Chirurgie de la hanche : l’anesthésie locale est-elle la meilleure option ?

Une opération de la hanche, qui s’adresse majoritairement à des patients âgés, sous anesthésie générale peut faire peur. Pourtant, un nouvel essai montre qu’il n’y a plus de complications et que la récupération est identique à une anesthésie locale.

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La fracture de la hanche touche essentiellement les personnes âgées (autour de 80 ans). On enregistre chaque année en France plus de 65 000 accidents, consécutifs le plus souvent à une chute ou en lien avec une ostéoporose. A cet âge avancé, une fracture de la hanche – si elle s’opère bien – n’est cependant pas anodin : complications postopératoires (dans un cas sur cinq), réduction de l’autonomie (dans 30 à 50 % des cas) voire décès dans l’année (pour 20 % des patients).

Si la plupart du temps ces patients sont opérés sous anesthésie générale, la rachianesthésie gagne du terrain. Cette technique, proche de la péridurale, consiste à injecter un médicament dans la colonne vertébrale, qui engourdit la partie inférieure du corps. On parle aussi d’anesthésie locorégionale. On pourrait penser que cette technique est plus sûre (en n’endormant pas totalement le patient et en évitant le recours à la ventilation artificielle) et favorise une récupération post-opératoire plus facile. Mais ce n’est pas le cas, d’après une nouvelle étude publiée dans le New England Journal of Medicine.

Des chercheurs de l’université de Pennsylvanie (États-Unis) ont suivi 1 600 patients (dont deux tiers de femmes), âgés de 78 ans en moyenne, et opérés pour une fracture de la hanche soit sous anesthésie générale, soit sous rachianesthésie. Leurs résultats montrent que les deux techniques se valent : à court terme ils n’ont pas observé plus de délires post-opératoires, une des complications cognitives potentielles, avec l’anesthésie générale. A plus long terme, la récupération des fonctions motrices (capacité à marcher de manière indépendante 60 jours après l’intervention) et le taux de survie (deux mois après également) sont identiques entre les deux groupes.

Cette étude offre « la réassurance que l’anesthésie générale peut représenter une option sûre pour la chirurgie de la fracture de la hanche pour de nombreux patients », affirme le Pr Neuman, auteur principal de l’essai. Contrairement à une idée reçue, il n’y a pas de limite d’âge pour bénéficier d’une anesthésie générale. Bien sûr, si le patient présente des problèmes cardiaques ou respiratoires, la vigilance est renforcée durant l’intervention et dans les jours qui suivent.

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