Dépil Tech : brûlées après une épilation à la lumière pulsée, des clientes portent plainte

Sur son site, elle se dit être « la référence en épilation définitive depuis 11 ans ». L’enseigne aux 120 établissements Dépil Tech est pourtant sous le feu des critiques, après la diffusion d’une série de témoignages de clientes, dont la peau a été brûlée lors de séances d’épilation définitive à la lumière pulsée.

Plusieurs d’entre elles ont décidé de porter plainte et de mener une action collective contre l’entreprise, informe RMC/BFMTV, dans un article publié mercredi 26 octobre 2022. 

« Ça me faisait pleurer tellement j’avais mal »

Au sein de ses centres, Dépil Tech garantit « des protocoles sûrs, non invasifs, à la pointe de l’innovation, pour un maximum d’efficacité et de confort », peut-on lire sur le site de l’enseigne. Elle assure également que ses « traitements d’épilation définitive sont encadrés par des médecins et praticiennes qualifiés avec une approche ultra personnalisée, pour satisfaire les exigences et les besoins de tous. »

L’une de ses technologies de référence ? La lumière pulsée dite intense, qui consiste à détruire la racine du poil grâce à des micro-brûlures. « L’efficacité du résultat va de pair avec le respect de votre peau », rassure Dépil Tech.

Des mensonges, selon les dires des plaignantes. Aline, assistante maternelle, est la première à avoir alerté les médias. Au micro de RMC, elle a raconté sa séance à Dépil Tech. « À un moment, la jeune femme me dit que ma peau réagit mal (…) je me rhabille, je rentre chez moi, ça me brûle. « Arrivée chez elle, elle dit avoir constaté des cloques la faisant souffrir au contact de l’eau de la douche, mais aussi des draps de son lit. « Ça me faisait pleurer tellement j’avais mal, alors que je ne suis pas douillette. » Pour couronner le tout, Aline certifie que l’épilation lui a laissé des taches derrière les mollets. « Oui, je n’aurai plus de poils, mais je ne veux plus montrer mes jambes. Psychologiquement, je suis vraiment touchée », déplore-t-elle.

À BFM TV, c’est Élise, une autre victime présumée de Dépil Tech, qui a conté son expérience malheureuse avec la lumière pulsée. Après son passage au centre, elle décrit une peau qui commence à cloquer et à partir. « Ça creusait (…) je ne supportais rien sur ma peau ». Élise est en fait brûlée au 2e degré et prévoit de porter plainte contre Dépil Tech.

Sur le groupe Facebook « Depil Tech Arnaques !!!! » – créé il y a 6 ans et qui compte désormais près de 4 000 membres – elles sont plusieurs à décrire des faits similaires.

Le manque de formation des praticiennes décrié

Contacté par BFM TV, Dépil Tech assure que le centre angevin dans lequel s’est rendue Élise « a pris en charge cette dame et a proposé une prise en charge matérielle et pécuniaire sous moins d’une semaine ».

Interrogé par la chaîne, le dermatologue Thierry Fusade estime que la personne ayant réalisé l’épilation a sûrement manqué de détecter le bronzage d’Élise, pouvant être à l’origine de son épidermolyse, à savoir « la destruction de l’épiderme qui contient le bronzage, le pigment ». L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) le précise d’ailleurs : l’exposition aux UVs est l’une des contre-indications à une telle technologie.

Pour se défendre, l’enseigne affirme que « chaque client s’engage, lors d’un rendez-vous de plus d’une heure avant souscription, à respecter plusieurs contre-indications » et que « chaque client sait sans conteste que l’absence de soleil avant séance est primordiale ». 

Contactée par RMC, la directrice générale de Dépil Tech assure que « les brûlures lors d’actes épilatoires sont extrêmement rares », et que les cas en question « ont toujours été pris au sérieux et pris en charge par leurs services ». « On a mis en place des protocoles pour que ce soit traité comme il faut, explique de son côté Nathalie Schlemmer, directrice exécutive. Hélas, nous avons des magasins en franchise donc nous n’avons pas le contrôle complet sur l’ensemble des magasins et la façon dont ils traitent les clients qui ont des litiges et les prestations ».

Depuis mai 2021, la pratique de l’épilation définitive par lumière pulsée n’est plus réservée exclusivement qu’aux seuls médecins. Dans un compte-rendu de 2019, le Conseil d’État avait demandé que ces pratiques d’épilations soient mieux encadrées « par des mesures de nature à garantir, dans le respect des règles du droit de l’Union européenne relatives au libre établissement et à la libre prestation de services, la protection de la santé publique. »

De son côté, l’Anses rappelle que l’épilation à la lumière pulsée peut retarder la détection du cancer de la peau, en dénaturant la carnation des lésions précancéreuses. « Il est nécessaire de mieux encadrer le marché des appareils et l’utilisation de cette technologie pour en limiter les effets indésirables« , avait déclaré Rémi Poirier, coordinateur de l’expertise à l’Anses.

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