Covid-19 : voici comment le virus atteint le cerveau selon une nouvelle étude

Ce n’est plus à prouver, le Covid-19 fait des ravages sur l’ensemble de l’organisme, et le cerveau n’en est pas exempt.

Mais ce que les scientifiques cherchent désormais à comprendre, c’est comment une maladie respiratoire parvient-elle à engendrer des symptômes neurologiques ?

Largement débattue au sein de la communauté scientifique, l’idée que le virus puisse s’infiltrer jusqu’au le cerveau est défendue par l’Institut Pasteur. Publiée mercredi 20 juillet dans la revue Science Advances, l’étude des chercheur.ses français.es révèle que des « tunnels » présents dans le nez faciliteraient la montée du SRAS-CoV-2 vers les cellules neuronales non infectées

Ces découvertes viennent contrecarrer de précédentes études ayant démonté l’hypothèse d’une migration du virus vers les cellules cérébrales, étant donné la présence quasi-indétectable du récepteur ACE2 (que le virus utilise normalement pour pénétrer dans les cellules, comme le rappelle l’étude) dans le cerveau. 

Covid-19 : une migration vers le cerveau par le nez

Pour en arriver à ces conclusions, les chercheur.seuses de l’Institut Pasteur ont isolé deux types de cellules. D’un côté, SH-SY5Y, « qui modélise des cellules cérébrales », et Vero E6, « qui imite les cellules tapissant les surfaces du corps », notamment le nez.

Ils ont alors remarqué qu’à elles seules, les cellules du cerveau ne pouvaient pas être infectées, ne disposant pas de la protéine ACE2. Mais lorsqu’incubées avec les cellules nasales, elles porteuses du récepteur, elles s’infectaient.

Et ce n’est pas tout. Après observation au microscope électronique, les chercheurs ont découvert qu’en stimulant les cellules du nez, le virus avait favorisé le développement de “minuscules tubes, appelés nanotubes, qui ont formé des connexions avec les cellules cérébrales”, explique l’étude.

C’est par cette voie que le SRAS-CoV-2 voyagerait jusqu’au cerveau. “On peut voir les nanotubes comme des tunnels avec une route au-dessus, qui permettent l’infection de cellules non-permissives, comme les neurones, mais qui facilitent aussi la propagation de l’infection entre des cellules permissives”, détaille Chiara Zurzolo, responsable du Trafic membranaire et pathogenèse de l’Institut Pasteur, dans un communiqué publié sur le site du Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

Bloquer les nanotubes pour limiter les effets du virus sur le cerveau

« Je pense que c’est une étude très intéressante car elle fournit une explication plausible au mécanisme par lequel le virus peut être transféré d’une cellule à une autre tout en contournant le besoin de récepteurs ACE2 », a déclaré Frédéric Meunier de l’Université du Queensland en Australie, interrogé par New Scientist. 

Les cellules ayant été stimulées dans un petit lieu clos par les scientifiques, il est nécessaire que les chercheurs étudient le mécanisme à l’intérieur d’un cerveau humain.

“Dr Zurzolo affirme que son groupe met en place des expériences qui imitent plus étroitement les interactions entre les cellules du nez et du cerveau”, informe le journal scientifique.

“Pour l’instant, nous ne disposons pas d’une molécule spécifique bloquant les nanotubes, a déclaré la chercheuse, mais nous procédons à un criblage pour en trouver et ainsi limiter les effets du Covid-19 sur le cerveau”.

  • Covid-19 : les personnes contaminées plus à risques de développer la maladie d’Alzheimer et de Parkinson
  • Covid-19 : d’anciens malades hospitalisés présentent un vieillissement prématuré du cerveau

Source: Lire L’Article Complet