Covid-19 : l'OMS recommande le tocilizumab pour soigner les formes aiguës de la maladie

Une récente étude a indiqué que le tocilizumac, un anti-inflammatoire, réduirait les risques de décès chez les patients atteints de formes graves de coronavirus. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a donc préconisé son utilisation. On fait le point.

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Quatre vaccins anti-Covid-19 sont disponibles dans l’Hexagone : le Pfizer/BioNTech, le Moderna, l’AstraZeneca et le Janssen. Près de 51,80% de la population française est primo-vaccinée tandis que 37,15% des Français ont reçu toutes les doses requises d’un sérum anti-Covid-19. De son côté, la communauté scientifique continue de chercher un traitement efficace contre l’infection. Une étude publiée dans la revue JAMA le 6 juillet a observé qu’une classe de médicaments anti-inflammatoires comprenant le tocilizumab pourrait diminuer les risques de décès chez les patients touchés par des formes aiguës de coronavirus.

Qu’est-ce que le tocilizumab ?

Le tocilizumab est un traitement prescrit pour soigner la polyarthrite rhumatoïde. Depuis le début de la crise sanitaire, ce médicament a fait l’objet de nombreuses recherches. En cause ? Il s’agit d’un anticorps monoclonal qui bloque le récepteur de l’interleukine-6, une cytokine clé qui peut déclencher le processus de sur-réaction immunitaire provoqué par l’infection au SARS-CoV-2.

Cette nouvelle étude regroupe les résultats de 27 essais cliniques de 28 pays qui ont observé les effets du tocilizumab et du sarilumab, un autre anti-inflammatoire. Pour les besoins de ces recherches, 10.930 patients hospitalisés pour des formes graves de Covid-19 ont été suivis. Près de 6.449 participants ont reçu le traitement par intraveineuse et 4.481 malades ont eu les soins habituels (corticoïdes) ou ont reçu un placebo pendant leur hospitalisation.

Tocilizumab : le risque de décès diminue après l’injection du traitement

Environ 28 jours après le début de l’infection, le risque de décès était de 22 % pour le groupe ayant bénéficié du traitement par tocilizumab ou par sarilumab contre 25 % chez les autres volontaires. D’après l’auteur principal de l’étude et professeur au King’s College de Londres Manu, Shankar-Hari, cette étude est “un élément de preuve définitif” qui montre l’efficacité du tocilizumab dans la réduction des risques de décès et des complications chez les patients infectés par la Covid-19.

À la suite de la publication de cette étude, l’Organisation mondiale de la santé a recommandé l’usage du tocilizumab associé à la prise de corticoïdes pour traiter les malades atteints de formes aiguës de Covid-19. “La science a fait son travail, nous devons maintenant tourner notre attention vers les questions d’accès”, a affirmé Janet Diaz, responsable de l’OMS dans un communiqué. “Compte tenu des inégalités mondiales pour les vaccins, les gens dans les pays les plus pauvres sont les plus exposés aux cas graves de Covid-19. Ce sont eux que ces médicaments doivent atteindre”, peut-on lire dans le document.

Le tocilizumab réduirait la durée d’hospitalisation

L’essai clinique Recovery, l’un des plus importants à l’échelle mondiale, avait également suggéré que le tocilizumab pouvait réduire les risques de décès de formes graves de la maladie. Pour les besoins de l’étude, les chercheurs de l’Université d’Oxford (Royaume-Uni) avaient observé plus de 4.000 patients hospitalisés pour une infection au coronavirus. Les participants avaient été divisés en deux groupes. Le premier comptabilisait 2.022 malades qui avaient reçu du tocilizumab par intraveineuse. Le second avait regroupé 2.094 personnes qui avaient été traitées avec d’autres médicaments comme de la dexaméthasone.

Selon les chercheurs, le traitement à base de tocilizumab permet de réduire le risque de décès, mais également la durée d’hospitalisation et l’utilisation de la ventilation artificielle. Ils avaient enregistré 29 % de décès chez les patients traités avec le tocilizumab contre 33 % dans le second groupe. D’après les scientifiques, la prise de cet anti-inflammatoire permettrait de sauver “une vie supplémentaire” pour 25 malades soignés.

Après 28 jours d’hospitalisation, les patients sous tocilizumab avaient également eu 47 % à 54 % de chances de sortir plus rapidement que les malades du groupe témoin. Ce traitement avait également réduit les risques d’être touché par une forme sévère de la maladie et d’être placé sous respiration artificielle.

Le tocilizumab est-il efficace contre les orages cytokiniques ?

Le tocilizumab avait également été choisi dans le cadre de l’essai Corimuno-Toci. Les scientifiques avaient tenté de savoir si ce traitement pouvait empêcher les orages cytokiniques qui surviennent chez certains patients atteints de Covid-19.

Ce phénomène correspond à une production excessive de cytokines, des molécules sécrétées par un grand nombre de cellules et impliquées dans le développement et la régulation des réponses immunitaires. Un excès à l’origine d’une violente réponse inflammatoire du système immunitaire, pouvant entrainer la mort.

L’essai avait été mené sur 129 patients hospitalisés dans 13 hôpitaux pour une pneumonie moyenne ou sévère due au Covid-19, ne nécessitant pas de réanimation au moment de l’admission. Un profil choisi car “chez les patients avec pneumonie Covid-19, on pense qu’un ‘orage cytokinique’ d’origine immunologique conduit à l’insuffisance respiratoire aigüe et au décès”. Près de 64 patients avaient suivi le traitement habituel, à savoir de l’oxygène, des antibiotiques et des anticoagulants, tandis que 65 autres avaient reçu ce même traitement standard, associé à deux injections de tocilizumab.

Les médecins avaient constaté que ce médicament améliorait significativement le pronostic des patients présentant une pneumonie moyenne ou sévère due au Covid-19. “On a diminué de façon significative le nombre de patients qui vont en réanimation ou qui meurent, ce qui est important car on sait que quand on va en réanimation, on diminue ses chances de survivre”, avait précisé Olivier Hermine, immunologiste à l’hôpital Necker de Paris sur France Inter.

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