Comment se pratique une ovariectomie et quels sont ses effets ?

Cette intervention chirurgicale peut faire peur mais elle peut être assez courante et ne signifie pas nécessairement l’arrivée inéluctable de la ménopause. Tout dépend du problème qui doit être traité et du degré d’urgence de la situation.

Qu’est-ce que l’ovariectomie ?

L’ovariectomie est une opération chirurgicale assez rapide consistant à retirer un ovaire ou plusieurs ovaires de l’appareil reproducteur d’une femme. On peut aussi parler d’ovariectomie pour les animaux mais dans ce cas, on emploiera plus généralement le terme stérilisation. Ce n’est pas toujours le cas chez l’humain.

Dans certains cas rares, l’ovariectomie doit être accompagnée d’une ablation de l’utérus (hystérectomie). On parle alors d’ovariohystérectomie.

Dans quels cas pratiquer l’intervention ?

On peut avoir recours à une hystérectomie dans certains cas plus ou moins graves, au degré d’urgence plus ou moins établi :

  • présence de kystes : le kyste est une grosseur dans les tissus de l’ovaire et n’est pas nécessairement dangereux mais il est parfois préférable de l’enlever par voie chirurgicale pour éviter une rupture, notamment chez les femmes de plus de 45 ans ;
  • détection d’une tumeur : même si la tumeur détectée est bénigne, certaines d’entre elles peuvent avoir une évolution imprévisible et il est parfois plus logique de retirer l’ovaire pour éviter que d’autres organes soient touchés ;
  • cancer ou risque de cancer : l’ablation peut être nécessaire dans le cas d’un cancer de l’ovaire, d’un cancer du col de l’utérus ou d’un cancer du col de l’endomètre (qui n’est pas nécessairement lié à l’endométriose). Mais on le recommande aussi par prévention pour certains cancers d’origine génétique (par exemple, si on détecte la présence du gène BCR1 ou BCR2 chez une femme de plus de 40 ans) ;
  • grossesse ectopique : aussi appelée grossesse extra-utérine, il s’agit d’une urgence gynécologique. Dans le cas où l’embryon se met à grossir dans l’ovaire, une ovariectomie est souvent nécessaire ;
  • torsion de l’ovaire : événement assez rare qui peut survenir au début d’une grossesse ou lorsqu’on est un présence d’un kyste ou d’une tumeur.

Comment se déroule la chirurgie ?

Une fois que la patiente a été mise au courant des risques et bénéfices de l’intervention et que celle-ci a été décidée, elle peut se dérouler très rapidement, surtout s’il s’agit d’une urgence gynécologique. La chirurgie a très souvent lieu en ambulatoire, c’est-à-dire qu’une seule journée peut être nécessaire entre l’entrée de la patiente à l’hôpital et sa sortie.

Une opération d’ablation de l’ovaire peut se dérouler de deux façons :

  • coelioscopie : le ventre n’est pas ouvert, c’est l’intervention la plus courante si on trouve un kyste. Le chirurgien gonfle l’abdomen avec du gaz carbonique et introduit les instruments à travers la paroi abdominale pour réaliser l’opération. Dans certains cas, cette technique permet de se débarrasser d’un kyste sans avoir à retirer l’ovaire ;
  • laparotomie : dans la majorité des autres cas, une opération le ventre ouvert est nécessaire pour s’assurer une ablation totalement sécurisée. Le chirurgien ouvre alors l’abdomen pour réaliser l’ovariectomie.

Effets secondaires et ménopause

Chez les femmes non ménopausées, l’ablation des deux ovaires va nécessairement entraîner une ménopause précoce et tous les désagréments qui vont avec : bouffées de chaleur, changements de libido, sécheresse vaginale, irritabilité temporaire, prise de poids…

Chez une jeune femme qui ne s’est vu retirer qu’un seul ovaire, la ménopause n’intervient pas : elle reste fertile et peut tout à fait tomber enceinte et vivre une grossesse normale. Toutefois, l’impact psychologique d’une ablation de l’ovaire n’est pas à négliger.

Les possibles complications après la chirurgie

Dans la majorité des cas, une ovariectomie n’est pas suivie de complications majeures. Toutefois, les risques sont les mêmes que pour n’importe quelle opération : intolérance à l’anesthésie, infection…

L’un des risques est aussi que le kyste tout juste opéré revienne dans les semaines, les mois ou les années qui suivent. D’où l’intérêt d’un suivi gynécologique régulier si vous avez des antécédents ou que vous ressentez des douleurs anormales.

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