Éjaculation précoce : les causes, les signes à reconnaître et les meilleures solutions

Recherche de performance, problématiques émotionnelles ou psychologiques… Découvrez les causes de l’éjaculation précoce et les meilleures solutions qui existent pour faire durer l’érection et prolonger le plaisir sous la couette…

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L’éjaculation précoce, ou éjaculation prématurée, est un trouble sexuel qui concernerait environ 1 homme sur 3. Souvent synonyme de très grande excitation sexuelle, ce terme est pourtant encore tabou et fait l’objet d’une grande culpabilité et d’une frustration chez certains partenaires. Voici comment appréhender l’éjaculation précoce autrement, avec les conseils de Carole Ruvira, sexologue et thérapeute de couple.

Éjaculation précoce : qu’est-ce que c’est ?

Si on parle couramment d’éjaculation précoce, pour Carole Ruvira, il conviendrait de privilégier l’emploi du terme “éjaculation prématurée”.

Cette expulsion du sperme par la verge jugée “trop rapide” concerne de nombreux hommes. On estime qu’environ un tiers des hommes sera au moins une fois dans sa vie, confronté à ce que l’on appelle communément, l’éjaculation précoce, qui est directement lié au désir, à l’excitation, et qui n’est en aucun cas un “problème mécanique” comme certains peuvent encore le penser.

En cause notamment, une recherche de performance très présente dans notre société actuelle : qui a dit qu’il fallait absolument tenir plus de x minutes en érection, avant une éjaculation pour prendre du plaisir ?

“L’acte sexuel ne s’arrête pas forcément après l’éjaculation masculine… Mais c’est une fausse croyance encore très présente chez les couples hétérosexuels surtout !”, déplore la sexologue.

Éjaculation prématurée : les causes possibles

Dans la majorité des cas, une éjaculation prématurée va être directement liée à un grand désir, une grande excitation chez l’homme. En soi, rien de négatif donc !

Lorsqu’elle pose problème, au sein du couple, ou à l’un des partenaires, et que la consultation d’un sexologue est nécessaire, il a été observé que l’éjaculation prématurée peut être liée à une problématique d’ordre psychologique ou émotionnelle.

La spécialiste explique que certaines problématiques ont en effet pu être identifiées, et pourraient jouer un rôle dans l’expulsion prématurée du sperme :

  • la “peur” de la femme (l’homme est impressionné par la femme qu’il a en face de lui, elle est très belle, a un super job, par exemple, et il ne se sent pas à la hauteur)
  • la pression que l’homme se met à lui-même. La recherche de performance véhiculée au quotidien, qui pousse à se dire qu’il faut à tout prix être performant pour faire jouir le partenaire, génère un stress chez bon nombre d’hommes. Et plus il y a de stress, plus l’éjaculation arrivera vite !
  • la peur de la femme qui peut être liée dans certains cas à l’enfance, au rapport de l’homme avec sa mère, etc.
  • l’appréhension qui peut se développer suite à des difficultés précédemment rencontrées lors de la pénétration (par manque d’expérience, par exemple, ou la crainte d’être “englouti” dans le sexe de la femme, dans certains cas)

Ainsi, il peut arriver que l’éjaculation précoce survienne (inconsciemment bien sûr), pour échapper à la relation sexuelle ou à la pénétration.

Éjaculation : comment savoir si l’on est précoce ?

La question de savoir si l’on est précoce ou non, n’a pas vraiment de sens pour la spécialiste. À partir de quand peut-on parler d’éjaculation précoce ? Est-ce qu’une éjaculation prématurée arrive avant la pénétration ? Est-ce qu’elle désigne une éjaculation qui survient 5 secondes, 15 secondes, 1 minute après le début de l’érection ?

Mettre l’éjaculation précoce dans une case, voir l’éjaculation prématurée sous un œil négatif, voir cela comme tare, est “une fausse croyance”, pour la sexologue. Pour Carole Ruvira, “l’éjaculation prématurée vient du fait que l’on a beaucoup de désir”, il n’y a donc rien de mal à éprouver un désir débordant…

“En tant que thérapeute, on nous demande toujours si on peut contrôler l’éjaculation. Or, ce serait plutôt l’excitation, le désir qu’il faut tenter de contrôler, puisqu’au final, dans un rapport sexuel avec un homme, il y a toujours éjaculation, quel que soit le moment de l’expulsion”, précise Carole Ruvira.

Ce qui va être important, c’est de savoir, d’observer combien de fois cette éjaculation jugée prématurée (c’est toujours subjectif !), va se produire, et si cela va avoir un impact ou non sur la qualité de la vie sexuelle de l’homme en question, et/ou de sa/son partenaire.

Éjaculation précoce : les solutions qui existent

Si lorsqu’ils observent des troubles de leur libido ou un problème dans leur vie intime, les hommes viennent plus rapidement que les femmes consulter un spécialiste comme un sexologue, ils attendent généralement qu’un petit dysfonctionnement se règle grâce à un traitement médicamenteux. C’est ce qu’a pu observer Carole Ruvira au sein de son cabinet.

Or, pour l’éjaculation précoce, aucun traitement n’existe pour aider à retarder l’expulsion prématurée du sperme.

Dans certains cas, l’utilisation d’un préservatif peut aider à retarder l’éjaculation, comme l’explique la spécialiste, mais si ce trouble est en lien avec une forte excitation, cette “astuce” ne fonctionnera pas vraiment.

Quant au fait de se masturber avant le rapport sexuel, comme l’expérimentent certains hommes, cela n’est pas préconisé. “Tout dépend de l’âge de l’homme, mais si un homme de 20 ans peut retrouver rapidement une érection, ça ne reprendra pas aussi facilement chez un homme de 40 ans… Et s’il n’y a plus d’érection, là, ça peut poser problème, pour le rapport sexuel en question par exemple !”, prévient la sexologue.

La seule solution efficace serait donc de travailler sur les freins, les problèmes psychologiques ou émotionnels et le stress liés à cette éjaculation prématurée.

Diminuer le stress pour retarder l’éjaculation masculine

Pour y parvenir, Carole Ruvira propose de se tourner vers la relaxation, la méditation de pleine conscience, et toutes les méthodes qui peuvent aider à apaiser le mental, à apprendre à mieux respirer, à se recentrer sur son corps, sur son sexe.

Apprendre à accueillir ses émotions, sans les refouler, accepter que l’excitation monte jusqu’à “une phase plateau”, et apprendre justement à la “savourer” tout en la “retenant”, grâce à des techniques de respiration, de méditation…

Un sexologue, en quelques séances seulement, pourra donner les clefs d’un plaisir “maîtrisé”.

“Il est important que ce soit un sexologue qui prodigue ces exercices, car les autres personnes qui pratiquent les différentes techniques de relaxation, ne sont pas forcément à l’aise avec la sexualité. L’idée pour travailler sur ces sources de stress identifiées, c’est d’arriver à mieux respirer jusqu’au muscle pelvien…”, précise la sexologue.

En atténuant le stress généré par les différents facteurs possibles, on diminue ainsi les risques d’éjaculation prématurée, puisque plus il y a de stress plus l’éjaculation survient rapidement ! Il faut donc prendre le “problème” à sa source (si l’homme, le/la partenaire, ou le couple, estime qu’il y en a un évidemment).

L’importance de la communication

On ne le répétera jamais assez, mais la communication est essentielle au sein d’un couple. Si communiquer permet de mieux se comprendre, de vivre en harmonie, de respecter davantage l’autre et d’éviter de nombreux conflits au quotidien, la communication a également toute sa place dans la sphère intime du couple.

En couple, en cas de troubles de l’éjaculation, le premier réflexe à avoir serait donc d’en parler avec son partenaire. Ne serait-ce que pour exprimer ce que l’on ressent en tant qu’homme : “j’étais super excité, “j’étais stressé…”, etc. Et surtout, déculpabiliser est primordial, car l’éjaculation n’est pas une fin en soi, contrairement à ce que l’on croit encore bien trop souvent, comme le précise la sexologue.

Éjaculation et orgasme

Comme nous venons de le voir, la culpabilité que peut porter un homme suite à une ou plusieurs éjaculations jugées “précoces”, ne résoudra pas le problème, bien au contraire !

“On pense trop souvent, à tort, que lorsque l’éjaculation est passée, il ne peut plus y avoir de relation sexuelle… C’est totalement faux !”, s’exclame Carole Ruvira.

La sexualité, ce n’est pas que la pénétration. Il est en effet tout à fait possible de se faire plaisir, et de faire plaisir à l’autre autrement.

“D’ailleurs, l’expulsion du sperme est souvent associée à l’orgasme, or, quand il y a éjaculation, il n’y a pas forcément orgasme”, rappelle la thérapeute.

“Ce n’est pas parce que l’expulsion est arrivée, que le moment de sexualité doit s’arrêter. Si on arrête, là, du coup ça peut devenir un conflit entre partenaires. Pour éviter cela, il existe donc différents moyens de continuer l’acte sexuel : avec la bouche, avec les doigts, avec des sextoys… Laissez parler votre imagination ! “, conseille-t-elle.

Merci à Carole Ruvira, sexologue et thérapeute de couple, www.sexotherapie-relationnelle.fr, à retrouver sur Instagram @les_causeriesdecarole

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