Effets secondaires, populations prioritaires : tout ce qu'il faut savoir sur le vaccin contre la Covid-19

En France, la campagne de vaccination contre le coronavirus devrait début fin décembre. Le gouvernement a prévu une stratégie de vaccination en trois phases. On fait le point sur le vaccin, les potentiels effets secondaires et les populations prioritaires à la vaccination.

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Sommaire :

– Covid-19 : le vaccin sera-t-il obligatoire ?

– Quelle est la stratégie de vaccination contre la Covid-19 ?

– Quels sont les professionnels de santé qui pourront réaliser l’injection des vaccins ?

– Vaccin contre la Covid-19 : quels sont les différents effets indésirables possibles ?

Une surveillance étroite du vaccin contre la Covid-19

– Comment fonctionnent les vaccins ?

Le 21 décembre dernier, l’Agence européenne du médicament a autorisé l’arrivée du vaccin contre la Covid-19 en Europe. La campagne de vaccination devrait débuter le dimanche 27 décembre en France, mais la Haute Autorité de Santé doit d’abord délivrer son aval. L’institution devrait se prononcer le jeudi 24 décembre.

Covid-19 : le vaccin sera-t-il obligatoire ?

Les Français sont encore très méfiants vis-à-vis du vaccin contre la Covid-19. Selon un sondage Ifop, réalisé pour le Journal du Dimanche fin novembre, 59% des Français ne comptent pas “se faire vacciner. lorsque cela deviendra possible”. Dans son allocution du 24 novembre, Emmanuel Macron a précisé qu’il ne rendrait pas obligatoire le vaccin contre le virus. “La vaccination doit se faire de manière claire, transparente, en partageant à chaque étape toutes les informations : ce que nous savons, comme ce que nous ne savons pas”, a assuré le président de la République. La Haute Autorité de Santé a également indiqué qu’elle ne souhaite pas rendre “à ce stade” la vaccination obligatoire “que ce soit pour la population générale ou pour les professionnels de santé”.

Quelle est la stratégie de vaccination contre la Covid-19 ?

Le 16 décembre dernier, Jean Castex a présenté la stratégie gouvernementale de vaccination devant l’Assemblée nationale. Elle reposera donc sur trois phases :

  • la phase 1 débutera fin décembre. Elle consistera à vacciner les personnes âgées vivant dans des établissements d’hébergement comme les EHPAD ainsi que les professionnels qui y travaillent et présentent un risque élevé de contracter le virus (plus de 65 ans avec/ou une pathologie chronique). Plus d’un million de personnes recevront le vaccin pendant cette première phase.
  • La phase 2 commencera à partir du mois de mars. Les personnes âgées de plus de 75 ans et celles de plus de 65 ans atteintes de pathologies pourront se faire vacciner. Les professionnels de santé et les plus de 50 ans avec des comorbidités pourront ensuite recevoir le vaccin
  • La phase 3 concernera les autres catégories de la population qui sont susceptibles de contracter le virus.

Les vaccins qui seront prochainement autorisés en France sont ceux des laboratoires Pfizer et BioNTech. Selon les scientifiques, ces vaccins seraient efficace à 95%. Les patients recevront d’abord une première dose du vaccin. La seconde sera inoculée quelques semaines plus tard.

Lors d’une interview accordée au Parisien, David Lepoittevin a expliqué que ces vaccins doivent être stockés à moins de 80°C. “Ils sont relativement fragiles, mais cela ne devrait pas poser de difficultés majeures car nous avons pensé le circuit d’approvisionnement en fonction, sachant que notre responsabilité sur la bonne conservation des lots s’arrête à la livraison. Une fois arrivés dans les super congélateurs, après avoir voyagé dans des caissons spéciaux alimentés en neige carbonique, ils pourront se conserver 6 mois. Et ils peuvent aussi être conservés une semaine en réfrigérateur normal”, a ajouté le directeur des activités des vaccins de Pfizer.

Quels sont les professionnels de santé qui pourront réaliser l’injection des vaccins ?

Lors de la première phase, les infirmières travaillant dans les établissements d’hébergement injecteront directement le vaccin aux personnes âgées. Pour les prochaines étapes, les médecins généralistes devraient pouvoir réaliser les vaccinations. “Chacun va pouvoir se faire vacciner par un professionnel de santé à côté de chez lui qu’il connaît et en qui il a confiance”, a ajouté Jean Castex lors de son allocution télévisée du 3 décembre.

Vaccin contre la Covid-19 : quels sont les différents effets indésirables possibles ?

Le 8 décembre dernier, le Royaume-Uni a lancé sa campagne de vaccination contre la Covid-19. Dès le lendemain, deux soignants ont eu d’importantes réactions allergiques après l’injection du vaccin de Pfizer et BioNTech. Ces personnes ont déjà eu des antécédents de crises allergiques aiguës.

Dans un communiqué, publié le 19 décembre, le Centre américain de prévention et de contrôle des maladies (CDC) a indiqué que certains individus ont développé des effets secondaires graves, appelés “anaphylaxie”, après l’injection du vaccin. Le CDC a précisé que ces personnes ne doivent pas recevoir la deuxième dose. “Si vous avez déjà eu une réaction allergique grave à d’autres vaccins ou à des thérapies injectables, vous devez demander à votre médecin si vous pouvez recevoir le vaccin contre la Covid-19. Votre médecin vous aidera à décider si vous pouvez vous faire vacciner en toute sécurité”, a préconisé l’institution américaine.

La Food and Drug Administration (FDA) a également dressé une liste des potentiels effets indésirables du vaccin contre la Covid-19. Les chercheurs ont donc observé les résultats de l’essai clinique du vaccin de Pfizer et BioNTech. Il a été mené dans plusieurs pays sur 44.000 participants. Ces derniers ont été divisés en deux groupes : le premier a reçu le vaccin et le second un placebo.

Il n’est pas rare qu’une personne ressente de la fatigue ou développe une poussée de fièvre après une vaccination. Selon la FDA, les effets secondaires ont été plus fréquents après l’inoculation de la seconde dose du vaccin contre la Covid-19. Elle a notamment recensé :

  • des douleurs sur le point d’injection
  • de la fatigue
  • des maux de tête
  • des douleurs articulaires
  • des frissons
  • des douleurs musculaires
  • de la fièvre

Un autre effet indésirable a également été identifié dans l’analyse de la FDA : la paralysie de Bell. Cette pathologie désigne une faiblesse ou une paralysie soudaine des muscles d’un côté du visage causée par un trouble du 7ème nerf crânien. La paralysie de Bell a été observée chez quatre patients ayant reçu le vaccin. Pour l’heure, cet effet secondaire a uniquement disparu chez un seul des quatre volontaires.

Une surveillance étroite du vaccin contre la Covid-19

En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a assuré que la surveillance vaccinale serait renforcée. La plateforme signalement-sante.gouv.fr est prévue pour signaler les éventuels effets indésirables identifiés après une vaccination.

Lors de la campagne de vaccination contre la Covid-19, l’ANSM instaurera un dispositif afin de repérer les effets secondaires. Ce système s’ajoutera au plan de gestion des risques lancé par l’Agence européenne du médicament. Il reposera sur :

  • l’analyse des effets indésirables déclarés par des professionnels de santé et des patients au système national et européen de pharmacovigilance
  • la conduite d’études de pharmaco-épidémiologie
  • l’appui à des projets de recherche notamment via leur financement.

“Une enquête de pharmacovigilance sera mise en place avec l’implication de plusieurs centres régionaux sur le territoire national. Cette mobilisation exceptionnelle permettra de surveiller en temps réel le profil de sécurité des vaccins chez la population vaccinée à partir des déclarations réalisées. Si un signal de sécurité est identifié, il sera analysé collégialement dans le cadre d’un comité de suivi hebdomadaire mis en place par l’ANSM notamment avec les centres de pharmacovigilance”, a également souligné l’Agence nationale du médicament.

Comment fonctionnent les vaccins ?

Le vaccin de Pfizer et BioNTech repose sur une nouvelle technique : l’ARN messager. Les scientifiques ont utilisé une séquence génétique du coronavirus (ARN M) et ils l’ont injectée dans une cellule. Cette dernière exploite alors l’ARN M pour fabriquer la protéine virale Spike qui va faire réagir le système immunitaire.

“C’est une première. Mais là aussi on ne part pas de rien. Cela fait vingt ans que l’on teste cette technologie, y compris sur l’homme dans le cadre de projets en développement. On a donc du recul. Et je tiens à rassurer tous ceux qui s’inquiéteraient : ce vaccin ne modifie en aucun cas votre ADN. Il n’affecte en rien le programme génétique dont notre corps est doté”, a déclaré David Lepoittevin au Parisien.

D’autres candidats-vaccins pourraient être disponibles dans les prochains mois. C’est notamment le cas du vaccin Moderna qui est aussi un vaccin à ARN messager. Lors de la phase 3 de son essai clinique, ce vaccin s’est montré efficace à 94,5%. Les essais ont été menés sur 30.000 volontaires dont 42% avaient des risques élevés de contracter une forme aiguë du coronavirus.

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