Déprime, sommeil, sexualité : quelle est l'influence de la météo sur notre santé ?

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Et si notre bien-être dépendait du temps qu’il fait ? Soleil, pluie, vent, chaleur, grisaille… Comment ces éléments extérieurs nous influencent-ils ? Les réponses avec notre expert.

Bien à l’abri dans nos maisons ou nos bureaux, nous imaginons mal que le temps extérieur puisse agir réellement sur notre santé ou notre bien-être. Pourtant, nous sommes tous météo-sensibles, comme l’explique Louis Bodin, ingénieur prévisionniste et “Monsieur Météo” de TF1. Il décortique pour nous le vrai du faux.

Le froid augmente la déprime

Faux. Selon les médecins et les psychologues, le froid nous rapproche les uns des autres et favorise nos relations sociales. Nous avons envie de nous retrouver entre amis, en famille autour d’une tasse de thé, d’un bon feu qui crépite, d’un repas partagé. Cela permet de réduire notre mauvaise humeur, notre fatigue et la déprime. Par ailleurs, on se concentre mieux, on dort mieux et on est plus altruiste lorsqu’il fait frais. Les études montrent qu’une température de 17° à l’intérieur des bureaux ou des habitations est la plus favorable à cet équilibre psychologique.

L’hiver est une saison favorable pour le cœur

Faux. Par grand froid, la circulation générale est nettement accélérée pour envoyer rapidement le sang vers les organes vitaux. Réchauffés par l’arrivée de sang chaud, les vaisseaux périphériques se dilatent. Puis refroidis par la température ambiante, il se contractent. Ce phénomène de vasoconstriction et vasodilatation amplifiée est mal supporté par les personnes fragiles ou cardiaques. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : lorsque le mercure baisse de 1°C, le risque d’infarctus du myocarde augmente de 2% dans les quatre semaines qui suivent, avec un pic dans les quinze premiers jours… Couvrez-vous bien et ne négligez surtout pas les extrémités de votre corps. C’est par les mains, les pieds, le nez, les oreilles et la tête que l’on perd 30% de notre chaleur. Et bien sûr, évitez les efforts brutaux ou l’exercice physique intense en extérieur lorsqu’il fait très froid.

Noël est la saison la plus propice à la générosité

Vrai. Le froid, en diminuant le diamètre des vaisseaux sanguins puis en les dilatant immédiatement après, accélère et améliore le débit sanguin. Tous nos organes sont mieux irrigués, y compris le cerveau. Cela améliore la sécrétion d’endorphines, ces molécules qui calment le stress, nous rendent plus joyeux et généreux.

Pour mieux dormir, notre corps a besoin de fraîcheur

Vrai. L’envie de dormir se présente lorsque notre température corporelle baisse de 0,5 à 1 degré. Ce phénomène physiologique se manifeste en fin de journée mais peut être entravé si le thermomètre s’affole (les jours de canicule), si notre chambre à coucher est trop chauffée ou s’il reste une source de lumière dans la pièce (la lumière entrave la sécrétion de mélatonine, qui aide le corps à se rafraichir le soir). L’idéal étant de régler la température de la chambre à 17° ou de dormir la fenêtre ouverte sous une bonne couette.

La pluie nous apaise

Vrai. Elle apporte avec elle des ions négatifs qui déchargent l’organisme de son électricité statique, facteur de stress. Le bord de mer procure le même sentiment de bien-être. La nuit, le bruit de la pluie sur les fenêtres a un effet berçant et rassurant, tout comme le bruit des vagues. Il couvre les sons ponctuels, inattendus et déstabilisants, et il apaise le cerveau.

Les médicaments, qu’on les prenne en été ou en hiver, c’est pareil

Faux. Au contraire, par forte chaleur, certains traitements peuvent avoir plus d’effets secondaires, surtout chez les plus fragiles d’entre nous (nourrissons, personnes âgées ou atteintes d’une maladie chronique). Combinés aux effets de la canicule sur l’organisme, ils en augmentent les risques. En hiver, certains médicaments – en particulier les sédatifs et les somnifères – nous empêchent de nous adapter correctement au froid. Ils peuvent alors aggraver un phénomène d’hypothermie.

La canicule nous rend irascibles

Vrai. Les psychologues ont pu constater que par forte chaleur, nous sommes plus énervés et prompts aux accrochages verbaux. Les actes de violence ont tendance à augmenter. Cela pourrait s’expliquer par le fait que nous dormons moins bien, sommes plus fatigués et donc moins capables d’entretenir de bonnes relations sociales. La déshydratation, même minime, joue également : elle augmente le taux de sodium dans notre sang, ce qui perturbe l’irrigation normale du cerveau. Nous devenons plus impulsifs, moins généreux, plus stressés. Moralité : buvez régulièrement de petites quantités d’eau tout au long de la journée pour garder votre sang-froid…

Notre sexualité est imperméable à la météo

Faux. Plus le jour est long, plus nous sommes exposés à la lumière. Cette lumière et la douce chaleur de l’été stimulent nos récepteurs cérébraux et activent nos glandes surrénales qui produisent davantage de sérotonine (l’hormone du bonheur) mais aussi d’oestrogènes et de testostérone, les hormones qui titillent notre désir sexuel.

Il y a plus d’accouchements les nuits de pleine lune

Faux. Toutes les études menées en maternité ont prouvé qu’on n’accouchait pas davantage les nuits de pleine lune. L’idée selon laquelle le cycle féminin serait influencé par les phases de la lune n’a pas non plus pu être établie de façon scientifique. Quant à l’influence de la pleine lune sur la qualité de notre sommeil, les études sont ambiguës. Certaines concluent qu’il y a bel et bien un impact, d’autres n’observent aucune corrélation statistiquement significative entre le sommeil humain et la lune.

La chaleur est mauvaise pour la peau

Faux. La chaleur favorise une saine transpiration, qui permet à la peau d’éliminer de nombreux déchets toxiques, y compris ceux générés par la pollution atmosphérique. Selon les chercheurs, il n’y a rien de mieux que les glandes sudoripares (celles qui produisent la sueur) pour se débarrasser des grosses molécules synthétiques que nous absorbons par la peau, l’air ou la nourriture industrielle chargée en pesticides. Par ailleurs, une température élevée dilate les vaisseaux sanguins et favorise donc la microcirculation. Les nutriments, l’eau et l’oxygène véhiculés par le sang jusqu’aux couches de la peau y parviennent encore plus profondément. En été, la peau est souvent moins sèche et moins sujette aux inflammations (type boutons d’acné).

En hiver, les cheveux sont plus beaux

Vrai. Le froid renforce le resserrement des écailles des cheveux, ce qui les rend plus brillants et plus hermétiques aux polluants extérieurs. D’où le conseil de se passer rapidement un peu d’eau froide sur les cheveux après les avoir lavés et d’éviter le sèche-cheveux trop chaud.

Un hiver doux favorise le rhume des foins

Vrai. Lorsque les températures hivernales ont été relativement clémentes et les journées ensoleillées, les plantes libèrent de plus grandes quantités de pollens, de façon plus précoce. Vos crises allergiques risquent donc de se manifester plus tôt et de façon plus forte.

Quand on est allergique, mieux vaut éviter de sortir quand le vent souffle

Vrai/Faux. Lorsque le vent souffle peu, les pollens sont déposés sur les plantes femelles les plus proches, qui les absorbent aussitôt. Ce qui est bénéfique pour les allergiques. S’il souffle fort, ils auront tendance à virevolter dans l’air sans que les femelles puissent les capter facilement. De plus, ils se disperseront dans un large rayon géographique. Ce phénomène s’observe notamment après un orage. Mais un vent très violent peut être bénéfique car il permet de purifier l’atmosphère en cas de présence trop dense de pollens. Pour plus de certitude, rendez-vous sur le site pollens.fr qui répertorie la présence des allergènes dans l’air.

Courir par temps froid augmente le risque d’infection respiratoire

Vrai. Lorsqu’on court, on a tendance à respirer par la bouche et on absorbe en moyenne vingt fois plus d’air que par temps normal. En hiver, cet air froid arrive directement dans les poumons, sans avoir été réchauffé ni filtré de ses impuretés (microbes, allergènes, polluants…) par le nez. Cela fragilise nos poumons qui deviennent plus sensibles aux infections. La respiration peut devenir sifflante et chez les asthmatiques, le risque de crise est majoré. Evitez le jogging en extérieur lorsque le thermomètre frôle les températures négatives. Préférez la course sur tapis.

La canicule met le cœur à rude épreuve

Vrai. Lorsque le thermomètre monte, nos vaisseaux se dilatent et nos extrémités (jambes, pieds, bras, mains) requièrent un volume de sang plus important pour se rafraîchir. Le cœur doit pomper plus vigoureusement pour y faire face. Le fait de respirer un air chaud déshydrate le corps, y compris le sang. Il devient plus visqueux, ce qui favorise la formation de petits caillots qui peuvent boucher les vaisseaux du cerveau. Le risque d’AVC est donc majoré. Dans tous les cas, buvez plus. Si vous êtes cardiaques, reposez-vous également plus que d’habitude.

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