Covid-19 : quelles pourraient être les alternatives au reconfinement ?

L’épidémie de Covid-19 continue de prendre de l’ampleur. Un phénomène inquiétant, qui fait entrevoir la perspective d’un reconfinement. D’autres alternatives sont-elle envisageables ? On fait le point.

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Le nombre de nouveaux cas de Covid-19 ne cesse d’augmenter. Dimanche 25 octobre, plus de 52.000 contaminations ont ainsi été enregistrées en France en l’espace de 24 heures. Une situation inquiétante, qui fait planer la menace d’un reconfinement sur l’Hexagone.

La mise en place de cette mesure est-elle inévitable ? “Il est trop tôt aujourd’hui pour dire si l’on va vers des reconfinements locaux ou plus larges. On va essayer, à chaque fois, d’aller réduire les lieux, les moments où l’on a identifié que le virus circulait beaucoup”, a déclaré Emmanuel Macron vendredi 23 octobre, au cours d’une visite au centre hospitalier de Pontoise (Val-d’Oise). Pour endiguer l’épidémie de Covid-19, certains experts prônent néanmoins d’autres stratégies, présentées comme des alternatives au reconfinement total. Quelles sont-elles ?

Un confinement revisité

  • Un confinement seulement le week-end

En France, la première vague de l’épidémie de Covid-19 avait été marquée par un confinement total de deux mois, du 17 mars au 11 mai. Pour anticiper et limiter les dégâts de cette seconde vague, les médecins de l’Union régionale des professionnels de santé libéraux (URPS) de la région Auvergne-Rhône-Alpes préconisent un confinement le samedi et le dimanche. Une mesure qui devrait selon eux être mise en place sans attendre. “La situation est trop grave et le temps n’est plus aux demi-mesures”, précisent-ils dans un communiqué.

  • Un confinement allégé

Si la perspective d’un confinement se dessine, il pourrait prendre une forme différente. Selon le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy, il pourrait être de courte durée s’il était appliqué dès à présent. Mais ce n’est pas tout : ce confinement pourrait aussi être “moins dur que celui de mars dernier (…) Il permettrait à la fois le travail, qui doit s’accentuer en télétravail, et permettrait de conserver une activité scolaire et une activité économique”, a-t-il précisé sur RTL.

  • Mettre certaines villes “sous cloche”

Au début du mois d’octobre, la ville de Madrid a été mise “sous cloche”. Une mesure visant à limiter les entrées et les sorties dans la capitale espagnole : seules les personnes se rendant sur leur lieu de travail, à l’école ou ayant un rendez-vous médical sont autorisées à quitter la ville ou y pénétrer. En France, un tel reconfinement local “fait partie des options”, comme l’a expliqué le Pr Arnaud Fontanet, épidémiologiste et membre du conseil scientifique, sur BFM TV. L’idée ? Mettre “sous cloche” les zones où la circulation du virus est intense. Le 12 octobre dernier, le Premier ministre Jean Castex avait déjà expliqué qu’une telle mesure pourrait être envisagée : “Rien ne doit être exclu”, avait-il précisé.

Une extension du couvre-feu

Depuis le 24 octobre, le couvre-feu a été étendu à 54 départements français. Entre 21h et 6h du matin, il n’est donc plus possible de sortir de chez soi, sauf motif valable justifié par une attestation de déplacement dérogatoire.

Pour lutter contre l’épidémie, les médecins de l’Union régionale des professionnels de santé libéraux (URPS) de la région Auvergne-Rhône-Alpes préconisent également une extension du couvre-feu de 19h à 6h du matin en semaine, en plus d’un confinement le week-end. “Trop de nos concitoyens ne prennent pas suffisamment au sérieux les risques de contagion, banalisent individuellement cette infection, négligent le risque qu’ils font courir aux autres et en premier lieu aux plus vulnérables”, expliquent-ils dans leur communiqué.

Une proposition également citée par le président du Conseil scientifique sur RTL. Jean-François Delfraissy a ainsi évoqué “la possibilité d’aller vers un couvre-feu plus massif à la fois dans ses horaires et dans son étendue”.

La généralisation du télétravail

Le travail est-il un lieu propice aux contamination ? Santé Publique France révélait dernièrement qu’un nombre important de clusters avait été identifié au sein des entreprises. Cependant, les cas rattachés à des clusters ne représenteraient que 10% des contaminations.

Toujours est-il que le bureau reste un lieu de rencontres et que les trajets pour s’y rendre nécessitent pour de nombreux Français de prendre les transports en commun. Autant de raisons qui pourraient justifier la généralisation du télétravail. “Là où c’est possible, on incite les gens à prendre deux ou trois jours de télétravail par semaine, parce que ça réduit la pression”, avait d’ailleurs déclaré Emmanuel Macron le 14 octobre dernier.

Dans d’autres pays, comme en Belgique, le télétravail est généralisé : dès ce lundi 26 octobre, il est désormais obligatoire à Bruxelles.

La limitation des déplacements

Le 11 mai dernier, au moment du déconfinement, des restrictions kilométriques avaient été mises en place. Il était donc interdit de se rendre à plus de 100 kilomètres de son domicile, sauf motif valable justifié par une attestation de déplacement. Le 14 octobre dernier, le président de la République avait décidé de ne pas“réduire les déplacements entre les régions (…) C’est le choix de ne pas infantiliser mais de responsabiliser”, avait-il affirmé. Depuis, le couvre-feu a été mis en place dans 54 départements où la circulation du virus atteint un niveau élevé. Pour éviter que les autres départements ne se retrouvent dans la même situation, cette mesure pourrait-elle remise à l’ordre du jour ? C’est en tout cas l’option choisie par la République Tchèque, pays d’Europe le plus touché par la Covid-19 : jusqu’au 3 novembre prochain, les déplacements sont restreints.

La fermeture des établissements scolaires

Le rôle des écoles et des enfants dans la propagation du coronavirus continue de faire débat. Selon une nouvelle étude publiée dans The Lancet, la fermeture des établissements scolaires pourrait réduire de 15% la transmission du virus et ce, en l’espace d’un mois. Une mesure à laquelle l’épidémiologiste et membre du Conseil scientifique Antoine Flahault est favorable. “Je pense, pour ma part, qu’il ne faudrait pas que les écoles rouvrent à la rentrée des vacances de la Toussaint. En tout cas les écoles secondaires et les universités dans leurs enseignements présentiels”, a-t-il expliqué sur BFM TV. Quid des écoles primaires ? “Elles devraient rester ouvertes mais devraient demander, imposer, le port du masque”, a-t-il précisé.

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