Couches pour bébés : lesquelles sont les moins toxiques ?

Plus de 7 mois après le rapport de l’Anses concernant les couches pour bébés, les fabricants sont convoqués à Bercy ce jeudi. Le gouvernement vient d’annoncer qu’à la suite des contrôles, il n’était pas nécessaire d’alerter les consommateurs.

COUCHES TOXIQUES – Les parents réclament plus de transparence concernant les couches pour bébé mises en cause dans le rapport de l’Anses publié le 23 janvier 2019. Le Conseil d’Etat avait alors été saisi pour que les fabricants dévoilent le nom des couches concernées par la présence de substances toxiques et ces derniers ont été convoqués à Bercy ce jeudi 5 septembre. Mais après une première série de contrôles, “il n’y a rien qui conduise à faire une alerte auprès des consommateurs” a déclaré sur France Info la secrétaire d’Etat à l’Economie, Agnès Pannier-Runacher. Elle considère par ailleurs que “les fabricants ont tenu pour l’essentiel, leurs engagements“, mais souhaite tout de même continuer les contrôles. “Lorsque nous aurons l’ensemble des résultats, début 2020, nous les communiquerons publiquement. Toutes les couches disponibles doivent pouvoir être évaluées“, a-t-elle ajouté.

23 marques de couches concernées

Pour rappel, l’Agence nationale de la sécurité sanitaire avait noté des dépassements de seuils sanitaires pour plusieurs substances chimiques. “Il s’agit de substances parfumantes (butylphényl méthyle propional ou lilial®, hydroxyisohexyl 3-cyclohexène carboxaldéhyde ou lyral®), certains hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), le PCB-126, la somme des PCB-DL et la somme des dioxines, furanes et PCB-DL “, précisait le rapport. Près de cinq mois après cette polémique, des familles et une association ont saisi le Conseil d’Etat afin de connaître le nom de ces 23 marques en question. “Les ministères de l’Économie, de la Santé et de la Transition écologique n’ont pas répondu à notre lettre envoyée il y a deux mois, ce qui équivaut à un refus“, explique au journal Le Parisien Quentin Guillemain, l’un des parents. “On porte donc l’affaire en justice pour demander la liste des marques mais également le retrait des couches dangereuses ainsi qu’une meilleure information auprès des parents. Il y a une urgence sanitaire”, a-t-il déclaré. Rappelons que de précédentes enquêtes de 60 Millions de consommateurs et de l’UFC-Que Choisir avaient également mis en évidence la présence de substances chimiques dans certaines marques de couches pour bébé, en établissant un classement des produits. 

Quels sont les risques pour le bébé ?

Au total, 23 références de couches pour bébé en vente sur le marché français ont été analysées entre 2016 et 2018. “Ces analyses ont mis en évidence la présence de différentes substances chimiques dangereuses dans les couches jetables qui peuvent notamment migrer dans l’urine et entrer en contact prolongé avec la peau des bébés. Certaines de ces substances sont ajoutées intentionnellement, telles que des substances parfumantes qui peuvent entraîner des allergies cutanées. D’autres substances identifiées peuvent provenir de matières premières contaminées ou de procédés de fabrication (PCB-DL, furanes et dioxines, HAP)“, précise l’Agence.

Couches toxiques : les recommandations de l’Anses

Pour éviter les risques d’expositions à ces substances chimiques, l’Agence recommande aux fabricants de “supprimer l’utilisation de toutes substances parfumantes, en priorité celles susceptibles de présenter des effets sensibilisants cutanés”, de “mieux maîtriser l’origine des matières premières naturelles qui peuvent être contaminées avant même la fabrication, et enfin, d’améliorer les procédés de fabrication des couches. Un renforcement des contrôles est également préconisé ainsi que des mesures réglementaires restrictives au niveau national et européen.

Les fabricants de couches s’engagent

Deux semaines après la publication du rapport de l’Anses révélant la présence de substances toxiques dans les 23 marques de couches (testées de façons anonymes), les fabricants ont été reçus le 8 février 2019 par la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF). Les producteurs étaient invités à se prononcer sur les mesures à mettre en oeuvre pour assurer plus de sécurité aux nouveaux-nés. Ils doivent notamment s’engager sur :

– L’élimination des substances allergisantes, notamment dans les parfums, dans un délai maximal de trois mois.

– Dans un délai de 5 mois, les fabricants devront analyser les circuits d’approvisionnement et de fabrication afin d’identifier et d’éliminer les sources de contamination

– l’éradication de la présence de chlore, de COV cancérigènes, de dioxines et de glyphosate. 

– Mieux informer les consommateurs. Les fabricants de couches doivent faire figurer la composition des produits sur les emballages dans un délai maximal de 6 mois, donner une date de mise en place d’informations pour les clients concernant les composants et les lieux de fabrication de leurs produits, ainsi qu’une date de fin d’utilisation des parfums et lotions.

La DGCCRF devrait prochainement mettre en place une nouvelle phase de contrôle pour évaluer le respect et l’efficacité des engagements par les professionnels du secteur.

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