Dépression réactionnelle : reconnaître les symptômes pour mieux réagir

On parle de dépression réactionnelle lorsque la maladie se déclare après un événement traumatique. Le point avec le Dr. Rey, psychiatre.

Restez informée

Qu’est-ce qu’une dépression réactionnelle ?

La dépression n’est pas rare : les autorités sanitaires estiment qu’environ 1 Français sur 10 (entre 16 % et 17 % de la population) développera cette maladie au cours de sa vie, surtout entre 20 et 30 ans et après 55 ans. La dépression concerne 2 fois plus les femmes que les hommes.

L’expression ” dépression réactionnelle ” n’est aujourd’hui plus utilisée par les médecins psychiatres. ” Elle désignait à l’époque une dépression consécutive à un traumatisme (un deuil, un divorce, un licenciement, une maladie grave…), explique le Dr. Monique Rey, psychiatre. La personne qui subit le traumatisme ne parvient pas à s’adapter à la nouvelle situation et la dépression se développe en conséquence de cet événement très négatif.

Attention ! Tous les événements négatifs de la vie ne conduisent (heureusement) pas à la dépression. De même, toutes les dépressions ne résultent pas d’un traumatisme. Ainsi, si l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) précise que ” les personnes exposées à des événements malheureux dans leur vie (chômage, deuil, traumatisme psychologique) sont plus susceptibles de développer une dépression “, “ il existe aussi une interdépendance entre la dépression et la santé physique. Par exemple, une maladie cardio-vasculaire peut entraîner une dépression et vice-versa “.

Dans la dépression, il y a aussi des facteurs génétiques (on a un risque accru de développer la maladie s’il y a déjà des dépressions dans la famille) et un lien avec la personnalité (faible estime de soi…) ” ajoute le médecin psychiatre.

Dépression réactionnelle : quels sont les symptômes ?

On l’aura compris : les symptômes de la dépression réactionnelle sont les mêmes que ceux de la dépression, et ils ont été clairement listés par la Haute Autorité de Santé (HAS). On peut notamment observer :

  • Une grande fatigue. Même sans avoir fait d’efforts particuliers, la personne éprouve en permanence un manque d’énergie. ” C’est le symptôme numéro 1 de la dépression, réagit le Dr. Monique Rey. La particularité de la fatigue dépressive, c’est qu’elle s’aggrave au repos : d’ailleurs, les patients dépressifs sont souvent plus en forme le soir que le matin.
  • Un ralentissement général. La personne a le sentiment de ne plus être capable de réagir rapidement – elle n’a ” plus la force “. La parole est traînante, les gestes du quotidien sont exécutés plus lentement. Le visage est inexpressif. Certaines fonctions du corps, comme la digestion, sont également ralenties.
  • Une apathie. On constate une absence de motivation pour les actes du quotidien : se laver, se faire à manger, aller faire les courses… ” Le patient éprouve d’importantes difficultés à prendre des décisions ” ajoute le Dr. Rey.
  • Une tristesse intense. Le sentiment de tristesse est particulièrement douloureux, incompréhensible et envahissant, souvent accompagné de pleurs sans motif et d’une impression de désespoir. Il dure depuis au moins 2 semaines.
  • La perte du plaisir (anhédonie). Chez les personnes souffrant de dépression, les petits plaisirs de la vie (écouter de la musique, voir ses amis, lire…) disparaissent. Tout paraît égal, terne, sans intérêt. La vie a perdu tout sens, tout goût, toute couleur. ” Le patient rumine à longueur de journée : il ressasse les événements qu’il a vécu, il refait le passé, il se fait des reproches… ” précise la spécialiste.
  • La dévalorisation. La personne qui souffre de dépression ne se sent ” bonne à rien ” ; elle se pense sans valeur ; elle s’accuse d’être responsable des événements pénibles qu’elle vit et des émotions désagréables qu’elle ressent. “ Le patient dépressif n’a plus envie de voir sa famille et ses amis car il se trouve inintéressant : il y a une perte d’estime de soi ” remarque le Dr. Rey.
  • Une perte de vivacité intellectuelle. En cas de dépression, il devient difficile de réfléchir, de trouver les mots, de parler avec fluidité. On a l’impression d’avoir ” la tête vide “, que le monde est devenu trop compliqué, qu’on ne saura pas s’y adapter, y faire face. ” Le patient a des difficultés à se concentrer : lire ou suivre une émission à la télévision devient vraiment difficile. Chez la personne âgée, la dépression peut ainsi être confondue avec la démence ” souligne le Dr. Rey.
  • Des symptômes physiques. Le sommeil est souvent mauvais, court et peu réparateur, avec des réveils nocturnes. L’appétit devient diminué, le poids change (perte de poids importante ou prise de poids liée à des grignotages incessants). Problèmes sexuels, digestifs, douleurs chroniques et/ou maux de tête.

Dépression réactionnelle : comment est-elle prise en charge ?

Bien sûr, la dépression (qu’elle soit réactionnelle ou pas) se soigne. Première étape : prendre rendez-vous chez son médecin traitant qui pourra éventuellement rediriger le patient vers un médecin psychiatre. À noter : plus la prise en charge de la dépression est précoce, plus le traitement est rapide et efficace.

Les médicaments antidépresseurs sont quasi-incontournables : s’y ajoute généralement une psychothérapie (par exemple : une thérapie cognitive et comportementale ou TCC). Les spécialistes estiment qu’entre les médicaments et la psychothérapie, les symptômes de la dépression commencent à s’améliorer au bout de 3 semaines. Le patient reste toutefois vulnérable durant plusieurs mois.

Merci au Dr. Monique Rey, médecin psychiatre et spécialiste des TOC à la clinique Lyon Lumière (69).

Source: Lire L’Article Complet