathédrale de Limoges est pillée. Et en 1979, de très nombreux objets d’ivoire, d’émail ou d’orfèvrerie disparaissent du Trésor de la cathédrale Saint-Jean de Lyon.
Un an après sa nouvelle présentation dans un écrin signé par l’artiste Jean-Michel Othoniel, dans la nuit du 11 au 12 novembre 2017, celui de la cathédrale Saint-Pierre d’Angoulême est la proie de cambrioleurs . Ils emportent notamment une couronne de Notre-Dame d’Obézine, en or serti de diamants. Le préjudice est estimé à 60.000 euros et les malfaiteurs courent toujours.
Il est difficile de protéger ces biens, notamment par manque de personnel. Aujourd’hui, une cinquantaine de cathédrales sur un total de 87, conservent leur trésor dans des espaces dignes de ce nom, avec possibilité de visite et système de sécurité. Le réaménagement du trésor de Notre-Dame de Paris, en 2012, a été salutaire au moment de l’incendie du 15 avril. Il a permis de sauver œuvres et reliques en un temps record, et de les mettre à l’abri dans des locaux de l’Hôtel de Ville.
D’ici 2020 ou 2021, les cathédrales de Chartres, de Besançon, de Vannes ou de Lyon vont à leur tour se pencher sur la protection de leurs collections. Outre la lutte contre le vol, les archevêques veulent en profiter pour mettre en avant l’histoire de l’Église, à travers ses objets si convoités.
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